Bol de gumbo de Louisiane, ragoût brun acajou au roux avec poulet effiloché, rondelles de saucisse andouille et gombos, riz blanc au centre, oignon vert, verre de vin rouge

Plat principal

Gumbo : la recette de Louisiane au poulet et saucisse

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 3 h
  • Moyen
  • 8 personnes
  • Moyen
  • Automne, hiver
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Ingrédients

8 personnes

Ustensiles

  • UNE COCOTTE EN FONTE À FOND ÉPAIS (L'OUTIL DU PLAT : le roux qui brunit sans brûler, puis trois heures de mijotage)
  • une cuillère en bois ou un fouet plat (quarante-cinq minutes sans arrêt, les angles raclés)
  • une louche (le gras écumé toutes les 30 minutes)
  • une poêle (la saucisse et le poulet dorés à part)
  • deux fourchettes (le poulet effiloché)
  • des bols creux (le riz au centre, le filé sur la table)

L'astuce du chef

Ki ngombo. La plante d'Afrique, le roux de France, le filé des Choctaws, la saucisse des Allemands : un plat de Louisiane.

Le roux est le gumbo. Quarante-cinq minutes de cuillère : tout le goût est là, avant tout le reste.

Feu moyen-doux. Plus fort, il brûle en un instant ; plus doux, il faut deux heures. On ne quitte pas.

La couleur du chocolat au lait. Le brun chocolat, pas le noir : au-delà, l'amertume.

Les angles raclés. C'est là que la farine attache et noircit : la cuillère de bois va chercher.

Brûlé, on jette. Un point noir, une odeur âcre : tout le gumbo serait amer, on recommence.

La trinité dans le roux brûlant. Elle crépite, refroidit le roux et arrête sa cuisson : le geste cajun.

Le bouillon peu à peu. Chaud, en remuant : le roux se délaye ; froid et d'un coup, il fait des grumeaux.

La saucisse dorée à part. Son gras saisit le poulet ; les rondelles gardent leur tenue.

Écumé. Le gras qui monte toutes les 30 minutes : ôté, le gumbo est profond, pas lourd.

Le gombo à la fin. Trente minutes : il lie de son mucilage sans devenir gluant ni se défaire.

Le filé hors du feu. Saupoudré dans le bol : cuit, le sassafras file et devient gluant.

Préparation pas à pas

  1. Roux : huile et farine remués 45 min jusqu'au brun chocolat 45 min

    Noisette grillée, jamais brûlé.

  2. Trinité jetée dans le roux brûlant, 5 min ; ail 2 min 7 min

    Ça crépite et fume.

  3. Bouillon chaud peu à peu ; laurier, thym, épices, Worcestershire 5 min

    Sans grumeaux.

  4. Saucisse dorée à part, poulet saisi dans son gras ; dans la cocotte 12 min

    Le fumé.

  5. 1 h 30 à frémissement, couvert à demi, gras écumé 1 h 30

    Le geste des grand-mères.

  6. Poulet désossé, effiloché, remis 10 min

    Les os jetés.

  7. Gombos, 30 min découvert ; goûté, laurier ôté 30 min

    Ils lient.

  8. Bols, riz au centre, oignons verts ; filé et Tabasco à table 5 min

    Le filé hors du feu.

Le conseil du caviste

Un ragoût brun au roux, mijoté trois heures, avec de la saucisse fumée, du poulet et des gombos, sur du riz.

Château Beynat Léonard à 14 °C, le rouge léger et vif, servi frais, la fraîcheur que la marmite a perdue.

Château Beynat Castillon Côtes de Bordeaux à 16 °C, le merlot fruité, pour le roux brun et la saucisse.

Bergerac Domaine de Mayat à 16 °C, le rouge souple, pour le gumbo du dimanche.

Au plat de longue cuisson, le vin rend le frais : trois heures de mijotage ont fondu tous les arômes du gumbo en une seule profondeur brune, grillée, fumée, sans plus rien de vif ni de vert, et c'est au vin d'apporter ce que la marmite a perdu, l'acidité, le fruit frais, la jeunesse, avec un rouge léger, jeune et servi frais plutôt qu'un rouge évolué qui doublerait la profondeur sans la relever. On serait tenté de servir un vin aussi profond que le roux ; on obtiendrait un accord lourd, sans relief, où rien ne se répond. Le Léonard, jeune, vif, fruité, servi à 14 °C, est le contrepoint : sa fraîcheur traverse le roux, réveille le poulet et la saucisse, et fait la place au Cayenne et au filé. Le merlot de Castillon, fruité mais plus mûr, va pour ceux qui veulent un rouge plus présent sur la saucisse ; le bergerac souple, sur la table de famille. La règle des ragoûts de trois heures, gumbo, daube, mloukhia : le vin est plus jeune que le plat.

