Le Comte de Sureau a été créé en 2007-2008 par Gonçalo de Sousa Monteiro au bar Le Lion, à Hambourg. Il s'est fait connaître sous un surnom qui dit tout de sa construction : le negroni à la fleur de sureau.
La comparaison est juste, mais elle mérite une précision. Un negroni classique repose sur trois volumes égaux — gin, vermouth rouge, apéritif amer. Ici, la répartition est tout autre : le gin domine largement, la liqueur de fleur de sureau occupe la place du vermouth, et l'apéritif amer n'intervient qu'à dose homéopathique. Le verre est donc plus sec, plus floral, et beaucoup moins amère que son modèle.
Ce petit quart de centilitre d'amer rouge n'est pourtant pas un détail. Sans lui, la fleur de sureau part vers le parfum et le verre devient sirupeux ; avec lui, la réglisse et l'écorce amère donnent un fond sur lequel le floral peut se poser. C'est un exemple manuel de ce que fait une pointe d'amertume dans un cocktail.
On le sert en apéritif, sur un gros bloc de glace, en fin de journée. Il fonctionne particulièrement bien à l'arrière-saison, quand un spritz paraît trop léger et un negroni trop lourd.






