Ce n'est pas un sous-produit du vin chaud, c'est une boisson qui a ses propres règles. On la sert souvent parce qu'il y a un conducteur, une femme enceinte ou des enfants à table, et l'erreur classique est de reprendre la recette alcoolisée en remplaçant simplement le vin par du jus. Le résultat est lourd, sucré et médicinal.
Trois choses changent en enlevant l'alcool. L'éthanol est un solvant : il porte les arômes et les diffuse, sans lui les épices s'extraient différemment et le girofle domine. Il apporte aussi une sensation de chaleur en bouche que le sucre du jus ne remplace pas. Enfin, le vin a une acidité naturelle que le jus n'a qu'en partie.
La réponse tient en trois gestes : moins de girofle, une infusion plus courte, et du jus de citron. Ce qui reste, c'est une boisson chaude, épicée et tendue, que tout le monde peut boire dans la même tasse que les autres — ce qui est, au fond, l'objectif.





