Coq au riesling en cocotte, morceaux ivoire nappés de sauce dorée, champignons et lardons rissolés, spätzle

Plat

Coq au riesling : on ne colore jamais la volaille, c'est ce qui le sépare du coq au vin

Le réflexe universel est de faire dorer la volaille. Ici il ruine le plat : les sucs bruns colorent la sauce et donnent des arômes torréfiés qui écrasent le riesling. On fait suer à blanc, et la couleur vient de la garniture.

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 1 h 15
  • Repos : Aucun, mais il est meilleur réchauffé le lendemain
  • Moyen
  • 6 personnes
  • Moyen
  • Automne et hiver

Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • une cocotte en fonte claire ou en émail blanc (l'émail clair permet de VOIR si le fond commence à colorer)
  • une poêle à part (pour les champignons et les lardons, rissolés séparément à feu vif)
  • une écumoire (la volaille sort avant qu'on finisse la sauce)
  • un fouet et un bol (pour la liaison crème et jaunes, tempérée avant d'être versée)
  • un thermomètre (la sauce liée aux jaunes ne doit jamais dépasser 80 °C)

L'astuce du chef

Ne pas colorer la volaille est la règle du plat. C'est le seul point qui sépare vraiment un coq au riesling d'un coq au vin, et c'est celui que tout le monde enfreint par réflexe.

Les sucs bruns écrasent un vin blanc. La réaction de Maillard produit des composés torréfiés, puissants et amers, qui conviennent à un vin rouge tannique mais couvrent complètement l'aromatique florale d'un riesling.

Et ils salissent la sauce. Un fond de cocotte bruni donne une sauce trouble, beige grisâtre, ni blanche ni brune : le défaut visuel classique de ce plat.

La cocotte à émail clair est un vrai outil. Elle permet de voir immédiatement si le fond commence à colorer, ce qu'une fonte noire cache jusqu'à ce qu'il soit trop tard.

La couleur vient de la garniture, rissolée dehors. Champignons dorés et lardons croustillants apportent le contraste visuel et la profondeur, sans jamais salir le fond de cuisson.

On les remet à la fin. Mijotés une heure, ils rendraient leur eau, perdraient leur croustillant et coloreraient la sauce.

Le riesling se réduit avant le mijotage. Un tiers de réduction à découvert concentre le vin et fait partir l'alcool le plus mordant.

La liaison aux jaunes se fait hors du feu. Les protéines du jaune coagulent entre 65 et 70 °C : au-delà de 80 °C, la sauce graine irrémédiablement.

On tempère avant de verser. Une louche de sauce chaude battue dans les jaunes froids monte leur température progressivement, au lieu de les cuire d'un coup.

Les os restent. Ils libèrent gélatine et arômes pendant l'heure de mijotage, et c'est ce qui donne du corps à une sauce sans fond brun.

Préparation pas à pas

  1. Rissoler la garniture À PART 12 min

    Champignons puis lardons, à feu vif, jusqu'à une vraie coloration brune. Réservés. C'est la seule coloration du plat, et elle se fait hors de la cocotte.

  2. FAIRE SUER LA VOLAILLE À BLANC 10 min

    Dans le beurre, à feu doux, en retournant. La peau doit raidir et devenir ivoire, jamais dorée. Si le fond commence à brunir, baissez immédiatement.

  3. Ajouter les échalotes, toujours sans colorer 4 min

    Émincées, elles doivent devenir translucides et non blondes. Le fond de cocotte reste clair.

  4. Mouiller au riesling et réduire d'un tiers 15 min

    Avec le bouquet garni, à découvert. Cette réduction concentre le vin, qui est le sujet du plat.

  5. Mijoter 1 heure à couvert 1 h

    À frémissement doux. La volaille est prête quand la chair se détache de l'os sans se défaire.

  6. Retirer la volaille et réduire la sauce 10 min

    À l'écumoire, au chaud. On réduit de moitié à découvert. La sauce doit napper la cuillère avant la liaison.

  7. LIER AUX JAUNES, HORS DU FEU 5 min

    Crème et jaunes battus, tempérés avec une louche de sauce chaude, puis reversés hors du feu. Au-delà de 80 °C les jaunes coagulent et la sauce graine.

  8. Remettre volaille et garniture, servir 3 min

    Champignons et lardons dessus au dernier moment, pour garder leur croustillant. Avec des spätzle ou des nouilles fraîches.

Le conseil du caviste

Le coq au riesling est crémé, délicat, et entièrement construit sur un vin blanc vif. La règle du même vin dans le plat et dans le verre s'applique ici sans discussion.

Le Château La Verrière Bordeaux Blanc Sec à 10 °C est l'accord juste : c'est le vin de la cocotte, et son acidité tranche dans la crème.

Le Moulin Caresse Le Sauvignon à 10 °C pour plus de tension encore, sur une sauce très crémée.

Le Bordeaux Château Tour de Biot Blanc à 10 °C pour une version plus souple et plus ronde, plus proche du riesling alsacien.

