Je vends de l'alcool, donc autant que ce soit moi qui le dise : le grog ne soigne pas un rhume. C'est une boisson de tradition, agréable et réconfortante, et il y a de bonnes raisons de l'aimer. Prétendre qu'il traite une infection n'en est pas une.
Ce qui soulage dans un grog, ce sont trois éléments, et aucun n'est le rhum.
La chaleur et la vapeur. Une boisson chaude apaise la sensation d'irritation et fluidifie momentanément les sécrétions. C'est un soulagement réel, mais il est passager et il vient de l'eau chaude, pas de ce qu'on met dedans.
Le miel. C'est l'ingrédient qui a le plus de sens. Il tapisse la gorge et calme la toux d'irritation, ce qui est reconnu par les autorités de santé chez l'adulte et chez l'enfant de plus d'un an. Jamais avant un an, en raison du risque de botulisme infantile.
Le liquide. S'hydrater aide quand on est enrhumé, tout simplement.
Et l'alcool ? Il ne combat aucun virus. Il dégage une impression de chaleur en dilatant les vaisseaux de la peau, ce qui donne le sentiment d'aller mieux sur le moment. En contrepartie, il déshydrate légèrement, il dégrade la qualité du sommeil, et c'est précisément le sommeil qui vous remettra sur pied. Il interagit aussi avec de nombreux médicaments, en particulier le paracétamol, qui est dans presque tous les traitements du rhume vendus sans ordonnance.
Conclusion de caviste : buvez un grog parce que c'est bon, pas pour vous soigner. Et si vous êtes réellement malade, la version sans alcool ci-dessous fait mieux le travail de soulagement, sans la contrepartie. Pour tout ce qui dépasse une gorge irritée, la personne à consulter est votre médecin ou votre pharmacien.







