Rôti de veau ficelé à la croûte dorée et laquée, tranché pour montrer une chair pâle et rosée, jus brun, échalotes et carottes confites

Plat

Rôti de veau : ni le gras du porc ni le collagène du bœuf, donc 65 °C et pas un degré de plus

Le veau est la viande la plus facile à dessécher : peu de gras, peu de collagène, donc rien pour compenser une minute de trop. Cuisson douce, sonde à 65 °C, et un repos aussi long que la cuisson est court.

  • Préparation : 15 min
  • Cuisson : 1 h 15
  • Repos : 15 min
  • Élevé
  • 6 personnes
  • Facile
  • Toute l'année

Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • une cocotte en fonte allant au four (pour saisir puis rôtir dans le même récipient)
  • un thermomètre sonde (indispensable : sur le veau, l'œil ne suffit pas)
  • une cuillère à arroser
  • du papier aluminium (pour le repos, posé sans serrer)

L'astuce du chef

Le veau n'a aucune réserve. C'est un animal jeune : sa chair contient très peu de gras intramusculaire, et son tissu conjonctif n'est pas encore développé. Un rôti de porc se pardonne parce que son gras fond et arrose la chair ; une pièce de bœuf à braiser se pardonne parce que son collagène devient gélatine. Le veau rôti n'a ni l'un ni l'autre, et chaque degré au-dessus de la cible se paie immédiatement.

65 °C, c'est la cible. Vers 68 ou 70 °C, les protéines musculaires achèvent de se contracter et expulsent l'eau retenue : la viande passe de rosée et juteuse à grise et fibreuse en très peu de temps. La sonde n'est pas un luxe ici, c'est le seul contrôle fiable.

150 °C plutôt que 200 °C. Plus le four est chaud, plus l'écart de température est grand entre la surface et le cœur : quand le centre atteint 65 °C, le pourtour est déjà à 80 °C et cuit. Une chaleur douce réduit cet écart et donne une chair homogène.

La barde remplace le gras absent. Une fine barde de lard fond lentement et arrose la surface pendant toute la cuisson. Demandez-la au boucher : c'est un service, pas un supplément de goût.

L'arrosage n'est pas une superstition. Il ne fait pas pénétrer le jus dans la viande, mais il maintient la surface humide et grasse, ce qui ralentit l'évaporation et évite la croûte sèche.

On mouille à mi-hauteur, jamais plus. Au-delà, ce n'est plus un rôti mais un braisage : la surface ne colore plus et le jus se dilue. Pour un vrai braisage de veau, voir notre jarret de veau, qui est un morceau riche en collagène, donc l'exact contraire.

Quinze minutes de repos. Sur une viande maigre, c'est ce qui fait la différence entre une tranche qui pleure sur la planche et une tranche juteuse. On couvre sans serrer, sinon la vapeur ramollit la surface.

Le choix du morceau. Le quasi et la noix sont les plus tendres et les plus chers ; l'épaule, un peu plus travaillée, supporte mieux une cuisson approximative. Pour un premier essai, l'épaule est plus indulgente.

Préparation pas à pas

  1. Sortir la viande une heure avant 1 h

    Un rôti froid à cœur oblige à cuire plus longtemps, donc à dessécher la périphérie avant que le centre ne soit prêt.

  2. Saisir sur toutes les faces 8 min

    Huile et beurre, cocotte bien chaude, 8 minutes en tournant jusqu'à une couleur blond doré. On ne cherche pas le brun foncé : le veau brûle vite.

  3. Ajouter la garniture 3 min

    Carottes, échalotes en chemise, ail, thym et laurier autour du rôti. Salez et poivrez maintenant.

  4. Mouiller à mi-hauteur 2 min

    Vin blanc, laissez évaporer une minute, puis le bouillon. Le liquide ne doit jamais recouvrir la viande : on rôtit, on ne braise pas.

  5. 150 °C, environ 1 h 15 1 h 15

    Four à 150 °C, à découvert. Comptez environ 1 heure par kilo. La cuisson douce laisse au cœur le temps de monter sans que l'extérieur ne sèche.

  6. Arroser toutes les 20 minutes

    À la cuillère, avec le jus du fond. Le veau n'ayant pas de gras interne, c'est l'arrosage qui joue ce rôle.

  7. SONDER À 65 °C 1 min

    65 °C à cœur, la chair est alors rosée pâle et juteuse. À 70 °C elle est déjà sèche, et c'est sans retour.

  8. Reposer 15 min, lier le jus 15 min

    Aluminium posé sans serrer. Pendant ce temps, faites réduire le jus et montez-le au beurre froid hors du feu. Ajoutez le jus du repos.

Le conseil du caviste

Le veau est une viande blanche, délicate et peu marquée. C'est le seul rôti sur lequel le blanc l'emporte souvent sur le rouge, et beaucoup de gens ne l'ont jamais essayé.

Le Domaine de Mayat Chardonnay à 10 °C est mon premier choix : sa rondeur répond au jus lié au beurre, sans jamais couvrir une chair aussi fine. C'est l'accord le plus juste, et le plus surprenant pour vos invités.

