Plat en terre de kartoffelsalat souabe, fines rondelles de pommes de terre luisantes de vinaigrette au bouillon, oignon et ciboulette, deux saucisses de veau dorées, cuillère à plat, verre de vin blanc pâle, table en bois

Plat

Kartoffelsalat : la recette de la salade allemande

  • Préparation : 20 min
  • Cuisson : 25 min
  • Repos : 30 min
  • Faible
  • 4 personnes
  • Facile
  • Toute l'année
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Ingrédients

4 personnes

Ustensiles

  • UN GRAND SALADIER (L'OUTIL DU PLAT : les rondelles chaudes retournées à l'aise, sans les casser)
  • une grande casserole (les pommes de terre en robe, départ eau froide)
  • un couteau d'office et un torchon (épluchées chaudes, tenues dans le torchon)
  • une mandoline ou un couteau bien aiguisé (rondelles de 3 mm régulières)
  • une petite casserole (le bouillon chaud, l'oignon fondu dedans)
  • une poêle (les saucisses de veau dorées, pour servir)

L'astuce du chef

À chair ferme. Charlotte, amandine, annabelle : des pommes de terre cireuses, qui gardent leur tenue en rondelles fines et boivent le bouillon sans se défaire. Une farineuse, bintje ou agria, s'effondre dans la marinade et fait une purée au vinaigre.

En robe, départ eau froide. Cuites entières avec leur peau, elles gardent leur amidon et leur goût ; départ eau froide, elles cuisent uniformément du bord au cœur. Épluchées avant, elles se gorgent d'eau et n'ont plus de place pour le bouillon.

Épluchées chaudes. C'est le geste pénible et le geste indispensable : la peau se retire d'un coup de couteau sur une pomme de terre chaude, tenue dans un torchon, et la chair reste chaude pour l'étape suivante. Refroidie, elle n'absorbe plus rien.

Trois millimètres. Des rondelles fines, régulières, qui s'imprègnent vite et qui, en se chevauchant, retiennent la sauce ; en gros dés, la pomme de terre reste sèche au cœur et la salade est une salade de pommes de terre ordinaire.

Le bouillon chaud sur les rondelles chaudes. C'est toute la recette : l'amidon d'une pomme de terre chaude s'ouvre et boit le liquide chaud, avec son sel, son vinaigre et sa moutarde ; froid sur froid, rien ne rentre, et la marinade reste au fond.

Plus acide et plus salé qu'il ne semble. La pomme de terre absorbe et adoucit tout ; une marinade qui paraît juste dans la casserole donne une salade fade. Goûtée, elle doit faire grimacer un peu ; la pointe de sucre équilibre sans sucrer.

L'oignon fondu dans le bouillon. Deux minutes dans le bouillon bouillant, l'oignon perd son agressivité crue et garde son croquant ; cru, il domine ; cuit longtemps, il disparaît.

Trente minutes. Le repos fait la sauce : les rondelles boivent le bouillon, et l'amidon qu'elles relâchent l'épaissit en une émulsion onctueuse, sans crème ni mayonnaise. Servie aussitôt, la salade nage ; après une demi-heure, elle est liée.

L'huile après. Versée avant le bouillon, l'huile enrobe les rondelles et les imperméabilise : plus rien ne rentre. Versée à la fin, sur des pommes de terre déjà imprégnées, elle lie, fait briller et arrondit l'acidité.

Une huile neutre. Colza ou tournesol, jamais d'huile d'olive, dont le goût est étranger au plat et se fige au tiède ; en Autriche, un filet d'huile de pépins de courge à la fin, pour le goût grillé et la couleur.

Tiède. Le kartoffelsalat souabe se sert tiède ou à température ambiante, jamais sorti du réfrigérateur : le froid fige l'amidon, durcit les rondelles et éteint le vinaigre. S'il a attendu au frais, une louche de bouillon chaud le réveille.

