Assiette de varenyky ukrainiens, grandes demi-lunes à bord pincé, farce de pommes de terre visible, couverts d'oignons frits dorés et de lardons, cuillerée de crème aigre, aneth, fourchette à plat, verre de vin rouge clair

Plat

Varenyky : la recette des raviolis ukrainiens

  • Préparation : 1 h
  • Cuisson : 45 min
  • Repos : 30 min
  • Faible
  • 4 personnes, 40 pièces
  • Moyen
  • Hiver
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Ingrédients

4 personnes, 40 pièces

Ustensiles

  • UN PRESSE-PURÉE (L'OUTIL DU PLAT : la farce écrasée sèche, sans grumeau ni colle)
  • un rouleau à pâtisserie (la pâte à 2 mm)
  • un emporte-pièce ou un bol de 8 cm (les disques)
  • une grande poêle (les oignons 20 minutes, puis les lardons)
  • une grande casserole (l'eau qui frémit, douze varenyky à la fois)
  • une écumoire (égouttés sans les percer)

L'astuce du chef

Une farce cuite. C'est ce qui distingue le varenyk du pelmeni : la garniture est une purée, déjà assaisonnée, déjà bonne à manger ; la cuisson dans l'eau ne fait que cuire la pâte. On goûte donc la farce froide, et on la sale plus qu'une purée, parce que la pâte est fade.

Des pommes de terre farineuses, séchées. Bintje ou agria, égouttées et remises une minute sur le feu pour évaporer l'eau, écrasées au presse-purée : une farce sèche et légère. Une purée humide traverse la pâte ; une purée au mixeur devient de la colle.

Le fromage blanc égoutté. Le tvorog, ou une faisselle pressée une nuit dans un linge, apporte l'acidité et le moelleux sans eau ; un fromage blanc lisse détrempe la farce. Un tiers de fromage pour deux tiers de pommes de terre.

La farce froide. Chaude, elle ramollit la pâte, la perce et la déchire au pliage ; froide et ferme, elle se façonne en boudin et la soudure tient. On la fait donc en premier, une heure avant de plier.

Une pâte souple, à l'eau tiède et à l'huile. L'eau tiède et la cuillère d'huile donnent une pâte tendre, extensible, qui ne se déchire pas quand on la plie sur une grosse farce ; c'est une pâte plus molle que celle des pelmeni, et elle a besoin de trente minutes de repos.

Deux millimètres. Plus épaisse que celle des pelmeni, parce que la pièce est grande et la farce lourde ; à 1 mm, le varenyk se perce. À 3 mm, c'est un chausson.

La soudure en tresse. Les bords pincés une première fois, puis repliés en petits plis serrés l'un sur l'autre, en cordon : une double soudure qui ne s'ouvre pas dans l'eau, même sur une pièce de 8 cm. Un varenyk ouvert, c'est de la purée dans l'eau.

Vingt minutes d'oignons. Trois oignons dans 50 g de beurre, à feu moyen, remués, jusqu'au brun doré, fondants, sucrés : ce n'est pas une garniture, c'est la sauce du plat. Blonds au bout de cinq minutes, ils ne donnent rien ; brun doré au bout de vingt, ils font le varenyk.

Les lardons à part. Dorés seuls, dans leur gras, jusqu'à croustiller, puis réunis aux oignons : cuits ensemble, ils bouillent dans le jus d'oignon et restent mous.

L'eau frémit. Les varenyky sont grands, farcis lourd, à pâte tendre : à gros bouillon, ils se cognent, s'ouvrent et se vident. Ébullition d'abord, puis le feu baissé au frémissement, douze pièces à la fois, remuées une fois, 3 à 4 minutes après la remontée.

Couverts, pas décorés. Les oignons et les lardons, avec tout leur beurre, versés sur les varenyky chauds, généreusement ; une cuillère de crème aigre à côté, dans laquelle on trempe. C'est un plat de paysans, on ne compte pas le beurre.

