Pounti auvergnat tranché à la main, mie verte grossière aux blettes, lard et pruneaux entiers

Plat

Pounti : ce n'est pas une terrine, c'est une pâte à crêpes qui prend au four

On range le pounti parmi les terrines et on le rate. Son liant n'est ni la viande ni la gélatine : c'est un appareil à pâte à crêpes, farine, œufs et lait, dans lequel la garniture est simplement noyée. Tout en découle.

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 1 h
  • Repos : 1 h de repos de l'appareil, et 20 min avant de démouler
  • Économique
  • 8 personnes
  • Facile
  • Automne et hiver

Ingrédients

8 personnes

Ustensiles

  • un saladier et un fouet (l'appareil se bat comme une pâte à crêpes, jusqu'à ce qu'il soit lisse)
  • un moule à cake ou une cocotte (beurré et fariné : le pounti se démoule)
  • un hachoir à gros trous ou un couteau (la garniture reste grossière, on doit la distinguer à la coupe)
  • un linge (pour presser le vert de blettes, comme pour toute verdure)
  • une lame fine (pour vérifier la cuisson à cœur, comme sur un flan)

L'astuce du chef

Le pounti n'est pas une terrine. Une terrine tient par la viande elle-même, dont les protéines coagulent et dont le collagène devient de la gélatine. Le pounti n'a ni assez de viande ni de pressage pour cela.

Son liant est un appareil à pâte à crêpes. Farine, œufs et lait, dans les mêmes proportions et battus de la même façon : c'est lui qui prend au four et emprisonne le reste.

Deux réactions le font prendre. L'amidon de la farine gélatinise vers 70 °C, et les protéines de l'œuf coagulent au même moment. Ensemble, elles forment un réseau qui tient toute la garniture.

L'appareil doit rester fluide. Cent cinquante grammes de farine pour un demi-litre de lait, pas davantage : trop de farine donne un pain compact et bourratif, qui est le défaut le plus courant.

Une heure de repos, comme une pâte à crêpes. La farine s'hydrate complètement, les grumeaux se dissolvent, et la texture finale est nettement plus tendre.

La cuisson est celle d'un flan, pas d'un rôti. Une heure à 180 °C, en chaleur douce : un four vif ferait prendre les bords avant que le cœur soit saisi.

Le vert de blettes se presse. Comme dans tout plat lié, son eau délaverait l'appareil et l'empêcherait de prendre correctement.

La garniture se hache grossièrement. On doit reconnaître le lard, la blette et l'oignon sur la tranche : une farce fine ferait un pâté sans caractère.

Les pruneaux restent entiers. Coupés, leur jus se disperse dans l'appareil et le sucre s'y dilue ; entiers, ils font des poches sucrées qui contrastent avec le salé.

Vingt minutes de repos avant de démouler. L'amidon gélatinisé continue de se raffermir en refroidissant, exactement comme dans un flan.

Préparation pas à pas

  1. Faire tremper les pruneaux 20 min

    Dans du thé ou de l'eau tiède. Secs, ils pomperaient l'humidité de l'appareil et le pounti serait sec autour d'eux.

  2. Blanchir et PRESSER le vert de blettes 10 min

    Deux minutes à l'eau bouillante, puis pressé dans un linge. Son eau délaverait l'appareil et l'empêcherait de prendre.

  3. BATTRE L'APPAREIL COMME UNE PÂTE À CRÊPES 8 min

    Farine, œufs, lait, au fouet, jusqu'à ce qu'il soit parfaitement lisse et fluide. Il doit napper la cuillère, pas la couvrir : c'est lui qui liera tout.

  4. REPOSER L'APPAREIL 1 HEURE 1 h

    Comme une pâte à crêpes, exactement pour la même raison : la farine s'hydrate complètement et le résultat est plus tendre, sans grumeaux.

  5. Hacher grossièrement la garniture 10 min

    Poitrine, chair à saucisse, oignons, blettes et persil. Grossièrement : on doit reconnaître chaque élément sur la tranche.

  6. Mêler garniture et appareil 5 min

    La garniture est noyée dans l'appareil, pas liée par lui : le mélange reste très liquide, c'est normal.

  7. Verser dans le moule, pruneaux ENTIERS répartis 5 min

    En les enfonçant à la main, irrégulièrement. Entiers, jamais coupés : leur chair sucrée doit rester en poche.

  8. CUIRE 1 HEURE À 180 °C, COMME UN FLAN 1 h

    Chaleur douce. La lame doit ressortir propre et le dessus être bien doré. On laisse reposer vingt minutes avant de démouler.

Le conseil du caviste

Le pounti est salé, végétal, gras, et ponctué du sucre des pruneaux. C'est ce sucré-salé qui commande l'accord.

Le Bergerac Domaine de Mayat à 15 °C, servi frais, est le meilleur compromis : assez de fruit pour répondre aux pruneaux, assez de fraîcheur pour le lard.

Le Château de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux à 8 °C est le choix audacieux et il fonctionne : c'est le principe de l'accord foie gras, un vin doux sur un plat gras et salé.

