Le nougat est l'une des rares préparations où le temps ne veut rien dire. Deux batteurs identiques, deux jours différents, et la même recette donnera un nougat qui colle aux dents ou un nougat qui se casse. La raison est simple : ce qu'on fabrique, c'est un taux d'humidité, et il dépend de l'air ambiant autant que du feu.
Le principe est celui d'une meringue au miel, dans laquelle on incorpore un sirop de sucre cuit. Les blancs battus retiennent des bulles d'air ; le sucre et le miel chauds y apportent une masse qui, en refroidissant, va se figer autour de ces bulles. Plus il reste d'eau dans la masse, plus le nougat sera tendre ; moins il en reste, plus il sera cassant.
D'où la seule mesure qui vaille : le test à l'eau froide. On prélève une noisette de pâte, on la laisse tomber dans un verre d'eau glacée, on la récupère entre les doigts. Molle et collante, il faut continuer à sécher. Ferme mais malléable, c'est un nougat tendre. Cassante sous la dent, c'est un nougat dur.
Il en découle une conséquence pratique que personne n'écrit : on ne fait pas de nougat un jour de pluie. Le sucre est hygroscopique, il capte l'humidité de l'air, et par temps humide la masse ne finit jamais de sécher.







