À Lyon, la querelle est ancienne : la bugne lyonnaise, fine, sèche et craquante, contre la bugne moelleuse, épaisse et gonflée. Les deux camps s'échangent des recettes prétendument différentes. Elles ne le sont presque pas.
La pâte est la même : farine, œufs, beurre, sucre, un parfum de fleur d'oranger ou de rhum, et un peu de levure. Ce qui décide, c'est l'épaisseur à laquelle on l'étale.
Le mécanisme est simple. Dans un bain à 175 °C, l'eau contenue dans la pâte se vaporise et s'échappe. Une abaisse de 2 mm perd presque toute son eau en une minute : il ne reste qu'un réseau sec et vitreux, qui casse net sous la dent. Une abaisse de 8 mm ne peut pas sécher à cœur avant que la surface soit dorée : la vapeur reste piégée à l'intérieur, gonfle la pâte et laisse une mie moelleuse.
Il n'y a donc pas deux recettes à connaître mais un rouleau à pâtisserie et une décision. Le reste, repos de la pâte et température du bain, est commun aux deux.







