M&M dans un verre bas en cristal taillé sur un comptoir de caviste en chêne, robe brun acajou, gros glaçon et zestes d'orange

Cocktail · Remué directement dans le verre

M&M : mezcal et amaro à parts égales

Deux ingrédients, un gros glaçon, un zeste d'orange : la fumée de l'agave face à la douceur amère d'un amaro. Le cocktail le plus court de tout le répertoire moderne.

  • Préparation : 3 min
  • Verre : Verre bas taillé (old fashioned)
  • Glace : Un seul gros glaçon translucide, dans le verre
  • Remué directement dans le verre
  • 1 verre
  • Très facile

Ingrédients

1 verre

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette — en stock.

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Ustensiles

  • verre bas taillé
  • cuillère de bar
  • économe
  • verre doseur gradué
  • moule à gros glaçon

La méthode

À parts égales, sans exception. C'est la forme sous laquelle ce cocktail circule depuis son apparition, et le déséquilibrer détruit son intérêt : passez à deux tiers de mezcal et vous avez un mezcal à peine adouci ; passez à deux tiers d'amaro et vous avez un amaro sur glace.

Le verre se monte directement sur le glaçon, sans verre à mélange. Avec seulement deux liquides et aucun sucre à dissoudre, l'étape supplémentaire n'apporte rien.

Dix à quinze tours de cuillère le long de la paroi suffisent. La dilution visée est faible : ce verre est fait pour s'ouvrir au fil de la dégustation, pas pour être prêt dès la première gorgée.

Le zeste d'orange n'est pas une décoration. Les huiles qu'on presse à la surface font le pont entre les écorces de l'amaro et la fumée du mezcal : sans lui, les deux moitiés du verre restent côte à côte au lieu de se rejoindre.

Préparation pas à pas

  1. Préparer le glaçon et le zeste 1 min

    Sortez un gros glaçon translucide et prélevez à l'économe un large zeste d'orange, épais, sans le sculpter.

  2. Doser à égalité 1 min

    Déposez le glaçon dans le verre, versez 4 cl de mezcal puis 4 cl d'amaro. Mesurez : à deux ingrédients, l'œil se trompe toujours.

  3. Remuer brièvement 20 s

    Dix à quinze tours de cuillère contre la paroi. Le verre doit être froid mais encore concentré.

  4. Zester 20 s

    Pressez le zeste d'orange au-dessus du verre, côté peau vers le liquide, passez-le sur le bord et laissez-le dedans.

  5. Servir et attendre 1 min

    Servez aussitôt, mais dites à votre convive d'attendre deux minutes : la première gorgée et la cinquième n'ont pas le même verre.

Le conseil du caviste

À deux ingrédients, il n'y a aucun rattrapage possible : ce que vous versez est ce que vous buvez. C'est la raison pour laquelle nous déconseillons de monter ce verre avec un fond de bouteille dont on cherche à se débarrasser. Un mezcal médiocre reste médiocre, il est simplement plus froid.

Choisissez donc un espadín que vous accepteriez de boire pur, sans plus : les agaves sauvages, plus fins et plus chers, perdent leur dessin dès qu'un amaro les recouvre. C'est l'un des rares cas où monter en gamme ne rend pas le verre meilleur.

Un point sur l'amaro, enfin. Ceux qui font marcher ce cocktail sont les amari doux à dominante d'écorces d'orange, pas les amères secs à la gentiane : la gentiane et la fumée tirent dans le même sens, et le verre devient médicinal. Nous n'avons pas encore d'amaro en rayon — il arrivera —, mais la règle vaut pour la bouteille que vous avez chez vous.

Dépannage

Le verre est médicinal, presque amère-racine

L'amaro utilisé est un amère sec à la gentiane. Passez à un amaro doux à dominante d'écorces d'orange : c'est le seul réglage qui compte ici.

La fumée écrase l'amaro

Mezcal très fumé. Descendez-le à 3,5 cl et montez l'amaro à 4,5 cl : c'est le seul écart aux parts égales que nous acceptons.

Le cocktail devient aqueux à mi-verre

Petits cubes au lieu d'un bloc. Un seul gros glaçon dense fond bien plus lentement.

Les deux alcools restent dissociés

Le zeste d'orange a été oublié ou posé sans être pressé. Ce sont ses huiles qui font le lien.

Variantes

Au mezcal reposado

Un mezcal passé par le bois à la place du joven : la fumée recule, la vanille avance et le verre se rapproche d'un manhattan.

Avec deux traits d'amers

Deux traits de bitters à l'orange ajoutés avant de remuer. Ce n'est plus la recette d'origine, mais l'attaque gagne en précision.

Version longue

Mêmes doses divisées par deux dans un verre haut, sur glace, allongées de 10 cl d'eau pétillante et d'un zeste d'orange. Un apéritif de début de soirée.

Moitié tequila

2 cl de mezcal et 2 cl de tequila reposado face aux 4 cl d'amaro : plus doux, plus accessible à qui ne connaît pas encore l'agave fumé.

Questions fréquentes

Que veut dire M&M pour un cocktail ?

Mezcal et Montenegro, du nom de l'amaro italien avec lequel il a été créé. Rien à voir avec les bonbons du même nom.

Quel amaro utiliser dans un M&M ?

Un amaro doux, à dominante d'écorces d'orange et d'épices. Les amères secs à la gentiane tirent dans le même sens que la fumée du mezcal et rendent le verre médicinal.

Faut-il secouer le M&M ?

Non. Deux alcools, aucun jus, aucun sucre à dissoudre : on remue dix à quinze tours directement sur le glaçon, dans le verre de service.

Le M&M est-il un digestif ?

Il en tient le rôle. Concentré, amer et non sucré, il se boit lentement après le repas ; l'amertume de l'amaro fait le travail qu'on attend d'un digestif sans la lourdeur d'une liqueur.

M&M ne désigne pas des bonbons mais deux mots : Mezcal et Montenegro. Le verre est attribué à Robert Krueger, alors barman chez Employees Only à New York, autour de 2015 ; l'histoire veut qu'il soit né d'un ambassadeur de la marque d'amaro qui montrait le mélange derrière le comptoir, et qu'il soit resté à la carte.

Sa force est sa brièveté. Deux volumes égaux, rien d'autre : pas de sucre ajouté, pas d'amers, pas de citron. Il n'y a nulle part où se cacher, et c'est précisément ce qui le rend intéressant — chaque bouteille est exposée telle qu'elle est.

Ce qui fait tenir l'ensemble, c'est une opposition franche : d'un côté la cendre, la terre cuite et le poivre de l'agave cuit au four ; de l'autre les écorces d'orange amère, la vanille et les racines d'un amaro italien. La fumée empêche l'amaro de tourner au sirop, l'amaro arrondit les arêtes du mezcal. On obtient un verre digeste malgré sa concentration.

C'est un cocktail de fin de repas, à servir très froid sur un gros glaçon et à boire lentement. Il remplace avantageusement un digestif sucré après une table riche, et il se monte en trente secondes devant les convives, ce qui ne gâte rien.

Avant de partir

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