Grande carafe de verre remplie d'un punch rouge grenat translucide, fleurs d'hibiscus séchées visibles au fond, deux verres bas remplis devant, comptoir de bois ciré sombre

Grande quantité · Hibiscus infusé à froid, jamais à chaud

Punch à l'hibiscus : le rouge vient de la fleur, pas du sirop

  • Préparation : 10 min
  • Verre : Verre bas de 12 cl
  • Glace : Glaçons dans le verre
  • Hibiscus infusé à froid, jamais à chaud
  • 2 litres, environ 20 verres
  • Très facile
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Ingrédients

2 litres, environ 20 verres

Ustensiles

  • Carafe de 2 litres
  • Chinois fin
  • Balance
  • Cuillère longue
  • Verre doseur

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

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La méthode

À froid, et seulement à froid.

Quarante grammes de fleurs séchées dans un litre deux d'eau froide, quatre heures au réfrigérateur. La couleur monte lentement et l'infusion reste nette. À chaud, l'hibiscus devient astringent et prend une amertume végétale irréversible.

L'acidité est déjà là. Une infusion concentrée d'hibiscus tourne autour d'un pH de 2,5, soit plus acide qu'un jus de citron. Ce punch n'a donc pas besoin d'agrume, et en ajouter le rend imbuvable.

La couleur réagit au pH. Les anthocyanes de la fleur virent au rubis vif en milieu plus acide et vers le violet en milieu plus basique. Une pointe de bicarbonate dans un verre fait le tour de magie, si le cœur vous en dit.

Le sucre est obligatoire, et généreux : vingt-cinq centilitres de sirop pour deux litres. Sans lui, l'acidité domine tout.

Les fleurs se retirent après quatre heures. Laissées plus longtemps, elles relâchent des tanins et le punch devient râpeux.

Préparation pas à pas

  1. Peser et couvrir d'eau froide 3 min

    Quarante grammes de fleurs séchées dans un litre deux d'eau froide, dans la carafe. Ne jamais chauffer.

  2. Infuser quatre heures 4 h

    Au réfrigérateur, couvert. La couleur monte progressivement jusqu'à un grenat profond.

  3. Le gingembre en fin 1 min

    Ajouter les deux rondelles de gingembre à la dernière heure seulement, sinon il domine.

  4. Filtrer 3 min

    Passer au chinois fin et presser légèrement les fleurs. Les retirer : au-delà, elles donnent des tanins râpeux.

  5. Sucrer et alcooliser 3 min

    Sirop et rhum dans l'infusion filtrée. Goûter, ajuster le sucre cinq centilitres à la fois.

Le conseil du caviste

L'hibiscus est acide et franc : il demande un alcool qui ne cherche pas à faire le joli, et il se marie remarquablement au thé.

Le Longueteau Punch au Rhum Coco à 40,50 € est le plus surprenant des accords que je connaisse avec l'hibiscus : le gras de la coco arrondit l'acidité de la fleur et le rouge devient rose framboise. Dix-huit bouteilles, c'est la référence la mieux fournie de la gamme.

Le Jasbire, thé blanc népalais d'Ilam à 29,90 € est l'autre direction, plus fine : cinq grammes en infusion à froid avec les fleurs, et le thé blanc apporte une délicatesse florale qui prolonge l'hibiscus. Deux bouteilles seulement, c'est un thé rare.

Pour la version sans alcool, le Cocktail sans alcool Spritz de Nona à 2,90 € apporte l'amer qui remplace la chaleur du rhum. Deux bouteilles au rayon.

Dépannage

C'est astringent et amer

L'infusion a été faite à chaud, ou les fleurs sont restées plus de quatre heures. Les deux sont irréversibles.

C'est trop acide

Le sucre manque. L'hibiscus est plus acide qu'un citron : vingt-cinq centilitres de sirop pour deux litres, et pas d'agrume en plus.

La couleur est pâle

Pas assez de fleurs ou infusion trop courte. Quarante grammes par litre deux, quatre heures au frais.

Le gingembre domine

Il est entré trop tôt. Deux rondelles seulement, et sur la dernière heure d'infusion.

Préparer à l'avance

L'infusion filtrée se garde cinq jours au réfrigérateur et garde sa couleur : c'est l'un des rares punchs qui se prépare vraiment d'avance.

Sucré et alcoolisé, il tient trois jours.

Les fleurs séchées se gardent deux ans dans un bocal fermé, à l'abri de la lumière.

Variantes

Bissap

La version ouest-africaine : hibiscus, sucre, un peu de menthe et de fleur d'oranger, sans alcool. C'est la boisson nationale du Sénégal.

Agua de jamaica

La version mexicaine, plus acide et moins sucrée, servie très froide sur beaucoup de glace.

Au crémant

L'infusion sucrée au fond du verre, le crémant par-dessus. Le rouge monte dans les bulles, c'est spectaculaire.

En vin chaud

L'infusion chauffée à 70 °C avec cannelle et orange. L'astringence du chaud est ici masquée par les épices.

Questions fréquentes

Faut-il infuser l'hibiscus à chaud ou à froid ?

À froid, quarante grammes de fleurs séchées pour un litre deux d'eau, quatre heures au réfrigérateur. À chaud, l'hibiscus devient astringent et prend une amertume végétale qu'on ne rattrape pas.

Faut-il ajouter du citron ?

Non, et c'est une erreur fréquente. Une infusion concentrée d'hibiscus tourne autour d'un pH de 2,5, soit plus acide qu'un jus de citron. L'acidité est déjà là.

D'où vient la couleur rouge ?

Des anthocyanes de la fleur, les mêmes pigments que dans le raisin noir. Ils réagissent au pH : plus acide, le punch vire au rubis vif ; plus basique, il tire vers le violet.

Peut-on le préparer plusieurs jours avant ?

Oui, et c'est l'un des rares punchs dans ce cas. L'infusion filtrée se garde cinq jours au réfrigérateur sans perdre sa couleur, et le mélange sucré et alcoolisé tient trois jours.

L'hibiscus, qu'on appelle bissap en Afrique de l'Ouest, agua de jamaica au Mexique et karkadé en Égypte, est la fleur la plus utile qu'on puisse mettre dans un punch. Elle apporte deux choses qu'il faut habituellement ajouter séparément.

La couleur, d'abord, et une couleur vraie : un rouge grenat profond, obtenu par les anthocyanes de la fleur. Aucun sirop de grenadine ne donne cette teinte, qui est dense sans être opaque. Mieux : comme les anthocyanes réagissent au pH, une pointe d'acide fait virer le punch vers le rubis vif, et une base le pousse vers le violet. C'est de la chimie visible dans une carafe.

L'acidité, ensuite. L'hibiscus est naturellement très acide, autour d'un pH de 2,5 pour une infusion concentrée, ce qui est plus acide qu'un jus de citron. Un punch à l'hibiscus n'a donc pas besoin d'agrume : l'acidité est déjà là, et c'est elle qui rend le verre si désaltérant.

Une seule chose à savoir : l'infusion se fait à froid, quatre heures. À chaud, l'hibiscus devient astringent et prend une amertume végétale qu'on ne rattrape pas.

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