Le Château La Verrière Bordeaux Blanc Sec à 9 °C si vous servez le rôti avec des légumes printaniers plutôt qu'avec un jus réduit.

En rouge, alors très léger. Le Bordeaux Château Tour de Biot à 15 °C, servi frais. Évitez absolument un rouge structuré : il écrase le veau, qui n'a pas de quoi lui répondre.

La logique. On accorde à l'intensité du plat, pas à la couleur de la viande. Un veau rôti au jus est plus proche d'une volaille que d'un bœuf, et c'est ainsi qu'il faut le traiter.

Si la garniture est plus corsée (champignons, lard, jus très réduit), le rouge léger reprend l'avantage. C'est la sauce qui décide, comme presque toujours.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €
Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Bordeaux Château Tour de Biot RougeBordeaux Château Tour de Biot Rouge 5,00 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

La viande est sèche

Elle a dépassé 65 °C. Le veau n'a ni gras ni collagène pour compenser : c'est la seule cause, et elle est sans retour.

L'extérieur est cuit, le cœur est cru

Four trop chaud. À 150 °C, l'écart entre la surface et le centre se réduit et la chair est homogène.

Le rôti a bouilli au lieu de rôtir

Trop de liquide. On mouille à mi-hauteur au maximum, jamais jusqu'à recouvrir.

Le jus est amer

Les sucs ont brûlé pendant que la cocotte était à vide de liquide. On mouille dès que le fond fonce.

La tranche pleure sur la planche

Pas assez de repos. Quinze minutes sous un aluminium posé sans serrer.

Le jus est trop liquide

Il n'a pas assez réduit. On le fait réduire pendant le repos, puis on le monte au beurre froid hors du feu.

Conservation & préparation anticipée

Le rôti cuit se garde 3 jours au réfrigérateur, entier plutôt que tranché : tranché, il sèche par toutes ses faces.

Ne le réchauffez pas au four : il finirait de cuire. Passez les tranches 1 minute dans le jus chaud, hors du feu, juste pour les tiédir.

Froid, il est excellent, tranché fin avec une mayonnaise ou une sauce gribiche. C'est la meilleure seconde vie d'un rôti de veau.

Le jus se garde 4 jours et se congèle. Il prend en gelée au froid s'il a bien réduit.

La viande crue se garde 3 jours au réfrigérateur, dans son papier de boucher plutôt que sous film.

Variantes

Orloff

Tranché, garni de jambon et de champignons, reconstitué et gratiné. Voir notre veau Orloff.

Aux champignons

Une poêlée de champignons ajoutée à la garniture pour la dernière demi-heure, et un jus à la crème.

En cocotte, aux petits légumes

Carottes nouvelles, navets et petits oignons cuits avec le rôti : c'est la version de printemps.

Pique d'ail et de lard

Des bâtonnets de lard glissés dans la chair à la pointe du couteau, pour l'arroser de l'intérieur.

Questions fréquentes

À quelle température cuire un rôti de veau ?

65 °C à cœur, dans un four à 150 °C, soit environ une heure par kilo. Au-delà de 70 °C, la chair expulse son eau et devient sèche et fibreuse sans retour possible.

Pourquoi le veau sèche-t-il si vite ?

Parce qu'il n'a aucune réserve : c'est un animal jeune, sa chair est très maigre et son tissu conjonctif peu développé. Ni gras qui fond, ni collagène qui devient gélatine.

Faut-il barder le rôti ?

Oui, demandez-le bardé au boucher. La barde de lard fond lentement et arrose la surface pendant toute la cuisson, à la place du gras que le veau n'a pas.

Faut-il vraiment arroser ?

Oui. L'arrosage ne fait pas rentrer le jus dans la viande, mais il garde la surface humide et grasse, ce qui ralentit l'évaporation et évite la croûte sèche.

Quel morceau choisir ?

Le quasi et la noix sont les plus tendres et les plus chers. L'épaule, un peu plus travaillée, pardonne mieux une cuisson approximative : c'est le bon choix pour un premier essai.

Quel vin servir avec un rôti de veau ?

Un blanc rond à 10 °C est l'accord le plus juste : le veau est une viande blanche, plus proche d'une volaille que d'un bœuf. Si vous préférez le rouge, prenez-le léger et servez-le à 15 °C.

Le rôti de veau du dimanche est souvent sec, et ce n'est pas une question de savoir-faire : c'est la viande la moins tolérante qui soit.

Un morceau de porc porte du gras qui fond et arrose la chair de l'intérieur. Un morceau de bœuf à braiser porte du collagène qui devient gélatine et donne du moelleux. Le veau n'a ni l'un ni l'autre : c'est un animal jeune, sa chair est maigre et son tissu conjonctif encore peu développé. Il n'a aucune réserve.

La conséquence est directe : 65 °C à cœur, cuisson douce à 150 °C, arrosage régulier, et un repos de 15 minutes. Au-delà de 70 °C, la chair a rendu son eau et rien ne la rattrape.

Avant de partir

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