Le planteur est le punch le plus facétieux qui soit. Il est doux, fruité, orangé, il se boit comme un jus — et c'est exactement le problème. Là où un punch sec s'arrête de lui-même après un verre et demi, un planteur en fait boire deux, parfois trois, sans qu'on s'en aperçoive.
La conséquence est arithmétique et elle va contre l'intuition : on descend le rhum. Deux bouteilles pour huit litres, soit environ 3,5 cl de rhum par verre de 20 cl, contre 5 cl dans un punch sec. La quantité d'alcool bue par personne finit la même ; c'est la répartition qui change.
Le reste de la recette obeit aux règles habituelles du grand format : un sirop de canne plutôt que du sucre en poudre, du jus de citron vert pressé pour tenir la douceur, et un bloc de glace unique qui fond lentement au lieu d'une poignée de glaçons qui disparaissent en vingt minutes.
Et le trait de grenadine se verse en dernier, sans mélanger : il descend au fond, teinte le bol en dégradé et remonte dans les verres au fur et à mesure du service. Pour une réception plus large, notre estimateur de bouteilles fait le calcul par nombre de convives.








