Sabich coupé en deux, pita garnie de tranches d'aubergine frite dorées, œufs durs, houmous, sauce tahini coulante, salade de tomate et concombre, amba orange, persil, couteau à plat, verre de rosé pâle, table en bois

Plat

Sabich : la recette du sandwich israélien à l'aubergine

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 30 min
  • Repos : 30 min
  • Faible
  • 4 sandwichs
  • Facile
  • Été
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Ingrédients

4 sandwichs

Ustensiles

  • UNE GRANDE POÊLE À BORDS HAUTS (L'OUTIL DU PLAT : 2 cm d'huile à 170 °C, les tranches d'aubergine frites à plat)
  • une passoire (les aubergines dégorgées 30 minutes)
  • un torchon propre (les tranches épongées fort avant la friture)
  • une petite casserole (les œufs durs, 9 minutes)
  • un bol et un fouet (la sauce tahini détendue à l'eau froide)
  • un couteau à pain (la pita ouverte en poche sur un tiers)

L'astuce du chef

Dégorgée au sel. Trente minutes au gros sel, l'aubergine rend son eau et son amertume, et sa chair, resserrée, absorbe moitié moins d'huile à la friture ; non dégorgée, elle boit comme une éponge et ressort grasse et lourde. Rincée, puis épongée fort.

Frite, pas grillée. La friture dans 2 cm d'huile à 170 °C donne à l'aubergine une chair confite, crémeuse, presque fondue sous une peau dorée ; grillée ou rôtie, elle est plus légère mais plus sèche, et ce n'est plus tout à fait un sabich. Trois minutes par face, brun doré profond, pas blond.

Un centimètre, dans la longueur. Des tranches longues et épaisses, qui se tiennent debout dans la pita et gardent un cœur fondant ; fines, elles deviennent des chips ; en rondelles, elles ne tapissent pas la poche.

Neuf minutes. L'œuf dur du sabich a un jaune cuit mais encore tendre, jaune vif, qui s'écrase dans la sauce ; à 12 minutes, il est gris et sableux. Six heures à feu doux avec des pelures d'oignon, à l'irakienne, il devient brun, crémeux et parfumé : c'est l'œuf du shabbat.

Le tahini détendu à l'eau froide. La pâte de sésame mêlée au citron se fige d'abord en une masse épaisse ; l'eau froide ajoutée en fouettant la détend et la blanchit, jusqu'à une crème qui coule de la cuillère. C'est la sauce qui lie tout le sandwich.

Du tahini blanc. Une pâte de sésame décortiqué, fluide et douce ; la pâte de sésame complet, brune, est amère et rend la sauce râpeuse. Le tahini est la moitié du goût du sabich.

L'amba. Le condiment irakien, mangue verte fermentée, fenugrec, curcuma, vinaigre : aigre, salé, jaune, un peu amer, une odeur qu'on reconnaît de loin. Sans lui, le sabich est un sandwich à l'aubergine ; avec lui, c'est un sabich. Une cuillère, pas plus.

La salade en très petits dés. Tomate et concombre en dés de 5 mm, la salade israélienne, assaisonnée au dernier moment au citron et au sel ; en gros morceaux, elle tombe du sandwich ; assaisonnée tôt, elle rend son eau et trempe la pita.

Le houmous au fond. Étalé sur les parois de la poche, il colle les aubergines au pain, retient les sauces et empêche la pita de se percer ; sans lui, tout glisse et tombe par le fond.

Dans l'ordre. Houmous, aubergines debout, œuf, salade, tahini, amba, zhug : du plus lourd au plus liquide, du fond vers le haut, pour que chaque bouchée ait de tout et que les sauces descendent à travers la garniture au lieu de rester dessus.

La pita chaude et épaisse. Une pita israélienne, épaisse, moelleuse, à poche profonde, réchauffée 1 minute pour l'assouplir, ouverte sur un tiers seulement ; une pita fine grecque se déchire sous le poids. Trop ouverte, elle s'effondre.

Le sésame est un gras amer. Le tahini, qui nappe tout le sabich, est un gras comme le beurre ou l'huile, mais un gras qui porte une amertume de graine grillée, et l'amertume refuse deux choses, le tanin, qui la double et fait un rouge âpre et sec, et le bois, qui l'assèche encore. Sur le sabich, un blanc rond et fruité sans bois, un rosé de fruit, ou un blanc tendre à peine doux, dont la rondeur enrobe l'amertume du sésame et répond à l'aigre-doux de l'amba.

