Bol en grès de pelmeni sibériens, petits raviolis pliés en anneau, pâte fine et translucide, beurre fondu, cuillerée de smetana, aneth ciselé, fourchette à plat, pain noir, verre de vin blanc, table en bois

Plat

Pelmeni : la recette des raviolis sibériens

  • Préparation : 1 h
  • Cuisson : 10 min
  • Repos : 50 min
  • Faible
  • 4 personnes, 60 pièces
  • Moyen
  • Hiver
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Ingrédients

4 personnes, 60 pièces

Ustensiles

  • UN ROULEAU À PÂTISSERIE (L'OUTIL DU PLAT : la pâte abaissée à 1 mm, on voit la main au travers)
  • un emporte-pièce ou un verre de 6 cm (les disques)
  • une grosse râpe (l'oignon râpé avec son jus)
  • une plaque farinée (les pelmeni rangés sans se toucher, 20 minutes au congélateur)
  • une grande casserole (3 litres d'eau, les pelmeni à l'aise)
  • une écumoire (égouttés sans les casser)

L'astuce du chef

Une pâte à l'eau et à l'œuf. Un œuf pour 400 g de farine, et de l'eau froide : c'est une pâte moins riche que la pâte italienne, plus ferme, qui s'abaisse très fin et supporte la congélation puis l'eau bouillante sans se déchirer. Dix minutes de pétrissage et trente de repos, pour qu'elle se détende.

Un millimètre. On doit voir la main au travers de la pâte abaissée : le pelmeni est une bouchée de viande dans un voile, pas une boulette de pain. À 2 mm, la pâte domine et le plat est lourd.

Moitié bœuf, moitié porc. Le bœuf donne le goût, le porc donne le gras et le moelleux ; le bœuf seul fait une farce grise et sèche, le porc seul une farce fade. La proportion sibérienne classique, à laquelle certains ajoutent un tiers d'agneau.

L'oignon râpé. Râpé à la grosse râpe, avec tout son jus, l'oignon se fond dans la farce et l'humidifie ; haché, il reste en morceaux croquants et crus, parce que trois minutes de cuisson ne suffisent pas à le cuire.

L'eau glacée. Cinq centilitres d'eau glacée battus dans la farce, trois minutes, jusqu'à ce qu'elle colle : les protéines de la viande retiennent l'eau, et c'est cette eau qui devient le jus qu'on trouve dans le pelmeni à la première bouchée. Sans elle, la farce est une boulette sèche.

Une cuillère à café rase. La farce doit remplir le pelmeni sans le tendre ; trop pleine, la pâte craque à la cuisson et la viande s'échappe. Le rapport est d'une part de farce pour une part de pâte, en poids.

Pincé sans air. La demi-lune fermée en chassant l'air vers le bord ; une bulle d'air dilate à la cuisson et fait éclater le ravioli. Les bords pincés fort, la pâte non farinée sur la soudure.

L'anneau. Les deux pointes de la demi-lune ramenées autour de l'index et soudées l'une sur l'autre : le pelmeni prend sa forme d'oreille, bombée, qui tient à la cuisson et retient le beurre dans son creux. C'est ce qui le distingue d'un ravioli.

Congelés vingt minutes. Passés au congélateur, les pelmeni se raffermissent, ne collent plus entre eux et ne se déforment pas dans l'eau ; c'est aussi ainsi qu'on les garde, en sac, et qu'on les cuit directement, sans décongeler.

Beaucoup d'eau, remués. Trois litres pour soixante pelmeni : l'eau ne doit pas cesser de bouillir quand on les jette. Remués aussitôt à la cuillère, sinon ils collent au fond et se déchirent. Trois minutes après la remontée, à frémissement : la viande est cuite, la pâte est tendre.

Beurre, smetana, vinaigre. Le beurre fondu enrobe et empêche de coller ; la smetana apporte l'acidité lactique et le gras ; le vinaigre blanc, quelques gouttes, à table, réveille tout, c'est la façon sibérienne. Et l'aneth, toujours, jamais le persil.