Dans un plat bouilli, le seul élément doré commande le vin. Une pâte pochée, une purée, une crème : rien de grillé, rien de caramélisé, et un plat pareil se boirait blanc ou pas du tout. Mais les oignons frits vingt minutes au beurre, brun doré, et les lardons croustillants, sont la seule réaction de Maillard de l'assiette, et c'est à eux que le vin s'accroche : ils ouvrent au varenyk la porte d'un rouge léger et fruité, servi frais, que la pâte bouillie seule aurait fermée.

Préparation pas à pas

  1. Pommes de terre cuites 20 min, séchées, écrasées ; oignon fondu au beurre 10 min ; fromage blanc, sel, poivre 30 min

    La farce, refroidie complètement.

  2. Pâte : farine, œuf, eau tiède, huile, sel ; pétrie 8 min, souple ; repos 30 min 40 min

    Couverte.

  3. Pâte abaissée à 2 mm, disques de 8 cm 10 min

    Grands.

  4. Une cuillère à soupe de farce froide, pliée en demi-lune, bords pincés deux fois, en tresse 25 min

    La soudure ne s'ouvre pas.

  5. 3 oignons émincés dans 50 g de beurre, 20 min à feu moyen, brun doré 20 min

    Le seul élément doré du plat.

  6. Lardons dorés à part jusqu'à croustiller, réunis aux oignons 5 min

    Avec tout le beurre.

  7. Eau salée à frémissement, varenyky par douze, remués une fois ; 3 à 4 min après la remontée 10 min

    Jamais à gros bouillon.

  8. Égouttés, couverts d'oignons et de lardons, crème aigre, aneth, poivre

    Tout de suite.

Le conseil du caviste

Des varenyky ukrainiens farcis de pommes de terre et de fromage blanc, pochés, couverts d'oignons frits au beurre, de lardons fumés et de crème aigre.

Château Moulin Caresse Les Frangins Flingueurs à 14 °C, le rouge léger et fruité de Bergerac, sur les varenyky aux oignons et lardons.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne Rouge à 15 °C, le bergerac rouge plus ample, sur les varenyky poêlés du lendemain et sur la farce au chou et aux champignons.

Château Beynat Castillon Côtes de Bordeaux à 15 °C, le castillon souple, sur le grand plat de fête, quand les varenyky sont servis avec une viande.

Dans un plat bouilli, le seul élément doré commande le vin : une pâte pochée, une purée de pommes de terre et une crème n'ont rien à offrir à un rouge, rien de grillé, rien de caramélisé, aucune de ces molécules de Maillard auxquelles le fruit et le tanin s'accrochent, et un tel plat, seul, se boirait blanc ; mais les oignons frits vingt minutes au beurre jusqu'au brun doré et les lardons fumés croustillants sont la seule chose dorée de l'assiette, et c'est elle qui décide, parce que c'est elle qu'on goûte en premier et en dernier, et elle ouvre au varenyk la porte du rouge léger que la pâte bouillie avait fermée. C'est la règle des plats pochés à garniture dorée, les gnocchis au beurre noisette, les spaetzle aux oignons, les quenelles gratinées : on n'accorde pas ce qui a bouilli, on accorde ce qui a doré. Les Frangins Flingueurs de Moulin Caresse, un bergerac rouge léger, tout en fruit, presque sans tanin, servi à 14 °C, sont le vin de ces varenyky, le fruit rouge sur l'oignon caramélisé, la fraîcheur sur le beurre et la crème ; le Magie d'Automne rouge, plus ample, sur les varenyky poêlés du lendemain, où toute la pièce a doré, et sur la farce au chou et aux champignons, plus sombre ; et le Castillon de Beynat, souple et mûr, sur le repas de fête où les varenyky accompagnent une viande braisée. La règle des varenyky : on boit sur les oignons, pas sur la pâte.

À éviter : un rouge tannique ou boisé, que la crème aigre rend métallique, et un blanc vif, qui n'a rien à dire aux oignons frits.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

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Dépannage

Les varenyky s'ouvrent dans l'eau

Soudure simple, farce chaude ou eau qui bout trop fort. Les bords pincés deux fois, en tresse, une farce froide, et l'eau baissée au frémissement dès qu'ils sont dedans.