Préparation pas à pas

  1. Aubergines en tranches de 1 cm, salées au gros sel, 30 min dans une passoire 30 min

    Elles rendent leur eau.

  2. Œufs cuits 9 min dans l'eau bouillante, refroidis, écalés, en rondelles 12 min

    Pendant ce temps.

  3. Sauce tahini : tahini, citron, ail râpé, sel, eau froide au fouet jusqu'à une crème coulante 3 min

    Elle épaissit, puis se détend.

  4. Salade : tomates, concombre en petits dés, persil, citron, sel, huile d'olive 5 min

    Au dernier moment.

  5. Aubergines rincées, épongées fort, frites dans 2 cm d'huile à 170 °C, 3 min par face 15 min

    Brun doré profond.

  6. Égouttées sur papier, salées 2 min

    Tièdes.

  7. Pita chaude ouverte en poche ; houmous au fond, aubergines debout, œuf, salade, tahini, amba, zhug, persil 3 min

    Dans l'ordre.

  8. Mangé aussitôt, dans la main, avec une serviette

    Ça coule, c'est normal.

Le conseil du caviste

Un sabich israélien, pita chaude garnie d'aubergines frites, d'œufs durs, de houmous, de salade, de sauce tahini à l'ail et d'amba à la mangue.

Château du Rooy Rosette à 9 °C, le blanc tendre de Bergerac, à peine doux, sur le sabich complet, avec l'amba.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne Blanc à 10 °C, le bergerac blanc rond et fruité, sans bois, sur le sabich à l'assiette et sur la version au four.

Moulin Caresse La Frangine Rosé à 8 °C, le rosé de fruit du Périgord, sur le sabich d'été mangé dehors et sur la version au zhug généreux.

Le sésame est un gras amer : la sauce tahini qui coule sur tout le sandwich est un gras, comme une mayonnaise ou un beurre, et on accorderait un gras avec de la fraîcheur, mais c'est un gras qui porte l'amertume de la graine de sésame grillée, et l'amertume ne supporte ni le tanin, qui la redouble et rend le vin âpre, sec, presque poussiéreux, ni le bois, qui l'assèche encore ; elle veut au contraire de la rondeur, du fruit, un soupçon de sucre, qui l'enrobent et la font passer, exactement comme le miel dans le halva. C'est la règle de tout ce qui est au sésame, le houmous, le baba ganousch, le halva, les sauces au tahini : rond et fruité, jamais tannique, jamais boisé. La Rosette du château du Rooy, un blanc tendre de Bergerac, à peine doux, rond, aux notes de fruits blancs, à 9 °C, est le vin de ce sabich, sa douceur enrobe le tahini et son fruit répond à l'aigre-doux de l'amba et à la tomate ; le Magie d'Automne blanc de Moulin Caresse, un bergerac rond, fruité, sans une trace de bois, sur le sabich servi à l'assiette et sur les aubergines au four, plus sèches ; et la Frangine rosé, tout en fruit rouge, à 8 °C, sur le sabich d'été mangé dehors, et sur la version où le zhug pique fort, le fruit du rosé éteignant le piment. La règle du sabich : le sésame se boit rond, jamais tannique.

À éviter : un rouge tannique, que le tahini rend âpre, un blanc boisé, qui assèche le sésame, et un blanc trop vif, qui rend l'amba acide.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château du Rooy RosetteChâteau du Rooy Rosette 8,80 €
Château Moulin Caresse Magie d'Automne BlancChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Blanc 9,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Les aubergines sont grasses et lourdes

Pas dégorgées, ou huile pas assez chaude. Trente minutes au gros sel, épongées fort, et l'huile à 170 °C, où elles saisissent au lieu de boire ; égouttées debout sur du papier.

Les aubergines sont amères

Pas dégorgées, ou aubergines vieilles à graines brunes. Le sel tire l'amertume ; et des aubergines fermes, brillantes, lourdes, à graines pâles.

La sauce tahini est figée et granuleuse

Pas assez d'eau, ou tahini de sésame complet. De l'eau froide ajoutée cuillère par cuillère en fouettant, la sauce se détend et blanchit ; et un tahini blanc, fluide.