La crème aigre est un acide, pas un gras. On croit accorder une crème, et on raisonne comme sur une sauce au beurre ; mais la smetana, et avec elle le vinaigre, sont d'abord acides, et l'acidité lactique fait grincer les tanins d'un rouge. Un plat de viande sous crème aigre se boit blanc rond, rosé, ou rouge très léger et frais, jamais tannique : sur les pelmeni, un chardonnay sans excès de bois, un rouge de soif servi frais, ou un sémillon.

Préparation pas à pas

  1. Pâte : farine, œuf, eau froide, sel ; pétrie 10 min, lisse et ferme ; repos 30 min 40 min

    Enveloppée.

  2. Farce : bœuf, porc, oignon râpé, ail, sel, poivre ; 5 cl d'eau glacée battus dedans 3 min 5 min

    Collante et homogène.

  3. Pâte abaissée à 1 mm, disques de 6 cm 15 min

    Par quart.

  4. Une cuillère à café rase de farce, pliée en demi-lune, bords pincés sans air 20 min

    Ferme.

  5. Les deux pointes réunies autour du doigt et soudées en anneau

    L'oreille de pain.

  6. Rangés sur plaque farinée, 20 min au congélateur 20 min

    Ils se tiennent ; ou en sac 3 mois.

  7. 3 l d'eau salée, laurier, poivre, grande ébullition ; pelmeni jetés, remués ; 3 min après la remontée 6 min

    Congelés ou non.

  8. Égouttés en bols chauds, beurre fondu, smetana, aneth, poivre, vinaigre à table

    Tout de suite.

Le conseil du caviste

Des pelmeni sibériens à la farce crue de bœuf et de porc, pochés trois minutes, servis au beurre fondu, à la smetana, à l'aneth et au vinaigre.

Domaine de Mayat Chardonnay à 11 °C, le chardonnay rond de Bergerac, sur les pelmeni à la smetana.

Château Beynat Léonard à 14 °C, le rouge léger et frais de Castillon, sur les pelmeni frits au beurre et sur la version à l'agneau.

Moulin Caresse Le Sémillon à 10 °C, le sémillon de Bergerac, sur les pelmeni en bouillon et sur la version au poisson.

La crème aigre est un acide, pas un gras : la smetana, et le vinaigre qu'on verse à table avec elle, apportent au pelmeni une acidité lactique franche, et cette acidité change le camp du plat, car un rouge tannique, qu'on choisirait d'instinct sur une farce de bœuf, grince sur l'acide, ses tanins durcissent et le vin devient métallique, tandis qu'un blanc rond, dont l'acidité est du même bord que la crème, l'accompagne sans heurt et laisse le beurre et la viande parler. C'est la règle de tous les plats à la crème aigre, le bortsch à la smetana, le bœuf Stroganov, les blinis à la crème : l'acide dans l'assiette, le rond dans le verre, et jamais de tanin. Le chardonnay du domaine de Mayat, rond, beurré, sans excès de bois, à 11 °C, est le vin de ces pelmeni, sa rondeur répond au beurre fondu et son acidité douce se fond dans la smetana ; le Léonard de Beynat, un rouge de Castillon léger, frais, presque sans tanin, servi à 14 °C, sur les pelmeni frits du lendemain, où le beurre roussi appelle le fruit rouge, et sur la version à l'agneau ; et le Sémillon de Moulin Caresse, un blanc de Bergerac gras et droit, sur les pelmeni en bouillon et sur la farce au poisson des fleuves. La règle des pelmeni : la crème aigre commande, et elle refuse le tanin.

À éviter : un rouge tannique ou boisé, que la smetana et le vinaigre rendent métallique, et un blanc trop vif, qui double l'acide.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €
Château Beynat LéonardChâteau Beynat Léonard 14,50 €
Moulin Caresse Le SémillonMoulin Caresse Le Sémillon 7,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Les pelmeni éclatent à la cuisson

Air emprisonné, trop de farce, ou eau qui bout trop fort. La demi-lune fermée en chassant l'air, une cuillère à café rase de farce, et le feu baissé à frémissement dès la remontée.

La farce est sèche, sans jus

Pas d'eau glacée, ou viande trop maigre. Cinq centilitres d'eau glacée battus dans la farce jusqu'à ce qu'elle colle, et une viande avec 15 % de gras, paleron et échine.

