Poularde demi-deuil : volaille pochée aux lamelles de truffe noire visibles sous la peau, nappée de sauce suprême

Plat principal

Poularde demi-deuil : la volaille truffée pochée de Lyon

Le plat emblématique de la cuisine lyonnaise : une belle poularde piquée de lamelles de truffe noire glissées sous la peau — d'où son « demi-deuil » —, pochée doucement dans un bouillon de légumes puis nappée d'une sauce suprême. Une volaille d'une tendreté absolue.

  • Préparation : 40 min
  • Cuisson : 1 h 20
  • Repos : 12 h
  • Coût modéré
  • 6 personnes
  • Expert
  • Hiver

Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • faitout (assez grand pour la volaille)
  • couteau
  • planche à découper
  • casserole
  • fouet
  • écumoire
  • louche
  • passoire

L'astuce du chef

Deux temps forts. 1° Le truffage : décollez la peau des suprêmes et du haut des cuisses avec les doigts, sans la percer, glissez-y des lamelles de truffe régulières, remettez la peau en place, bridez et laissez macérer une nuit au réfrigérateur, emballé, pour diffuser le parfum. 2° Le pochage : plongez la poularde bridée dans un bouillon de légumes aromatique et maintenez un frémissement doux (autour de 90 °C) jusqu'à cuisson à cœur ; ne laissez jamais bouillir. Prélevez du bouillon pour monter une sauce suprême (velouté de volaille crémé) qui nappera la volaille.

Préparation pas à pas

  1. Truffer la poularde (la veille) 20 min

    Décollez délicatement la peau des blancs et du haut des cuisses sans la déchirer, glissez-y les lamelles de truffe. Remettez la peau en place, bridez, emballez et réservez une nuit au réfrigérateur.

  2. Préparer le bouillon 10 min

    Le lendemain, mettez dans un grand faitout carottes, poireaux, oignon clouté, céleri, bouquet garni et les abattis. Couvrez d'eau, salez au gros sel, portez à frémissement.

  3. Pocher la poularde 1 h 15

    Plongez la poularde bridée dans le bouillon frémissant. Maintenez un frémissement doux, à couvert, environ 1 h 15, jusqu'à ce qu'elle soit cuite à cœur : le jus doit être clair. Écumez au besoin.

  4. Monter la sauce suprême 12 min

    Réalisez un roux blond beurre-farine, mouillez de bouillon filtré chaud en fouettant, cuisez 8 minutes. Ajoutez la crème (et, hors du feu, le jaune si vous liez davantage), rectifiez sel et poivre blanc.

  5. Repos et découpe 8 min

    Laissez la poularde reposer quelques minutes hors du bouillon, retirez la bride et découpez-la en portions, en préservant les lamelles de truffe visibles sous la peau.

  6. Dresser 3 min

    Nappez les morceaux de sauce suprême bien chaude, accompagnez de riz ou de légumes du bouillon. Servez aussitôt.

Le conseil du caviste

Volaille truffée et sauce crémée réclament un blanc sec ample et un rien évolué, servi à 12 °C. Un Bergerac blanc de garde aux notes de fruits mûrs épouse la truffe ; un Chardonnay beurré souligne la sauce suprême. Évitez les blancs trop acidulés, qui casseraient l'harmonie crémeuse du plat.

Les bouteilles de la cave

Dépannage

La chair est sèche et filandreuse

Le bouillon a bouilli : à gros bouillons la volaille se dessèche. Maintenez un simple frémissement tout au long du pochage.

La truffe ne parfume pas assez

La macération a été trop courte : truffez toujours la veille et laissez reposer une nuit entière au frais, bien emballé.

La sauce suprême est trop liquide

Le velouté n'a pas assez réduit : prolongez la cuisson du roux mouillé, la crème et l'éventuel jaune l'épaississent ensuite.

La peau s'est déchirée au truffage

Décollez-la avec les doigts, doucement, en partant du cou ; une peau percée laisse fuir le jus mais reste tout à fait servable.

