M&M ne désigne pas des bonbons mais deux mots : Mezcal et Montenegro. Le verre est attribué à Robert Krueger, alors barman chez Employees Only à New York, autour de 2015 ; l'histoire veut qu'il soit né d'un ambassadeur de la marque d'amaro qui montrait le mélange derrière le comptoir, et qu'il soit resté à la carte.
Sa force est sa brièveté. Deux volumes égaux, rien d'autre : pas de sucre ajouté, pas d'amers, pas de citron. Il n'y a nulle part où se cacher, et c'est précisément ce qui le rend intéressant — chaque bouteille est exposée telle qu'elle est.
Ce qui fait tenir l'ensemble, c'est une opposition franche : d'un côté la cendre, la terre cuite et le poivre de l'agave cuit au four ; de l'autre les écorces d'orange amère, la vanille et les racines d'un amaro italien. La fumée empêche l'amaro de tourner au sirop, l'amaro arrondit les arêtes du mezcal. On obtient un verre digeste malgré sa concentration.
C'est un cocktail de fin de repas, à servir très froid sur un gros glaçon et à boire lentement. Il remplace avantageusement un digestif sucré après une table riche, et il se monte en trente secondes devant les convives, ce qui ne gâte rien.