L'acidité du plat fixe le plancher du vin. Un plat vinaigré ne se boit pas avec un vin rond : devant cinq centilitres de vinaigre, un blanc gras ou un rouge souple paraissent mous, plats, sucrés, parce que l'acidité de l'assiette est au-dessus de celle du verre. Le vin doit être au moins aussi vif que la sauce, et sur le kartoffelsalat au bouillon vinaigré, un bordeaux blanc sec et droit, ou un crémant brut, dont l'acidité égale celle du plat et le rejoint au lieu de s'écraser dessous.

Préparation pas à pas

  1. Pommes de terre lavées, cuites en robe départ eau froide salée, 20 à 25 min 25 min

    Le couteau entre, elles ne se fendent pas.

  2. Marinade : bouillon chaud, oignon haché fondu 2 min dedans, vinaigre, moutarde, sucre, sel, poivre 5 min

    Franchement acide et salée.

  3. Pommes de terre égouttées, épluchées chaudes dans un torchon 5 min

    Sans attendre.

  4. Coupées aussitôt en rondelles de 3 mm dans le saladier 5 min

    Chaudes.

  5. Marinade chaude versée sur les rondelles chaudes, retournées délicatement 2 min

    Avant l'huile.

  6. Couvert, 30 min de repos à température ambiante, retournées une fois 30 min

    Elles boivent, l'amidon épaissit.

  7. Huile versée et mêlée ; la salade luit 2 min

    Schlonzig.

  8. Ciboulette, goûtée, rectifiée ; servie tiède avec les saucisses poêlées

    Jamais froide.

Le conseil du caviste

Un kartoffelsalat souabe tiède, rondelles de pommes de terre imprégnées de bouillon de bœuf au vinaigre et à la moutarde, liées à l'huile, sans mayonnaise, servi avec des saucisses de veau.

Château Tour de Biot Blanc Sec à 9 °C, le bordeaux blanc sec et droit, sur le kartoffelsalat aux saucisses.

Tour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux à 7 °C, les bulles brut, sur le kartoffelsalat au schnitzel et sur la version au concombre.

Château La Verrière Bordeaux Blanc Sec à 10 °C, le bordeaux blanc plus ample, sur la version au lard et sur celle à la mâche.

L'acidité du plat fixe le plancher du vin : on pense au gras quand on accorde, on pense rarement à l'acide, et pourtant c'est lui qui décide ici, parce qu'un plat vinaigré met la barre à une hauteur que le vin doit atteindre, et tout vin qui reste en dessous, un blanc rond, un chardonnay beurré, un rouge souple, paraît aussitôt mou, plat et vaguement sucré, écrasé par les cinq centilitres de vinaigre de la marinade ; il faut un vin dont l'acidité égale celle de l'assiette, et alors les deux se rejoignent, le vin prolonge la vinaigrette au lieu de la subir. C'est la règle de toutes les salades tièdes vinaigrées, les lentilles en vinaigrette, le museau, les harengs pommes à l'huile : le vin est au moins aussi vif que la sauce. Le Tour de Biot blanc sec, un bordeaux droit, tendu, salin, à 9 °C, est le vin de ce kartoffelsalat, son acidité est exactement au niveau de la marinade et sa fraîcheur nettoie le gras des saucisses ; le Tour du Roy brut prestige, en bulles sèches, sur le schnitzel, où la panure et la friture appellent le crémant, et sur la version d'été au concombre ; et la Verrière, un bordeaux blanc plus ample mais toujours sec, sur la version au lard fumé et sur celle à la mâche, plus riches. La règle du kartoffelsalat : le vin monte au niveau du vinaigre, jamais en dessous.

À éviter : un blanc rond ou boisé, que le vinaigre rend plat et sucré, et tout rouge, que la salade vinaigrée rend métallique.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Bordeaux Château Tour de Biot BlancBordeaux Château Tour de Biot Blanc 6,20 €
Tour du Roy Brut Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux 9,50 €
Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

La salade est fade

Marinade trop douce. Elle doit être franchement acide et salée dans la casserole, la pomme de terre adoucit tout ; un trait de vinaigre et du sel à la fin pour redresser.

La marinade reste au fond, les pommes de terre sont sèches

Pommes de terre refroidies, ou huile versée avant. Épluchées et coupées chaudes, le bouillon chaud versé aussitôt, l'huile seulement après 30 minutes.

