La plupart des punchs de Noël sont faits la veille en jetant les épices dans le bol. C'est là qu'ils se perdent : à froid, la cannelle et la badiane mettent des jours à donner leur parfum, et le girofle, lui, prend le dessus en quelques heures. On obtient un punch qui sent le dentiste et pas la cannelle.
La bonne méthode consiste à changer de support. On n'infuse pas les épices dans le punch, on les infuse dans le rhum : trois jours, bouteille fermée, à température ambiante. L'alcool est un solvant bien plus efficace que le jus : il extrait vite, il extrait proprement, et on filtre avant que le girofle ne devienne envahissant. C'est un rhum arrangé express, et c'est le seul travail à faire d'avance.
Le reste s'assemble en dix minutes le jour même. Six litres pour vingt convives, soit trente verres de 20 cl : un verre et demi par personne, parce qu'un punch épicé se boit lentement et qu'il y a souvent un repas derrière.
Un mot sur la saison : c'est un punch froid, servi sur un bloc de glace, au milieu d'un mois où tout est chaud et sucré. C'est précisément ce qui le rend utile. Pour un réveillon plus large, notre estimateur de bouteilles compte l'ensemble de la soirée, apéritif et digestif compris.