La pâte se déchire au pliage

Pâte trop sèche, pas reposée, ou farce chaude. De l'eau tiède et une cuillère d'huile dans la pâte, 30 minutes de repos, et une farce complètement froide.

La farce est collante et gluante

Pommes de terre à chair ferme, ou purée au mixeur. Des farineuses, écrasées au presse-purée, séchées une minute sur le feu avant.

Le plat est fade

Farce sous-salée, ou oignons pas assez cuits. La farce goûtée froide et salée plus qu'une purée ; les oignons 20 minutes, jusqu'au brun doré, pas blonds.

Les lardons sont mous

Cuits avec les oignons. Dorés à part, seuls, jusqu'à croustiller, puis réunis aux oignons au dernier moment.

Les varenyky collent entre eux dans le plat

Égouttés sans matière grasse. Une cuillère de beurre des oignons dessus dès qu'ils sortent de l'eau, et remués une fois.

Conservation & préparation anticipée

Les varenyky crus se congèlent 3 mois, rangés sans se toucher sur une plaque farinée 1 heure, puis en sac ; ils se cuisent directement congelés, 5 minutes après la remontée.

Les varenyky cuits se gardent 2 jours au réfrigérateur, beurrés, dans une boîte ; réchauffés à la poêle au beurre, dorés des deux côtés, ils sont meilleurs que le premier jour.

La farce se garde 2 jours au réfrigérateur, couverte, et se congèle 1 mois.

Les oignons frits et les lardons se gardent 3 jours au réfrigérateur, dans leur beurre, et se réchauffent à la poêle.

La pâte crue se garde 24 heures au réfrigérateur, enveloppée ; elle ne se congèle pas bien, elle devient cassante.

Variantes

Les pelmeni sibériens

Nos pelmeni, le cousin russe à farce de viande crue.

Les spaetzle

Nos spaetzle, l'autre pâte pochée puis dorée au beurre.

Les knödel

Nos knödel, les boulettes de pommes de terre d'Europe centrale.

Les varenyky aux cerises

500 g de cerises aigres dénoyautées, macérées 30 minutes avec 3 cuillères de sucre et 1 cuillère de fécule, égouttées, trois cerises par disque de 8 cm, pliés et pochés 3 minutes, servis avec de la crème aigre sucrée et le jus des cerises réduit de moitié : le dessert ukrainien de juillet, qui se mange tiède et qui, avec sa pâte pochée sans rien de doré, se boit avec un crémant demi-sec ou un thé, ce qui vérifie la règle par l'absence.

Questions fréquentes

Varenyky ou pierogi ?

Le même plat, avec deux noms : varenyky en ukrainien, pierogi en polonais, la même pâte souple et la même farce ruthène de pommes de terre et de fromage blanc, dite ruskie en Pologne. Les deux cuisines revendiquent l'origine ; les Ukrainiens en font un symbole national, les Polonais un plat de Noël.

Par quoi remplacer le tvorog ?

Par une faisselle égouttée une nuit au réfrigérateur dans un linge, puis pressée, qui donne un fromage sec et friable proche du tvorog ; ou par de la ricotta bien égouttée, plus douce, ou de la brousse. Il faut un fromage sec : un fromage blanc lisse détrempe la farce et perce la pâte.

Comment plier un varenyk ?

Un disque de 8 cm, une cuillère à soupe de farce froide façonnée en boudin au centre, le disque plié en deux et les bords pincés fermement entre le pouce et l'index sur toute la longueur ; puis une seconde fois, en repliant le bord sur lui-même en petits plis serrés, ce qui forme la tresse ukrainienne et une soudure qui ne s'ouvre pas.

Peut-on les faire à l'avance ?

Oui : crus, rangés sans se toucher sur une plaque farinée, 1 heure au congélateur puis en sac, ils se gardent 3 mois et se cuisent directement congelés, 5 minutes après la remontée. C'est la façon de faire en Ukraine, où on en plie cent en famille le dimanche. Au réfrigérateur crus, pas plus de 6 heures, la farce humidifie la pâte.

