Assiette de culurgiones sardes à la fermeture tressée en épi, nappés de sauce tomate et de pecorino, culurgiones crus sur une planche, verre de vin rouge, table de bois

Plat principal

Culurgiones sardes : une farce de pommes de terre écrasées, de pecorino et de menthe, une pâte de semoule sans œuf, et la fermeture en épi de blé pincée d'un côté puis de l'autre

Les culurgiones sont les pâtes farcies de l'Ogliastra, sur la côte est de la Sardaigne : de gros chaussons de pâte de semoule, sans œuf, fourrés d'une purée de pommes de terre écrasées avec du pecorino, de l'huile d'olive infusée à l'ail et de la menthe fraîche, et fermés par une tresse en épi de blé, la spighitta, que l'on obtient en pinçant la pâte alternativement à gauche et à droite en remontant. L'épi n'est pas une décoration : chaque pincement soude un pli, et un culurgione bien tressé ne s'ouvre jamais à la cuisson. Ils se servent avec une sauce tomate courte et du pecorino, ou simplement au beurre.

  • Préparation : 1 h 30
  • Cuisson : 50 min
  • Repos : 3 h pour la farce, 30 min pour la pâte
  • Économique
  • 6 personnes, environ 36 culurgiones
  • Difficile
  • Toute l'année
Aller à la recette

Ingrédients

6 personnes, environ 36 culurgiones

Ustensiles

  • UN PRESSE-PURÉE (L'OUTIL DU PLAT : la purée doit être sèche et sans colle)
  • un emporte-pièce de 8 cm (ou un verre)
  • un rouleau ou un laminoir (2 mm, pas plus fin)
  • une petite casserole (infuser l'ail dans l'huile)
  • des torchons farinés (poser les culurgiones sans qu'ils se touchent)
  • une grande marmite (5 min d'eau salée)

L'astuce du chef

L'Ogliastra, côte est de la Sardaigne : un savoir de mère en fille. L'épi est un vœu de moisson.

IGP depuis 2015 : pommes de terre, pecorino, menthe, ail, et la fermeture à la main. Pas de raccourci.

La farce se fait la veille : elle doit être froide et ferme. Chaude, elle perce la pâte.

Les pommes de terre passent au presse-purée, jamais au mixeur. Le mixeur libère l'amidon : de la colle.

L'huile a infusé l'ail dix minutes, et l'ail est retiré. Le parfum sans le morceau.

Deux pecorinos, un doux et un salé, et vingt feuilles de menthe. C'est le goût de l'île.

La pâte est de semoule et d'eau, sans œuf, plus ferme. C'est elle qui permet la tresse.

Deux millimètres, pas plus fin : elle doit tenir les plis. Disques de 8 cm.

Une noix de farce, une demi-lune, la pointe du bas pincée. Puis on remonte.

Gauche, droite, gauche, droite, chaque pli par-dessus le précédent. Huit à dix plis, une torsion au sommet.

Chaque pli est une soudure : un culurgione tressé ne s'ouvre jamais. Les cinq premiers sont laids.

Cinq minutes d'eau salée, une sauce tomate courte, du pecorino. Cinq ou six par personne.

Préparation pas à pas

  1. La veille : pommes de terre en robe, pelées chaudes, passées au presse-purée 35 min

    Jamais au mixeur.

  2. Huile infusée à l'ail, pecorino, menthe, poivre : mélanger à la main ; refroidir complètement 10 min

    Ferme et sèche, sinon elle perce la pâte.

  3. Pâte : semoule, eau tiède, huile, sel ; 10 min de pétrissage, 30 min sous un bol 15 min

    Lisse, élastique, ferme.

  4. Étirer à 2 mm ; disques de 8 cm ; une noix de farce allongée au centre 15 min

    Une bande à la fois.

  5. Replier en demi-lune sans souder ; pincer la pointe du bas 1 min

    Dans la paume gauche.

  6. Pincer à gauche en rabattant un pli, puis à droite par-dessus, et remonter : 8 à 10 plis ; tordre le sommet 40 min

    L'épi de blé. Les cinq premiers sont laids.

