Le nom apparaît dans les dernières lignes du Conte de Noël de Dickens, publié en 1843 : Scrooge, converti, propose à Bob Cratchit d'en discuter autour d'un bol de Smoking Bishop. La boisson lui préexiste largement — elle appartient à une famille de punchs anglais dits ecclesiastiques, où la couleur du mélange donnait son titre à la recette.
Ce qui la distingue de tous les autres vins chauds tient en un mot : le four. Les agrumes ne sont pas coupés en rondelles et jetés dans la casserole, ils sont rôtis entiers jusqu'à blondir. Leurs sucres caramélisent, leur amère disparaît, et ce qu'ils rendent ensuite au vin n'a plus rien à voir avec un jus d'orange pressé.
C'est une recette de veille, pas de soirée. On rôtit et on fait macérer un jour, on chauffe et on sert le lendemain. Elle vaut donc pour une vraie tablée de décembre, pas pour un verre improvisé — et elle se prépare pendant que le four sert déjà à autre chose.