La pâte est épaisse et pâteuse

Abaissée à 2 mm. Un millimètre, on voit la main au travers ; la pâte reposée 30 minutes s'abaisse sans se rétracter.

Les pelmeni collent entre eux avant la cuisson

Rangés en tas ou posés humides. Sans se toucher, sur une plaque farinée, et 20 minutes au congélateur avant de les réunir en sac.

Les pelmeni collent au fond de la casserole

Pas remués. Une grande eau à grande ébullition, et un tour de cuillère dès qu'ils sont jetés, puis un second une minute après.

L'oignon croque dans la farce

Haché au lieu de râpé. Râpé à la grosse râpe, avec son jus, il se fond dans la viande en trois minutes de cuisson.

Conservation & préparation anticipée

Les pelmeni crus se congèlent 3 mois, raffermis 20 minutes sur une plaque puis en sac ; ils se cuisent directement congelés, 4 minutes après la remontée. C'est la façon de faire en Russie, on n'en fabrique jamais pour un seul repas.

Les pelmeni crus ne se gardent pas au réfrigérateur plus de 12 heures : la farce humidifie la pâte, qui colle et se déchire. Congelés, toujours.

Les pelmeni cuits se gardent 2 jours au réfrigérateur, beurrés, dans une boîte ; réchauffés à la poêle au beurre, dorés, ils sont meilleurs que réchauffés à l'eau.

La farce crue se garde 24 heures au réfrigérateur, couverte, et se congèle 2 mois.

La pâte crue se garde 24 heures au réfrigérateur, enveloppée, et 1 mois au congélateur.

Variantes

Les khinkali géorgiens

Nos khinkali, le cousin du Caucase, gros et plein de bouillon.

Les ravioli ricotta épinards

Nos ravioli, la version italienne au beurre de sauge.

Le bortsch

Notre bortsch, l'autre plat à la smetana, en entrée avant les pelmeni.

Les pelmeni frits du lendemain

Les pelmeni cuits la veille, égouttés et beurrés, jetés dans une poêle avec 40 g de beurre bien chaud, sans les remuer pendant 2 minutes, puis retournés, jusqu'à ce qu'ils soient dorés et croustillants sur deux faces, servis avec la smetana, l'aneth et un peu de moutarde russe : la façon dont on finit les restes en Sibérie, et beaucoup préfèrent cette version à la première, où le beurre roussi et la croûte appellent, pour une fois, un rouge léger servi frais.

Questions fréquentes

Quelle différence entre pelmeni et varenyky ?

Les pelmeni, russes et sibériens, sont petits, fermés en anneau, farcis de viande crue qui cuit dans l'eau, servis au beurre, à la smetana et au vinaigre. Les varenyky, ukrainiens, sont plus grands, en demi-lune, farcis de garnitures déjà cuites, pommes de terre, fromage blanc, chou, cerises, servis avec des oignons frits et de la crème. Deux pâtes proches, deux plats différents.

Peut-on les faire à l'avance ?

Oui, et c'est fait pour : les pelmeni crus se congèlent 3 mois sur une plaque puis en sac, et se cuisent directement congelés, 4 minutes après la remontée. On en fait 200 le dimanche, et on a des dîners de dix minutes pour un mois. Au réfrigérateur crus, en revanche, pas plus de 12 heures.

Quelle viande choisir ?

Moitié bœuf, moitié porc, hachés ensemble avec 15 % de gras : du paleron ou de la macreuse pour le bœuf, de l'échine pour le porc, hachés par le boucher à la grille moyenne. Le steak haché maigre donne une farce sèche. Certains ajoutent un tiers d'agneau, à la façon de l'Oural.

Comment plier un pelmeni ?

Un disque de 6 cm, une cuillère à café rase de farce au centre, le disque plié en deux et les bords pincés fermement en chassant l'air ; puis les deux pointes de la demi-lune ramenées autour de l'index et pressées l'une sur l'autre, ce qui forme un petit anneau bombé, l'oreille. Trois secondes par pièce quand on a le coup de main, une heure pour soixante au début.

Par quoi remplacer la smetana ?