À éviter : un rouge évolué et lourd, qui double la profondeur sans la relever, et un blanc, sans réponse au roux brun.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Beynat LéonardChâteau Beynat Léonard 14,50 €
Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Le gumbo est amer

Roux brûlé. Il n'y a pas de remède : on jette le roux dès un point noir et l'on recommence ; feu moyen-doux, sans arrêt, les angles raclés.

Le roux est pâle après 45 minutes

Feu trop doux. Feu moyen, ou la méthode au four, 1 h 30 à 180 °C remué toutes les 20 minutes.

Il y a des grumeaux

Bouillon froid versé d'un coup. Chaud, peu à peu, en remuant ; ou le gumbo mixé au plongeur avant les viandes.

Il est gras

Pas écumé, peau du poulet laissée. Sans peau ; le gras écumé à la louche toutes les 30 minutes, et le lendemain ôté figé.

Il est gluant

Gombos trop longtemps, ou filé cuit. Gombos 30 minutes à la fin ; le filé saupoudré hors du feu, dans le bol.

C'est fade

Roux trop clair, sous-salé. Le roux brun chocolat, le sel goûté à la fin, le Worcestershire, le Cayenne ; et il est meilleur le lendemain.

Conservation & préparation anticipée

Le gumbo se garde 4 jours au réfrigérateur et il est meilleur le lendemain ; réchauffé doucement, allongé d'un peu de bouillon, le gras figé en surface ôté.

Il se congèle 3 mois sans le riz ; décongelé une nuit au réfrigérateur.

Le roux brun seul se garde 1 mois au réfrigérateur en bocal et 6 mois au congélateur : on en fait le double, pour le prochain gumbo ou une sauce.

Le riz se cuit au moment, ou se réchauffe à la vapeur.

Le filé se garde 1 an au sec, en bocal, à l'abri de la lumière.

Variantes

Le jambalaya

Notre jambalaya, l'autre marmite de Louisiane, où le riz cuit dedans.

Le cornbread

Notre cornbread, le pain de maïs qui trempe dans le gumbo.

Aux fruits de mer

Le même roux et la même trinité, un fumet à la place du bouillon, 500 g de crevettes, un crabe et une douzaine d'huîtres dans les 10 dernières minutes : le gumbo créole de la côte.

Le bœuf bourguignon

Notre bœuf bourguignon, pour comparer le roux français d'origine avec son petit-fils de Louisiane.

Questions fréquentes

Combien de temps pour le roux ?

Quarante-cinq minutes à feu moyen-doux en remuant sans arrêt, jusqu'au brun chocolat au lait ; ou 1 h 30 au four à 180 °C, remué toutes les 20 minutes, la méthode qui libère les mains. Un roux blond fait une sauce, pas un gumbo ; un roux brûlé rend tout amer et se jette.

Qu'est-ce que le filé ?

La poudre de feuilles de sassafras séchées, l'apport des Choctaws : saupoudrée hors du feu dans le bol, une demi-cuillère à café, elle épaissit et parfume de racine et de thé. Cuite, elle file. On la trouve en ligne et dans les épiceries américaines ; sans, le gumbo est lié par les gombos seuls.

Où trouver les gombos ?

Frais l'été dans les épiceries africaines, antillaises et indiennes, sous le nom d'okra ou de lady's finger ; surgelés toute l'année, en tronçons. Ils lient le gumbo de leur mucilage. Sans gombos, le roux et le filé suffisent à lier.

Poulet-saucisse ou fruits de mer ?

Deux gumbos différents sur le même roux : le cajun des campagnes au poulet et à l'andouille, mijoté 2 heures ; le créole de la côte aux crevettes, crabe et huîtres, ajoutés dans les 10 dernières minutes sur un fumet. On ne mélange pas, sauf pour le gumbo ya-ya.

Peut-on le préparer à l'avance ?

