Les storzapreti sont des boulettes corses de brocciu et de blettes, pochées ou directement gratinées dans une sauce tomate. Leur nom se traduit à peu près par « étouffe-prêtre », ce qui dit assez leur densité. Ce sont des boulettes sans liant, ou presque : un œuf, un peu de farine, rien de plus.
C'est précisément ce qui les rend fragiles. Il n'y a aucune chapelure pour éponger, aucun roux, aucune panure. La seule chose qui tient la boulette est le brocciu lui-même, sa matière sèche et l'œuf. Toute eau supplémentaire est de l'eau que rien n'absorbera.
Or une blette blanchie est une éponge. Elle retient facilement plus de la moitié de son poids en eau, et cette eau ne se voit pas : le vert paraît sec au toucher alors qu'il en est gorgé. Elle ressort à la chaleur du four, exactement au moment où la boulette a besoin de se raffermir.
Le geste est donc brutal et il faut y aller franchement : on presse la blette blanchie dans un linge, à deux mains, jusqu'à ce que plus rien ne coule. Sur un kilo de blettes crues, il reste environ deux cents grammes de vert utilisable. C'est normal, et c'est la recette.