La pita se perce et tout tombe

Pita fine, trop ouverte ou pas tapissée de houmous. Une pita épaisse à poche, chaude, ouverte sur un tiers, le houmous étalé sur les parois avant tout le reste.

Le sandwich est détrempé

Salade assaisonnée trop tôt, ou aubergines chaudes égouttées sur le pain. La salade assaisonnée au dernier moment, les aubergines tièdes et égouttées, le sabich mangé aussitôt.

Le jaune des œufs est gris

Trop cuits. Neuf minutes dans l'eau bouillante, puis refroidis aussitôt dans l'eau froide, le jaune reste jaune vif et tendre.

Conservation & préparation anticipée

Le sabich monté ne se garde pas : la pita se détrempe en dix minutes. On monte à la demande, et tout le reste attend au réfrigérateur.

Les aubergines frites se gardent 3 jours au réfrigérateur, à plat, dans une boîte ; elles se servent tièdes, 1 minute à la poêle sans huile, ou à température ambiante comme le veut la tradition du shabbat. Elles ne se congèlent pas.

La sauce tahini se garde 4 jours au réfrigérateur, dans un bocal ; elle épaissit, on la détend d'une cuillère d'eau froide.

Les œufs durs se gardent 3 jours au réfrigérateur, non écalés.

L'amba en pot se garde 6 mois au réfrigérateur après ouverture ; le zhug maison, 1 semaine sous une couche d'huile ; la salade se fait au dernier moment.

Variantes

Le houmous maison

Notre houmous, le fond de la pita, à faire soi-même.

Le pain pita maison

Notre pita, à cuire épaisse et à ouvrir en poche.

Les falafels

Nos falafels, l'autre sandwich de rue d'Israël, dans la même pita.

Le sabich à l'assiette

Les aubergines frites tièdes disposées en éventail sur un grand plat, les œufs durs coupés en deux, le houmous en cuillerées, la salade au centre, la sauce tahini en filet sur les aubergines, l'amba et le zhug en petits bols, du persil, des pickles de navet rose, et les pitas chaudes à côté, coupées en quartiers : la version de table du sabich, où chacun compose sa bouchée, qui se sert en repas d'été pour six et qui se boit exactement comme le sandwich, rond, fruité, sans tanin.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'amba et par quoi le remplacer ?

L'amba est un condiment irakien de mangue verte fermentée au fenugrec, au curcuma et au vinaigre, aigre, salé, jaune vif, à l'odeur forte ; il se trouve en pot dans les épiceries orientales et en ligne. À défaut, une cuillère de chutney de mangue mêlée à une pointe de curcuma, de fenugrec en poudre et de vinaigre de cidre en donne une idée ; ce n'est pas pareil, mais c'est dans la direction.

Peut-on faire le sabich sans friture ?

Oui, avec des aubergines badigeonnées d'huile d'olive et rôties 25 minutes à 220 °C sur une plaque, retournées à mi-cuisson, jusqu'à ce qu'elles soient dorées et fondantes ; c'est plus léger et très bon, mais la chair est moins confite, et les puristes vous diront que ce n'est plus un sabich. Le dégorgeage au sel reste utile.

Quelle différence entre sabich et falafel ?

La même pita, le même houmous, la même salade et la même sauce tahini, mais le falafel est garni de boulettes de pois chiches frites, et le sabich d'aubergines frites et d'œufs durs, avec l'amba en plus. Le falafel est levantin, le sabich est irakien ; en Israël, on ne les mélange jamais dans la même pita, et on a tous son camp.

Peut-on tout préparer à l'avance ?

Oui, c'est fait pour : les aubergines frites la veille, les œufs durs, la sauce tahini, le houmous, l'amba et le zhug attendent au réfrigérateur ; seules la salade et le montage se font au dernier moment. C'est d'ailleurs ainsi qu'il est né, tout étant cuisiné le vendredi pour le petit-déjeuner du samedi.

Comment ouvrir la pita sans la déchirer ?

La pita réchauffée 1 minute au four ou 30 secondes à la poêle sèche, pour l'assouplir ; coupée au couteau à pain sur un tiers de sa circonférence seulement, puis ouverte doucement avec les doigts en poche profonde ; le houmous étalé aussitôt sur les parois la renforce. Une pita froide se casse, une pita trop ouverte s'effondre.