Peut-on les faire sans lardons ?

Oui, c'est la version de carême et de Noël, avec les oignons frits seuls, dans du beurre ou, en carême strict, dans de l'huile de tournesol ; la farce au chou et aux champignons se sert toujours sans lard. Les oignons, eux, ne se retirent jamais : ce sont eux qui font le plat.

Quel vin servir avec ?

Un rouge léger et fruité, servi frais à 14 °C : la pâte bouillie et la purée ne disent rien au vin, mais les oignons frits au beurre et les lardons croustillants sont dorés, et c'est à eux que le rouge s'accroche. Un bergerac plus ample sur les varenyky poêlés du lendemain. Jamais un rouge boisé, que la crème aigre rend métallique.

Les varenyky se mangent en Ukraine du petit-déjeuner au dîner, en plat, en dessert, à la fête et au deuil, et chaque région a sa farce : pommes de terre et fromage blanc en Galicie, chou et champignons en Polésie, cerises aigres l'été, foie, sarrasin, haricots ; les Polonais les appellent pierogi, avec la même pâte et la même farce ruthène, pommes de terre et fromage. La pâte est souple, plus tendre que celle des pelmeni, les pièces sont grandes, une bouchée et demie, et la garniture qui les couvre, oignons frits au beurre et lardons, est aussi importante que la farce.

La farce, d'abord, pour qu'elle refroidisse : 600 g de pommes de terre farineuses, bintje, épluchées, coupées, cuites 20 minutes dans l'eau salée ; égouttées, séchées une minute sur le feu, écrasées au presse-purée. Pendant ce temps, 1 oignon haché fin fondu 10 minutes dans 30 g de beurre, blond, sans colorer ; mêlé à la purée avec 200 g de fromage blanc égoutté ou de faisselle bien pressée, du sel, beaucoup de poivre ; la farce goûtée, elle doit être bien assaisonnée, et refroidie complètement. La pâte : 400 g de farine, 1 œuf, 20 cl d'eau tiède, 1 cuillère à soupe d'huile, 1 cuillère à café de sel ; pétrie 8 minutes, souple et lisse, plus molle qu'une pâte à nouilles ; couverte, 30 minutes de repos.

Le façonnage : la pâte abaissée à 2 mm, des disques de 8 cm ; une cuillère à soupe de farce froide au centre, façonnée en boudin ; le disque plié en demi-lune, les bords pincés fermement, puis pincés une seconde fois en petits plis serrés, en tresse, pour une soudure qui ne s'ouvre pas ; rangés sur un linge fariné. La garniture : 3 oignons émincés dans 50 g de beurre, à feu moyen, 20 minutes, remués, jusqu'à ce qu'ils soient brun doré, fondants, sucrés ; 150 g de lard fumé en petits dés, dorés à part jusqu'à croustiller, réunis aux oignons. La cuisson : une grande casserole d'eau salée à ébullition, le feu baissé à frémissement, les varenyky glissés par douze, remués une fois ; ils remontent en 2 minutes, et on compte 3 à 4 minutes après la remontée.

Le service : égouttés à l'écumoire, dans un plat chaud, couverts d'oignons frits et de lardons avec tout leur beurre, une cuillère de crème aigre, de l'aneth, du poivre ; on les mange à la fourchette, en trempant chaque pièce dans la crème. Les variantes : au chou et champignons, choucroute rincée et cèpes séchés revenus, la farce de Noël, sans lardons ; au fromage blanc sucré, tvorog, sucre, jaune d'œuf, vanille, servis avec de la crème et du sucre, le dessert des enfants ; aux cerises, dénoyautées, sucrées, la farce de juillet, avec un jus de cerises réduit ; et les varenyky poêlés, cuits la veille puis dorés au beurre, la meilleure façon de finir le plat.

Le fromage blanc : du tvorog en épicerie de l'Est, sec et friable, ou une faisselle égouttée une nuit dans un linge, pressée ; pas de fromage blanc lisse, trop humide. Les pommes de terre : farineuses, bintje ou agria, qui font une purée sèche ; une chair ferme fait une farce collante.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

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Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €

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