  7. Sauce : oignon fondu, pulpe, basilic, 20 min 20 min

    Courte.

  8. 5 min à l'eau salée ; nappés de sauce, pecorino râpé 5 min

    Cinq ou six par personne.

Le conseil du caviste

Une farce de pommes de terre, de pecorino et de menthe, sous une sauce tomate cuite.

Le Château Moulin Caresse Les Frangins Flingueurs à 14 °C, rouge de fruit.

Le Bordeaux Château Tour de Biot Rouge à 15 °C.

Le Moulin Caresse La Frangine Rosé à 10 °C, pour l'été.

La tomate cuite perd son acide et gagne le rouge. La tomate crue est acide et aqueuse : elle veut un blanc ou un rosé vif, et elle rend un rouge métallique. Mais vingt minutes de cuisson changent tout : l'eau s'en va, les sucres se concentrent, l'acide s'arrondit, et la sauce prend une profondeur qui appelle un rouge souple et fruité, sans bois, servi un peu frais. Sur les culurgiones, la sauce est courte et cuite, et le pecorino salé demande en plus un vin sans dureté : un rouge de fruit à 14 °C fait exactement cela. Au beurre, sans tomate, on passerait au blanc.

À éviter : un rouge tannique et boisé, dur sur le pecorino, et un blanc acide, qui se bat avec la tomate.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Moulin Caresse Les Frangins FlingueursChâteau Moulin Caresse Les Frangins Flingueurs 10,40 €
Bordeaux Château Tour de Biot RougeBordeaux Château Tour de Biot Rouge 5,00 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Ma tresse ne tient pas, elle se défait

Pâte trop fine ou trop sèche, farce chaude. 2 mm, une pâte souple sous un bol, une farce froide, et l'on pince fort à chaque pli.

Ils s'ouvrent à la cuisson

Plis pas soudés, ou sommet pas tordu. Chaque pincement doit écraser la pâte, et le sommet se tord pour fermer.

La farce est collante, impossible à façonner

Pommes de terre mixées, ou farce chaude. Presse-purée, et trois heures de froid.

La farce est fade

Pas assez de pecorino affiné, pas de menthe. 250 g de pecorino dont la moitié bien salé, vingt feuilles de menthe, et l'huile à l'ail.

La pâte se déchire au pliage

Pas assez pétrie ou pas reposée. Dix minutes de pétrissage, trente minutes sous un bol : elle doit être élastique.

Ils sont lourds

Trop de farce ou pâte trop épaisse. Une noix de farce, 2 mm de pâte, cinq par personne.

Conservation & préparation anticipée

Les culurgiones crus se gardent 24 h au réfrigérateur, sur un torchon fariné, sans se toucher.

Ils se congèlent 2 mois, à plat sur une plaque puis en sachet ; on les cuit congelés, deux minutes de plus.

La farce se garde 3 jours au frais ; elle est même meilleure après une nuit.

La sauce se garde 4 jours et se congèle.

Cuits, ils se réchauffent à la poêle dans un peu de beurre, dorés : c'est la version du lendemain, et elle a ses partisans.

Variantes

Culurgiones au beurre et à la sauge

Sans tomate, glacés au beurre noisette : la version des jours maigres, et celle qui passe au vin blanc.

Culurgiones au safran

Une pincée de safran dans la farce, à la mode du Campidano : jaune d'or et parfumés.

Les autres pâtes pincées

Nos agnolotti del plin du Piémont.

La purée qui est la base

Nos gnocchis maison, la même pomme de terre sous une autre forme.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la spighitta ?

La fermeture en épi de blé : on pince la pâte alternativement à gauche et à droite en remontant, chaque pli chevauchant le précédent. C'est la signature du culurgione et sa soudure.

Pourquoi une pâte sans œuf ?

La pâte de semoule et d'eau est plus ferme qu'une pâte à l'œuf : elle tient les plis de la tresse. C'est la pâte traditionnelle de Sardaigne.