Il le faut : il est meilleur le lendemain, le gras figé ôté, réchauffé doucement. Il se congèle 3 mois. Le roux seul se fait en double et se garde un mois au réfrigérateur pour le gumbo suivant.

Quel vin servir avec ?

Un rouge léger, jeune et vif, servi frais à 14 °C : au plat de longue cuisson, le vin rend le frais que la marmite a perdu, et un rouge évolué doublerait la profondeur sans la relever. Un merlot fruité pour la saucisse, un bergerac souple pour la famille. Jamais un rouge lourd ni un blanc.

Le mot vient du bantou ki ngombo, le gombo, la plante africaine qui lie la soupe ; le roux vient des Français ; le filé, la feuille de sassafras séchée et pilée, des Choctaws ; la saucisse fumée des Allemands de Louisiane. Il y a un gumbo par famille et deux grandes familles : au poulet et à la saucisse, celui-ci, le cajun des campagnes, et aux fruits de mer, crevettes, crabe et huîtres, le créole de la côte. On ne met pas les deux, ou alors c'est un gumbo ya-ya, le gumbo de tout.

Le roux, l'étape qui fait tout, 45 minutes : dans une cocotte en fonte à fond épais, 12 cl d'huile neutre ou de saindoux et 100 g de farine, à feu moyen-doux, remués sans arrêt à la cuillère de bois ou au fouet plat, en raclant le fond et les angles ; le roux passe du blanc au blond en 10 minutes, au roux en 20, au brun en 35, et au brun chocolat, la couleur d'une tablette de chocolat au lait, en 45 minutes ; il sent la noisette grillée et le pain toasté ; si des points noirs apparaissent ou s'il sent le brûlé, on jette et l'on recommence, un roux brûlé rendant tout le gumbo amer. Au four, la méthode qui libère : le roux dans la cocotte à 180 °C, remué toutes les 20 minutes, 1 h 30. C'est le moment de préparer la trinité.

La trinité et le bouillon : 2 oignons, 3 branches de céleri, un poivron vert, tout en dés de 1 cm, jetés d'un coup dans le roux brûlant, qui crépite et fume, et remués 5 minutes : la cuisson du roux s'arrête, les légumes s'y enrobent ; 4 gousses d'ail, 2 minutes ; puis 1,5 litre de bouillon de volaille chaud versé peu à peu en remuant, le roux se délayant sans grumeaux ; 2 feuilles de laurier, 3 branches de thym, une cuillère à café de paprika, une demi de Cayenne, une demi de poivre noir, une cuillère de sauce Worcestershire, sel ; à frémissement.

Les viandes et le mijotage : 300 g de saucisse fumée, andouille de Louisiane ou Morteau, en rondelles de 1 cm, dorées à part 5 minutes dans une poêle, égouttées ; 800 g de cuisses de poulet avec os, sans peau, salées et poivrées, saisies 5 minutes dans le gras de la saucisse ; le tout dans la cocotte ; couvert à demi, à frémissement doux, 1 h 30, remué de temps en temps, le gras écumé en surface à la louche, toutes les 30 minutes, ce qui est le geste des grand-mères ; le poulet retiré, désossé, la chair effilochée et remise. Puis 250 g de gombos, okra, frais ou surgelés, en tronçons de 2 cm, 30 minutes de plus, découvert : ils lient le gumbo de leur mucilage et s'attendrissent ; le gumbo est épais mais fluide, brun acajou, brillant. Goûté, salé, Cayenne, le laurier ôté.

Le service : dans des bols creux, une louche de gumbo ; une cuillerée de riz blanc long cuit à part posée au centre, à la louisianaise, jamais le gumbo sur le riz ; des oignons verts émincés et du persil ; sur la table, la poudre de filé, une demi-cuillère à café par bol saupoudrée hors du feu, qui épaissit et parfume de racine et de thé, jamais cuite, et le Tabasco. Avec du pain de maïs ou des crackers, et une salade de pommes de terre, à la façon des bayous où l'on met la salade dans le gumbo. Les variantes : le gumbo aux fruits de mer, crevettes, crabe et huîtres ajoutés dans les 10 dernières minutes, sur le même roux ; le gumbo z'herbes, du Carême, aux sept verdures, sans viande ; le gumbo au canard, des chasseurs ; et le gumbo sans gombo, lié seulement au filé, l'hiver.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Beynat LéonardChâteau Beynat Léonard 14,50 €
Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €

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