La salade est de la purée

Variété farineuse, ou trop cuite. Une chair ferme, charlotte ou amandine, cuite jusqu'à ce que le couteau entre sans qu'elle se fende, et retournée avec les mains, pas à la cuillère.

La salade nage dans le liquide

Pas de repos. Trente minutes couverte, retournée à mi-temps : l'amidon épaissit le bouillon ; si elle nage encore, quelques rondelles écrasées à la fourchette et mêlées lient le tout.

L'oignon domine

Ajouté cru. Haché très fin et fondu 2 minutes dans le bouillon bouillant, il s'adoucit et garde son croquant.

La salade est dure et figée

Servie froide de réfrigérateur. Sortie 1 heure avant, ou réveillée d'une louche de bouillon chaud et retournée ; elle se sert tiède.

Conservation & préparation anticipée

Le kartoffelsalat se garde 2 jours au réfrigérateur, couvert ; sorti 1 heure avant de servir, ou réveillé d'une louche de bouillon chaud, il retrouve son moelleux. Il est meilleur le lendemain.

Sans la ciboulette, ajoutée au moment de servir, il se garde mieux ; l'herbe ciselée jaunit dans le vinaigre.

La marinade se prépare la veille et se garde 3 jours au réfrigérateur ; réchauffée avant de la verser sur les pommes de terre chaudes.

Les pommes de terre cuites en robe se gardent 2 jours au réfrigérateur, entières, non épluchées ; mais pour cette salade elles doivent être chaudes, on les cuit donc le jour même.

Le kartoffelsalat ne se congèle pas : la pomme de terre décongelée est spongieuse.

Variantes

La salade de pommes de terre froide

Notre salade froide, la version française à la vinaigrette et aux herbes.

Le Wiener Schnitzel

Notre schnitzel, l'accompagnement classique du kartoffelsalat.

La currywurst

Notre currywurst, l'autre saucisse allemande, pour un repas berlinois.

Le kartoffelsalat au lard de Forêt-Noire

100 g de lardons fumés dorés à sec dans une poêle jusqu'à croustiller, leur gras chaud versé sur la salade à la place de la moitié de l'huile, les lardons dessus, avec un oignon rouge en fines lamelles crues et un peu de cumin en grains : la version des auberges de Forêt-Noire, plus riche et plus fumée, qui accompagne le jambon cru et le pain de seigle, et qui appelle un blanc plus ample, toujours sec, parce que le lard n'enlève rien au vinaigre.

Questions fréquentes

Kartoffelsalat souabe ou kartoffelsalat du nord ?

Le kartoffelsalat du nord de l'Allemagne est une salade froide à la mayonnaise, avec des cornichons, des œufs durs et parfois des pommes ; celui du sud, souabe et bavarois, est une salade tiède au bouillon et au vinaigre, sans mayonnaise, luisante d'huile. Les deux s'appellent pareil, les deux se disputent, et c'est le second qu'on sert avec le schnitzel et les saucisses.

Quelles pommes de terre choisir ?

Des pommes de terre à chair ferme, dites cireuses : charlotte, amandine, annabelle, ratte, de calibre égal pour cuire ensemble. Elles tiennent en rondelles fines et absorbent le bouillon sans se défaire. Les farineuses, bintje, agria, s'effondrent dans la marinade.

Peut-on faire la salade à l'avance ?

Oui, et elle est meilleure le lendemain, quand les rondelles ont fini de boire ; on la garde couverte au réfrigérateur sans la ciboulette, et on la sort une heure avant de servir, ou on la réveille d'une louche de bouillon chaud, parce qu'elle doit être tiède et souple, jamais froide et figée.

Faut-il vraiment éplucher les pommes de terre chaudes ?

Oui, c'est le seul geste pénible de la recette et il ne se contourne pas : la pomme de terre n'absorbe la marinade que chaude, et son amidon ne lie la sauce que chaud. On les tient dans un torchon, on retire la peau d'un coup de couteau d'office, elle vient d'un seul morceau sur une pomme de terre chaude.

Avec quoi servir le kartoffelsalat ?