Pourquoi la farce doit-elle être froide ?

Chaude, la purée est molle, colle aux doigts et perce la pâte. Froide et ferme, elle se façonne en boules et tient pendant la tresse.

Quel pecorino ?

Du pecorino sarde, idéalement deux : un jeune pour la douceur, un affiné pour le sel. À défaut, du pecorino romano, en réduisant le sel.

Peut-on les fermer à la fourchette ?

On peut, et ce sont alors des raviolis de pommes de terre. Le culurgione, c'est la tresse ; elle prend vingt essais à apprendre.

Quel vin servir avec ?

Un rouge de fruit servi frais, à 14 °C : la tomate cuite a perdu son acide et gagné le rouge, et le pecorino veut un vin sans dureté.

Dans l'Ogliastra, la fermeture des culurgiones était un savoir que les mères transmettaient aux filles, et l'épi de blé qui court sur le dos de chaque chausson est un vœu de moisson : on les faisait pour la fête des morts et pour les mariages, on les offrait aux voisins. L'IGP obtenue en 2015 fixe la farce, pommes de terre, pecorino, menthe, ail, et la fermeture à la main. Il n'y a pas de raccourci : un culurgione fermé à la fourchette n'en est pas un.

La farce se fait la veille, ou au moins trois heures avant, parce qu'elle doit être froide et ferme. Un kilo de pommes de terre à chair farineuse, cuites en robe, pelées chaudes et passées au presse-purée, jamais au mixeur qui les rendrait collantes. Pendant qu'elles sont chaudes, on verse dessus 8 cl d'huile d'olive dans laquelle deux gousses d'ail écrasées ont infusé à feu doux dix minutes, puis retirées ; puis 250 g de pecorino sarde râpé, une partie jeune et douce, une partie affinée et salée, et une vingtaine de feuilles de menthe fraîche hachées fin. Du sel s'il en manque, du poivre. On mélange à la main jusqu'à une purée lisse et sèche, et on laisse refroidir complètement : chaude, elle percerait la pâte et elle serait impossible à façonner.

La pâte est une pâte de semoule fine de blé dur, sans œuf : 400 g de semoule, 20 cl d'eau tiède, une cuillère d'huile, une pincée de sel, pétrie dix minutes jusqu'à ce qu'elle soit lisse et élastique, reposée trente minutes sous un bol. Elle est plus ferme qu'une pâte à l'œuf, et c'est ce qui permet la tresse. On l'étire à 2 mm, pas plus fin, et on découpe des disques de 8 cm.

La fermeture : une boule de farce de la taille d'une noix, allongée, au centre du disque ; on tient le disque dans la paume gauche, on le replie en demi-lune sans souder, et l'on commence par pincer la pointe du bas entre le pouce et l'index de la main droite. Puis on pince à gauche, en rabattant un petit pli de pâte vers le centre, puis à droite, en rabattant le pli suivant par-dessus, et l'on remonte ainsi, gauche, droite, gauche, droite, chaque pli chevauchant le précédent, jusqu'au sommet, que l'on pince et que l'on tord pour le fermer. Le dos du culurgione porte alors un épi de blé, une tresse de huit à dix plis, et chaque pli est une soudure. Les cinq premiers sont laids, les vingt suivants sont beaux. Ils cuisent cinq minutes dans une grande eau salée, et se servent nappés d'une sauce tomate courte, cuite vingt minutes avec un oignon et du basilic, et couverts de pecorino râpé. Cinq ou six par personne, ils sont copieux.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Moulin Caresse Les Frangins FlingueursChâteau Moulin Caresse Les Frangins Flingueurs 10,40 €
Bordeaux Château Tour de Biot RougeBordeaux Château Tour de Biot Rouge 5,00 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €

Voir tous nos vins →

Vous recevez ?

Combien de bouteilles prévoir ?

Dites le nombre de convives : l'assistant calcule les quantités à partir des doses de restaurant et propose des bouteilles de la cave, à panacher librement.

Calculer pour Culurgiones sardes
Retour