Bortsch rouge vif dans un bol en grès, cuillerée de crème aigre et aneth, tranches de pain de seigle à côté

Soupe

Bortsch : la couleur se perd à la cuisson, l'acide et une betterave crue la rendent

La bétanine, le pigment de la betterave, se dégrade au-dessus de 70 °C et le bortsch vire au brique. Deux gestes la sauvent : un acide dès le départ, et une betterave râpée crue ajoutée en toute fin de cuisson.

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 2 h 30
  • Repos : Une nuit au frais, le bortsch est meilleur le lendemain
  • Économique
  • 8 personnes
  • Moyen
  • Hiver
Aller à la recette

Ingrédients

8 personnes

Ustensiles

  • une grande cocotte à couvercle (couverte : moins d'oxygène au contact, moins de pigment détruit)
  • une râpe à gros trous (pour la betterave crue de la fin, et pour celles qui cuisent)
  • des gants ou un plan de travail protégé (la bétanine tache tout, c'est le même pigment)
  • une écumoire (on écume le bouillon les vingt premières minutes)
  • un couteau bien affûté (les légumes se taillent en bâtonnets, pas en dés)

L'astuce du chef

La bétanine se dégrade au-dessus de 70 °C. C'est le pigment rouge de la betterave, et c'est lui qui explique la couleur brique après deux heures de casserole.

Ce ne sont pas des anthocyanes. Rien à voir avec le chou rouge, qui vire au bleu selon le pH : ici le pigment ne change pas de teinte, il se détruit.

L'acide le stabilise. À pH bas, la bétanine résiste beaucoup mieux à la chaleur : le vinaigre entre au tout début, pas à la fin.

L'oxygène accélère la dégradation. D'où la cocotte couverte et le refus des gros bouillons, qui brassent l'air dans le liquide.

Une betterave crue râpée en fin de cuisson rend la couleur. Elle libère un pigment neuf dans les cinq dernières minutes, avant d'avoir eu le temps de cuire.

Elle apporte aussi de la fraîcheur. Son goût terreux est encore intact, là où les betteraves longuement cuites sont devenues sucrées et molles.

Le sucre équilibre l'acide. Une cuillère à café ne sucre pas la soupe, elle empêche le vinaigre de dominer.

Les légumes se taillent en bâtonnets. C'est la coupe traditionnelle, et elle tient mieux à un mijotage long que des dés, qui se défont.

Le chou entre en dernier. Dix minutes suffisent : au-delà, il libère les composés soufrés qui font la mauvaise réputation des soupes au chou.

L'ail entre cru, hors du feu. C'est un usage ukrainien constant : cuit, il disparaît complètement dans un bouillon aussi long.

Le bortsch est meilleur le lendemain. Le repos d'une nuit fond les saveurs, et le réchauffage doux ne coûte presque rien à la couleur.

La crème aigre ne se cuit pas. Posée dans l'assiette, elle garde son acidité vive et son contraste avec le rouge.

Préparation pas à pas

  1. Faire un bouillon de bœuf, écumé 120 min

    Viande à l'eau froide, laurier, poivre, 2 heures à petits frémissements. On écume les 20 premières minutes.

  2. Râper 4 betteraves et les faire revenir 10 min

    À l'huile, avec l'oignon et le concentré de tomate. Elles ne doivent pas brunir, seulement s'assouplir.

  3. AJOUTER LE VINAIGRE MAINTENANT 1 min

    Sur les betteraves, avant tout mouillement. L'acide stabilise la bétanine et fixe le rouge pour toute la cuisson.

  4. Verser le bouillon, ajouter pommes de terre et carottes 15 min

    À couvert, à petits frémissements. Jamais de gros bouillons : chaleur et oxygène détruisent le pigment.

  5. Ajouter le chou en lanières 10 min

    Il doit rester légèrement ferme. Trop cuit, il donne l'odeur soufrée qu'on reproche au bortsch.

  6. Remettre la viande effilochée et rectifier 5 min

    Sel, sucre, et un peu de vinaigre si le rouge a faibli. Le sucre équilibre l'acide, il ne sucre pas la soupe.

  7. RÂPER LA BETTERAVE CRUE ET L'AJOUTER 5 min

    Dans les 5 dernières minutes, feu coupé ou presque. Elle libère un pigment neuf qui n'a pas eu le temps de cuire : la couleur revient d'un coup.

  8. Ail écrasé cru, repos, puis crème et aneth 5 min

    L'ail entre cru hors du feu. Le bortsch est meilleur le lendemain : crème aigre et aneth au service.

Le conseil du caviste

Le bortsch est acidulé, terreux, légèrement sucré par la betterave, et charnu par le bouillon de bœuf. Il demande un rouge léger ou un blanc vif, jamais un vin lourd.

Le Bergerac Domaine de Mayat à 15 °C est l'accord le plus juste : souple, fruité, il suit le bœuf sans écraser la betterave.

Le Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord à 9 °C sur une version sans viande, plus végétale.

Le Moulin Caresse Le Sauvignon à 10 °C si vous chargez en vinaigre et en aneth : son acidité tient tête à l'acidité du plat.

