Le Valencia figure dans le Savoy Cocktail Book de 1930 sous une forme courte : deux tiers de liqueur d'abricot, un tiers de jus d'orange, quelques traits de bitter à l'orange, secoués et servis nature. La version au vin pétillant — celle qu'on donne ici — est venue ensuite, et c'est de loin la plus servie aujourd'hui.
L'ajout des bulles ne fait pas qu'allonger le verre : il le redéplace dans la journée. Le Valencia nature est un cocktail dense, presque un digestif ; coiffé de crémant, il devient un verre de milieu de matinée, à servir au brunch du lendemain de fête, quand la coupe nature est au-dessus des forces de tout le monde.
C'est un cocktail d'hiver, ce qui surprend pour un verre à l'abricot. La raison est simple : l'abricot n'y est pas frais mais distillé ou macéré, disponible toute l'année, et l'orange qui l'accompagne est un fruit de décembre à mars. Les deux sont à leur meilleur précisément quand l'abricot frais n'existe pas.
Un mot sur le nom : il désigne la ville espagnole et ses orangers, pas une origine documentée du cocktail. Le Savoy ne dit rien de son inventeur, et les tentatives d'attribution qu'on lit ici et là ne reposent sur rien de solide.