Conservation & préparation anticipée

La poularde pochée se garde 2 à 3 jours au réfrigérateur, immergée dans son bouillon filtré, et se réchauffe doucement dedans sans bouillir. La sauce suprême se conserve 2 jours et se réchauffe au bain-marie. Ne la faites pas bouillir si elle contient un jaune d'œuf. Le bouillon dégraissé fait un excellent consommé.

Variantes

Sauce aux morilles

Ajoutez à la sauce suprême des morilles réhydratées et étuvées au beurre : un mariage classique avec la volaille truffée.

En vessie

La version des grands chefs : pochez la poularde truffée enfermée dans une vessie, qui concentre encore les parfums. Technique délicate, réservée aux initiés.

Aux quenelles

Accompagnez de petites quenelles de volaille pochées dans le même bouillon, pour un plat encore plus lyonnais.

Questions fréquentes

Pourquoi « demi-deuil » ?

À cause du contraste des lamelles de truffe noire visibles sous la peau blanche de la volaille : le noir et le blanc évoquent la tenue de demi-deuil d'autrefois.

Poularde ou poulet ?

La poularde, jeune femelle engraissée, offre une chair plus grasse, plus tendre et plus goûteuse, idéale pour le pochage. Un bon poulet fermier convient à défaut, avec un temps de cuisson adapté.

Peut-on utiliser de la truffe en conserve ?

Oui, une truffe d'hiver en conserve de qualité dépanne, mais la truffe fraîche de saison donne un parfum incomparable. Truffez toujours la veille.

Que faire du bouillon ?

Filtré et dégraissé, il devient un magnifique bouillon de volaille, base de consommés, de risottos ou de sauces. Ne le jetez surtout pas.

La poularde demi-deuil doit son nom poétique aux lamelles de truffe noire glissées sous sa peau blanche : le noir et le blanc, comme un demi-deuil. Rendue célèbre par les mères lyonnaises et servie dans les plus grandes maisons, c'est une volaille pochée d'une délicatesse rare. La recette complète est ci-dessus ; voici les gestes qui font la réussite et l'accord du caviste.

Truffer sous la peau, la veille

Le geste signature consiste à décoller délicatement la peau des blancs et des cuisses, sans la déchirer, pour y glisser des lamelles de truffe. On referme, on emballe la poularde et on la laisse reposer une nuit au frais : le parfum de la truffe imprègne alors toute la chair. C'est cette macération qui fait la profondeur du plat ; il faut donc s'y prendre la veille.

Le pochage, garant de la tendreté

La poularde est pochée dans un bouillon de légumes frémissant, jamais bouillant : à gros bouillons, la chair se dessécherait et se déferait. On la bride pour qu'elle garde sa forme, on la plonge dans le bouillon aromatique et on maintient un frémissement paisible jusqu'à ce qu'elle soit cuite à cœur et fondante. Le bouillon, filtré, sert ensuite de base à la sauce suprême — un velouté crémé qui nappe la volaille et met la truffe en valeur.

Quel vin avec la poularde demi-deuil ?

Volaille noble, sauce crémée et truffe : il faut un vin blanc sec ample et racé, un rien évolué, servi à 12 °C. Un blanc sec de garde aux notes de fruits mûrs épouse la truffe ; un Chardonnay rond et beurré souligne la sauce suprême.

Dans l'esprit d'un grand repas

La demi-deuil dialogue avec les autres volailles de fête, comme la poularde Albufera ou la poularde Derby au foie gras. Ouvrez le repas sur un consommé Célestine. Nos cavistes vous conseillent en boutique à Sainte-Foy-la-Grande et Creysse.

Allergènes

Contient lait (beurre, crème de la sauce), gluten (farine du velouté) et œuf (liaison éventuelle). La volaille doit être cuite à cœur : le jus doit être clair. Conservez la poularde truffée bien au frais pendant sa nuit de macération et servez le plat chaud, sans le laisser attendre à température ambiante.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

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