Par de la crème fraîche épaisse à 30 % additionnée d'une cuillère à café de jus de citron par 20 cl, qui retrouve à peu près l'acidité et l'épaisseur de la smetana ; ou par un mélange à parts égales de crème épaisse et de yaourt grec. La crème liquide ne convient pas, trop fluide et pas assez acide.

Quel vin servir avec ?

Un blanc rond, un chardonnay de Bergerac à 11 °C : la smetana et le vinaigre sont acides, et un rouge tannique grince dessus. Un rouge très léger et frais, à 14 °C, sur les pelmeni frits au beurre du lendemain ; un sémillon sur la version en bouillon. Jamais un rouge boisé.

Les pelmeni viennent de l'Oural et de la Sibérie, où on les fabriquait par centaines à la fin de l'automne, en famille, et où on les congelait dehors, dans des sacs de toile pendus sous le toit, pour tout l'hiver ; le mot vient du komi pel'nyan', oreille de pain, pour leur forme. Ce sont de petits raviolis fermés, à farce de viande crue, qu'on cuit directement dans l'eau, congelés, en trois minutes, et qu'on mange dans un bol avec du beurre, de la crème aigre et du vinaigre. C'est le plat du dimanche soir de toute la Russie, et il tient en trois gestes : une pâte, une farce, un pliage.

La pâte : 400 g de farine en fontaine, 1 œuf, 15 cl d'eau froide, 1 cuillère à café de sel ; pétrie 10 minutes, jusqu'à une boule lisse, ferme, élastique ; enveloppée, 30 minutes de repos. La farce : 250 g de bœuf haché, 250 g de porc haché, 1 oignon râpé à la grosse râpe, avec son jus, 2 gousses d'ail pressées, 1 cuillère à café de sel, du poivre noir généreux ; 5 cl d'eau glacée ajoutés en battant la farce à la main ou à la cuillère, 3 minutes, jusqu'à ce qu'elle soit collante et homogène. Au frais.

Le façonnage : la pâte en quatre, chaque quart abaissé à 1 mm sur le plan fariné, des disques de 6 cm à l'emporte-pièce ou au verre ; une noisette de farce, une cuillère à café rase, au centre ; le disque plié en demi-lune, les bords pincés fermement sans air à l'intérieur ; puis les deux pointes de la demi-lune ramenées l'une vers l'autre et soudées, autour du doigt, en un petit anneau bombé. Les pelmeni rangés sans se toucher sur une plaque farinée ; 20 minutes au congélateur, ils se tiennent, ou en sac pour trois mois. La cuisson : une grande casserole, 3 litres d'eau, 1 cuillère à soupe de sel, 2 feuilles de laurier, quelques grains de poivre, à grande ébullition ; les pelmeni jetés, congelés ou non, remués à la cuillère pour qu'ils ne collent pas au fond ; ils remontent en 2 minutes, et on compte 3 minutes après la remontée, à frémissement.

Le service : égouttés à l'écumoire, dans des bols chauds, 50 g de beurre fondu dessus, une grosse cuillère de smetana, de l'aneth ciselé, du poivre, et un filet de vinaigre blanc à table, à la sibérienne ; ou une louche du bouillon de cuisson dans le bol, en soupe. Les variantes : à l'agneau, farce d'agneau haché, oignon, coriandre, la version de l'Oural ; au poisson, brochet ou saumon haché avec un peu de lard, la version des fleuves ; frits, les pelmeni cuits puis dorés au beurre à la poêle, le lendemain, croustillants ; et le bouillon, les pelmeni servis dans leur eau de cuisson enrichie d'un cube de bouillon de bœuf, avec l'aneth. Le plat voisin, les varenyky, a une farce cuite et végétale : ce sont deux plats.

La viande : du bœuf à hacher avec un peu de gras, paleron ou macreuse, et de l'échine de porc, hachés ensemble à la grille moyenne par le boucher ; pas de steak haché à 5 %, trop sec. La smetana : en épicerie de l'Est, ou remplacée par de la crème fraîche épaisse à 30 %, additionnée d'une cuillère de jus de citron.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €
Château Beynat LéonardChâteau Beynat Léonard 14,50 €
Moulin Caresse Le SémillonMoulin Caresse Le Sémillon 7,90 €

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