Quel vin servir avec ?

Un blanc rond et fruité sans bois, ou un blanc tendre à peine doux, à 9 °C, ou un rosé de fruit : le tahini est un gras amer, et l'amertume du sésame refuse le tanin et le bois, qui la rendent âpre. Un rouge tannique est le pire choix possible ; un blanc trop vif rend l'amba acide.

Le sabich vient du petit-déjeuner du shabbat des Juifs de Bagdad, aubergines frites la veille, œufs durs cuits toute la nuit dans le hamin, amba et salade, tout froid parce qu'on ne cuisine pas ce jour-là ; dans les années 1960, à Ramat Gan, un immigré irakien a mis le tout dans une pita pour les ouvriers, et le sabich est devenu, avec le falafel, le sandwich de rue d'Israël. Le nom vient de l'arabe sabah, le matin, ou des initiales de salat, beitza, yoter hatzilim, salade, œuf, plus d'aubergines, selon qu'on écoute les historiens ou les vendeurs. La recette est une affaire d'assemblage, et tout se prépare à l'avance.

L'aubergine, d'abord : 2 grosses aubergines, coupées en rondelles de 1 cm dans la longueur, salées au gros sel des deux côtés, 30 minutes dans une passoire, rincées, épongées fort dans un torchon ; frites par fournées dans 2 cm d'huile neutre à 170 °C, 3 minutes par face, jusqu'au brun doré profond, égouttées sur du papier, salées. Les œufs : 4 œufs cuits 9 minutes dans l'eau bouillante, refroidis, écalés, coupés en rondelles ; ou, à l'irakienne, cuits 6 heures à feu très doux dans de l'eau avec des pelures d'oignon, qui les brunissent et les rendent crémeux. La sauce tahini : 4 cuillères à soupe de tahini, le jus d'un citron, 1 gousse d'ail râpée, du sel, et de l'eau froide ajoutée en fouettant, la sauce épaissit d'abord puis se détend, jusqu'à la consistance d'une crème coulante.

La salade : 2 tomates et 1 concombre en très petits dés, du persil haché, jus de citron, sel, une cuillère d'huile d'olive, au dernier moment. L'amba : en pot, en épicerie orientale ; ou une cuillère de chutney de mangue mêlée à une pointe de curcuma, de fenugrec en poudre et de vinaigre. Le zhug, le condiment vert yéménite : piments verts, coriandre, ail, cumin, huile, mixés ; ou une harissa. Le montage, dans l'ordre : la pita réchauffée 1 minute au four ou à la poêle, ouverte en poche sur le tiers de sa circonférence ; 2 cuillères de houmous étalées au fond ; 3 ou 4 tranches d'aubergine tièdes, debout contre les parois ; les rondelles d'œuf ; la salade par-dessus ; la sauce tahini en filet généreux ; une cuillère d'amba ; une pointe de zhug ; du persil ; et, si on a, quelques rondelles de pomme de terre bouillie et des pickles de navet.

Le service : aussitôt, dans la main, avec une serviette, l'aubergine tiède et la salade froide ; c'est un sandwich qui coule, et qui doit couler. Les variantes : le sabich à l'assiette, tout disposé sur un plat, la pita à côté, pour une table ; le sabich au four, aubergines badigeonnées d'huile et rôties 25 minutes à 220 °C, plus léger, moins fondant ; le sabich à la pomme de terre, la version des kiosques, avec des rondelles bouillies ; et le sabich de shabbat, tout froid, œufs bruns du hamin, aubergines de la veille, la version d'origine. Le falafel, l'autre sandwich, se mange dans la même pita, mais jamais dans le même.

Le tahini : une pâte de sésame blanche, fluide, libanaise ou israélienne, jamais la pâte brune et amère de sésame complet ; c'est le tahini qui fait la sauce, et une mauvaise pâte fait un sabich amer. L'amba : en pot, marque irakienne ou israélienne, en épicerie orientale et en ligne ; il se garde des mois et sert sur tout.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château du Rooy RosetteChâteau du Rooy Rosette 8,80 €
Château Moulin Caresse Magie d'Automne BlancChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Blanc 9,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €

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