Avec ce que servent les auberges souabes : des saucisses de veau ou des Bratwürste poêlées, un Wiener Schnitzel, du jambon, de la viande de tête en vinaigrette, des Maultaschen dorées, un rôti de porc froid ; ou seul, avec du pain noir et du beurre, en repas du soir. Il est aussi le compagnon de la choucroute et de la charcuterie sur une table de fête.

Quel vin servir avec ?

Un blanc sec et droit, un bordeaux blanc à 9 °C, ou un crémant brut : la marinade au vinaigre met la barre haut en acidité, et un vin plus rond qu'elle paraît mou et sucré. Le vin doit être au moins aussi vif que la salade. Pas de rouge, que la vinaigrette rend métallique.

Il y a deux Allemagnes du kartoffelsalat : au nord, la salade froide à la mayonnaise, aux cornichons et aux œufs durs, celle qu'on connaît ; au sud, en Souabe, en Bavière, en Autriche, la salade tiède au bouillon et au vinaigre, sans mayonnaise, dite schwäbischer Kartoffelsalat, qui doit être schlonzig, un mot souabe intraduisible qui veut dire luisante, souple, un peu coulante, presque crémeuse. C'est la seconde qu'on fait ici, parce qu'elle est la meilleure, la plus légère, et la moins connue en France.

Les pommes de terre : 1 kg de pommes de terre à chair ferme, charlotte, amandine ou annabelle, de calibre égal, lavées, cuites en robe dans l'eau salée, départ eau froide, 20 à 25 minutes, jusqu'à ce qu'un couteau entre sans résistance mais qu'elles ne se fendent pas ; égouttées, épluchées chaudes, tenues dans un torchon, et coupées aussitôt en rondelles de 3 mm, dans un grand saladier. La marinade, prête pendant la cuisson : 25 cl de bouillon de bœuf chaud, 1 oignon haché très fin, 5 cl de vinaigre de vin blanc, 1 cuillère à café de moutarde, 1 cuillère à café de sucre, 1 cuillère à café de sel, du poivre ; l'oignon fondu 2 minutes dans le bouillon bouillant, la marinade goûtée, elle doit être franchement acide et salée, plus qu'il ne semble raisonnable.

L'imprégnation : la marinade chaude versée sur les rondelles chaudes, retournées délicatement avec les mains ou une cuillère, sans les casser ; le saladier couvert, 30 minutes de repos à température ambiante, retournées une fois à mi-temps ; les pommes de terre boivent le bouillon, leur amidon l'épaissit, et le fond du saladier devient une sauce onctueuse. L'huile, à la fin : 6 cuillères à soupe d'huile neutre, de colza ou de tournesol, versées et mêlées ; la salade luit, elle est schlonzig. La ciboulette, une botte ciselée, au moment de servir ; goûtée, rectifiée en vinaigre, sel, poivre.

Le service : tiède, jamais froide de réfrigérateur, avec des saucisses de veau poêlées, un schnitzel, du jambon, de la viande de tête en vinaigrette, ou seule avec du pain noir ; un plat, une cuillère, une table. Les variantes : au concombre, un demi-concombre en fines rondelles salées et pressées, mêlé à la fin, la version bavaroise d'été ; au lard, 100 g de lardons fumés dorés et leur gras à la place de la moitié de l'huile, la version de Forêt-Noire ; à la mâche, la salade tiède posée sur des feuilles de mâche, avec des lardons, le kartoffelsalat du Bade ; et la version autrichienne, Erdäpfelsalat, avec un peu d'oignon rouge cru, du bouillon de légumes et une huile de pépins de courge en filet, verte et grillée.

Les pommes de terre : à chair ferme obligatoirement, charlotte, amandine, annabelle, ratte ; une variété farineuse se défait dans le bouillon et fait de la purée. Le bouillon : un bouillon de bœuf maison ou un bon bouillon en cube dilué court ; le vinaigre : de vin blanc, ou de cidre, jamais de vinaigre balsamique, qui colore et sucre.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Bordeaux Château Tour de Biot BlancBordeaux Château Tour de Biot Blanc 6,20 €
Tour du Roy Brut Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux 9,50 €
Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €

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