C'est un plat où le vin est un ingrédient autant qu'un accompagnement : servir autre chose dans le verre casse la continuité du goût.

À éviter : un rouge. Sur une sauce à la crème et au vin blanc, les tanins donnent immédiatement une amertume métallique.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €
Bordeaux Château Tour de Biot BlancBordeaux Château Tour de Biot Blanc 6,20 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

La sauce est trouble et beige grisâtre

La volaille a coloré. Les sucs bruns salissent une sauce au vin blanc : on fait suer à blanc, dans une cocotte à émail clair pour voir le fond.

On ne sent plus le vin

Même cause. Les composés torréfiés de la coloration couvrent complètement l'aromatique florale d'un riesling.

La sauce a grainé

La liaison aux jaunes a dépassé 80 °C. On tempère les jaunes avec une louche de sauce chaude et on verse hors du feu, sans jamais faire rebouillir.

La sauce est trop liquide

Elle n'a pas assez réduit avant la liaison. On retire la volaille et on réduit de moitié à découvert, jusqu'à ce qu'elle nappe la cuillère.

Les champignons sont mous et gris

Ils ont mijoté avec le reste. Ils se rissolent à part, à feu vif, et se remettent au dernier moment.

La chair est sèche

C'était un poulet et non un coq, ou la cuisson a été trop longue. Une volaille jeune demande quarante minutes, pas une heure.

Conservation & préparation anticipée

Le coq au riesling se garde 3 jours au réfrigérateur et il est meilleur réchauffé, à condition de le faire très doucement.

Ne le faites jamais rebouillir : la sauce est liée aux jaunes et elle grainerait. On réchauffe à couvert, à feu très doux, en dessous de 80 °C.

La meilleure méthode est de séparer : garder la volaille et la sauce non liée, et refaire la liaison au moment de servir.

Il se congèle 3 mois SANS la liaison. Une sauce aux jaunes ne supporte pas la congélation, elle se dissocie à la décongélation.

La garniture se refait au dernier moment : champignons et lardons ramollissent en quelques heures dans la sauce.

Variantes

Aux morilles

La version de fête, morilles séchées réhydratées et leur eau de trempage filtrée dans la sauce. Elle assombrit un peu, c'est la seule exception admise.

Sans crème

Liée au seul beurre manié, plus vive et plus marquée par le vin. C'est la version la plus ancienne.

Comparez avec le rouge

Où l'on colore au contraire franchement : notre coq au vin.

Sur une table alsacienne

Avec notre baeckeoffe et notre flammekueche.

Questions fréquentes

Pourquoi ne pas faire dorer la volaille ?

Parce que les sucs bruns de la coloration donnent des composés torréfiés puissants qui écrasent l'aromatique florale du riesling et rendent la sauce trouble et grisâtre.

Quelle différence avec le coq au vin ?

La coloration, et elle seule. Le coq au vin se construit sur les sucs bruns, que le vin rouge tannique supporte ; le coq au riesling se fait à blanc.

D'où vient alors la couleur du plat ?

De la garniture, rissolée séparément à feu vif : champignons bien dorés et lardons croustillants, ajoutés à la fin pour ne pas salir la sauce.

Pourquoi ma sauce a-t-elle grainé ?

La liaison aux jaunes a dépassé 80 °C. Les protéines du jaune coagulent dès 65 à 70 °C : on tempère et on verse hors du feu.

Peut-on utiliser un poulet ?

Oui, mais il cuit beaucoup plus vite : quarante minutes au lieu d'une heure. Un coq demande sa longue cuisson, un poulet devient sec.

Quel vin servir avec un coq au riesling ?

Le vin blanc sec qui a servi à le faire, à 10 °C. Ici le vin est un ingrédient autant qu'un accompagnement : en changer casse la continuité du goût.

Le coq au riesling est le cousin alsacien du coq au vin. Mêmes morceaux, même mijotage, même garniture de lardons et de champignons. Et pourtant les deux plats ne se font pas de la même façon, à cause d'une seule étape.

Dans un coq au vin, on fait dorer la volaille avant de mouiller. C'est là que se construit le plat : la réaction de Maillard produit des composés bruns, profondément torréfiés, qui passent dans la sauce et lui donnent sa couleur et sa puissance. Un vin rouge tannique les accompagne sans problème.

Le riesling n'a pas les épaules pour cela. C'est un vin vif, floral, à l'aromatique fine, et sa réduction donne une sauce délicate. Des sucs bruns dans cette sauce l'écrasent complètement : on obtient un plat trouble, ni blanc ni brun, où le vin a disparu.

On fait donc suer les morceaux à blanc, dans le beurre, sans jamais laisser prendre couleur : la peau reste ivoire, le fond de cocotte reste clair, et la sauce finale est nette. Toute la couleur du plat vient alors de la garniture rissolée à part : champignons bien dorés et lardons croustillants, ajoutés à la fin.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

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