Le Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord à 9 °C pour une version plus légère, servie tiède en entrée.

Plus vous chargez en pruneaux, plus le moelleux s'impose, et moins un rouge sec tient la comparaison. C'est exactement la même logique que pour le farcement savoyard.

À éviter : un rouge tannique et boisé, dont l'amertume s'ajouterait à celle du lard.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Château de Thenon Côtes de Bergerac MoelleuxChâteau de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux 6,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

C'est compact et bourratif

Trop de farine. L'appareil doit être fluide comme une pâte à crêpes : 150 g pour un demi-litre de lait, pas davantage.

Ça ne tient pas, ça s'effondre

Pas assez d'œufs, ou le vert de blettes n'a pas été pressé. Ce sont l'amidon et l'œuf qui font prendre, et l'eau des blettes les délave.

Il y a des grumeaux

L'appareil n'a pas reposé. Une heure permet à la farine de s'hydrater complètement, exactement comme pour des crêpes.

Les bords sont cuits et le cœur est cru

Le four était trop chaud. C'est une cuisson de flan : une heure à 180 °C en chaleur douce.

C'est sec autour des pruneaux

Ils n'ont pas été réhydratés et ont pompé l'eau de l'appareil. Vingt minutes dans du thé ou de l'eau tiède.

Il s'est cassé au démoulage

Il était brûlant. Vingt minutes de repos : l'amidon gélatinisé se raffermit en refroidissant.

Conservation & préparation anticipée

Le pounti se garde 4 jours au réfrigérateur et il est meilleur le lendemain, quand les parfums se sont équilibrés.

Il se mange aussi bien chaud que froid, et c'est traditionnellement en tranches froides qu'il partait aux champs.

Réchauffé, il se poêle en tranches au beurre, jusqu'à ce que les deux faces soient dorées et croustillantes : c'est sa meilleure seconde vie.

Il se congèle 3 mois, en tranches séparées par du papier cuisson.

Ne le démoulez pas brûlant : comme un flan, il a besoin de vingt minutes pour que l'amidon se raffermisse.

Variantes

Sans pruneaux

Plus proche d'un gâteau de blettes au lard. On perd le sucré-salé, qui est justement l'identité du plat.

Aux herbes du jardin

Beaucoup de persil, mais aussi cerfeuil, oseille et estragon : c'est la version qui varie de ferme en ferme.

Comparez avec un vrai gâteau de légumes

Même famille, autre région, autre liant : notre farci poitevin.

Sur une table auvergnate

Avec notre truffade et notre potée auvergnate.

Questions fréquentes

Le pounti est-il une terrine ?

Non. Une terrine tient par la viande, dont les protéines coagulent et dont le collagène devient gélatine. Le pounti tient par un appareil à pâte à crêpes : farine, œufs et lait.

Pourquoi laisser reposer l'appareil ?

Pour la même raison qu'une pâte à crêpes : la farine s'hydrate complètement, les grumeaux se dissolvent, et la texture finale est nettement plus tendre.

Mon pounti est compact, pourquoi ?

Il y a trop de farine. L'appareil doit rester fluide et napper la cuillère : 150 g de farine pour un demi-litre de lait est la bonne proportion.

Faut-il couper les pruneaux ?

Jamais. Entiers, ils font des poches sucrées qui contrastent avec le salé ; coupés, leur sucre se dilue dans tout l'appareil.

À quelle température cuire ?

Cent quatre-vingts degrés pendant une heure. C'est une cuisson de flan, pas de rôti : un four vif ferait prendre les bords avant que le cœur soit saisi.

Quel vin servir avec un pounti ?

Un Bergerac rouge servi frais à 15 °C. Si vous chargez les pruneaux, un moelleux à 8 °C devient le meilleur choix, exactement comme sur un farcement.

Le pounti est le plat de ferme de l'Auvergne : du lard, des blettes, des herbes et des pruneaux, cuits ensemble en un pain qu'on tranche. Sa texture est unique, entre le gâteau salé et la terrine, et c'est cette ambiguïté qui fait qu'on le rate.

Parce que ce n'est pas une terrine. Une terrine tient par la viande elle-même : ses protéines coagulent, son collagène devient de la gélatine, et la masse se soude. Le pounti n'a pas assez de viande pour cela, et il n'est pas non plus pressé.

Ce qui le tient est un appareil liquide, exactement dosé comme une pâte à crêpes : de la farine, des œufs et du lait, battus ensemble. La garniture, hachée, y est simplement noyée. Au four, c'est l'amidon de la farine qui gélatinise et l'œuf qui coagule, et ces deux réactions emprisonnent tout le reste.

Trois conséquences pratiques en découlent. L'appareil doit être fluide, pas épais : trop de farine donne un pain compact et bourratif. Il faut le laisser reposer, comme une pâte à crêpes, pour que la farine s'hydrate. Et la cuisson est celle d'un flan, douce et longue, jamais celle d'un rôti.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Château de Thenon Côtes de Bergerac MoelleuxChâteau de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux 6,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €

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