C'est le vinaigre qui commande ici : plus la soupe est acide, plus le vin doit l'être, sinon il paraît mou et sucré.

À éviter : un rouge tannique et boisé, dont la vanille se heurte au sucre terreux de la betterave.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Le bortsch est brun, pas rouge

La bétanine s'est dégradée à la cuisson. On râpe une betterave crue dans les cinq dernières minutes : elle libère un pigment neuf et la couleur revient.

Il a perdu sa couleur au réchauffage

Même mécanisme. On réchauffe à couvert sans bouillir, et on peut râper une betterave crue à ce moment-là.

Le rouge n'a pas tenu malgré tout

L'acide manquait au départ. Vinaigre ou citron entrent sur les betteraves, avant le mouillement, pas en fin de recette.

C'est trop acide

Une cuillère à café de sucre rééquilibre sans sucrer. Elle fait partie de la recette, ce n'est pas un rattrapage.

Ça sent le chou

Le chou a trop cuit. Il entre dans les dix dernières minutes et doit rester légèrement ferme.

Le bouillon est trouble

Il a bouilli, ou n'a pas été écumé. On démarre à l'eau froide et on écume les vingt premières minutes.

Conservation & préparation anticipée

Le bortsch se garde 4 jours au réfrigérateur, et il est meilleur le lendemain qu'au premier jour.

Il se réchauffe doucement, à couvert, sans jamais bouillir : chaque ébullition coûte encore un peu de rouge.

On peut râper une betterave crue au réchauffage pour lui rendre sa couleur, exactement comme au premier service.

Il se congèle 3 mois, mais la couleur souffre : la pomme de terre supporte mal la congélation, mieux vaut l'ajouter au réchauffage.

La crème aigre ne se congèle pas et ne se mélange jamais à la casserole : elle se pose dans l'assiette.

Variantes

Bortsch maigre

Sans viande, sur un bouillon de champignons séchés, servi les jours de jeûne. La règle de la couleur est identique.

Avec des pampouchky

Les petits pains à l'ail servis à côté, qu'on trempe dans la soupe. C'est le service ukrainien complet.

La betterave seule

Pour comprendre sa cuisson et son saignement : nos betteraves rôties au four.

L'autre soupe qui change de couleur

Anthocyanes cette fois, et virage au bleu : notre soupe de chou rouge aux lardons.

Questions fréquentes

Pourquoi mon bortsch devient-il brun ?

Parce que la bétanine, le pigment de la betterave, se dégrade au-dessus de 70 °C. Deux heures de mijotage en détruisent une grande partie, et ce qui reste vire au jaune brun.

Comment lui rendre sa couleur rouge ?

En râpant une betterave crue et en l'ajoutant dans les cinq dernières minutes. Elle libère un pigment neuf qui n'a pas eu le temps de cuire.

Quand mettre le vinaigre ?

Dès le début, sur les betteraves, avant le mouillement. À pH bas la bétanine est bien plus stable, et le rouge tient toute la cuisson.

Faut-il couvrir la cocotte ?

Oui. L'oxygène accélère la dégradation du pigment, et de gros bouillons brassent l'air dans le liquide.

Le bortsch est-il meilleur le lendemain ?

Oui, le repos d'une nuit fond les saveurs. Il faut seulement le réchauffer doucement et à couvert, chaque ébullition coûtant encore un peu de rouge.

Quel vin servir avec un bortsch ?

Un bergerac rouge souple à 15 °C sur la version au bœuf. Si vous chargez en vinaigre, un sauvignon à 10 °C tient mieux tête à l'acidité.

Le bortsch qu'on voit en photo est d'un rouge profond, presque lumineux. Celui qui sort de la casserole après deux heures est très souvent brun rouge, terne, couleur brique. La recette était bonne : c'est la chimie du pigment qui a fait son travail.

La couleur de la betterave vient d'une famille de pigments, les bétalaïnes, dont la principale est la bétanine. Ce sont des molécules fragiles, qui n'ont rien à voir avec les anthocyanes du chou rouge : elles se dégradent au-dessus de 70 °C environ, et la dégradation s'accélère avec le temps de cuisson et l'oxygène. Deux heures de mijotage suffisent à en détruire une grande partie, et ce qui reste vire au jaune brun.

Deux gestes s'opposent à cela. Le premier est l'acide : à pH bas, la bétanine est nettement plus stable. Un filet de vinaigre ou du jus de citron dès le début de la cuisson, et le rouge tient beaucoup mieux. Le second est un rattrapage : on garde une betterave crue, on la râpe, et on l'ajoute dans les cinq dernières minutes. Elle libère un pigment neuf qui n'a pas eu le temps de cuire.

Le reste est un bouillon de bœuf long, des légumes coupés en bâtonnets et non en dés, et une cuillerée de crème aigre au moment de servir.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €

Voir tous nos vins →

Vous recevez ?

Combien de bouteilles prévoir ?

Dites le nombre de convives : l'assistant calcule les quantités à partir des doses de restaurant et propose des bouteilles de la cave, à panacher librement.

Calculer pour Bortsch
Retour