Chocolat noir fondu étalé sur un marbre blanc, palette et raclette à plat dans le chocolat, éclats de chocolat tempéré brillants cassés net, bol de pistoles et casserole en cuivre sur un plan de travail en bois

Base

Tempérage du chocolat : la méthode qui brille

  • Préparation : 25 min
  • Cuisson : 0 min
  • Repos : 20 min
  • Moyen
  • 400 g de chocolat, pour 40 bonbons ou 2 tablettes
  • Moyen
  • Toute l'année
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Ingrédients

400 g de chocolat, pour 40 bonbons ou 2 tablettes

Ustensiles

  • UN THERMOMÈTRE DE CUISINE (L'OUTIL DU PLAT : 50, 27, 31 °C, le tempérage est une affaire de degrés)
  • un marbre ou un plan de travail froid et lisse (propre et sec, pour le refroidissement ; sinon, l'ensemencement)
  • une palette coudée et une raclette (le chocolat étalé et ramené sans cesse)
  • un bol et une casserole pour le bain-marie (le bol plus large que la casserole, sans toucher l'eau)
  • des moules en polycarbonate (brillants, ils donnent des moulages qui se démoulent seuls)
  • une fourchette à tremper et du papier guitare (pour les enrobages et les décors)

L'astuce du chef

Le chocolat de couverture. Il contient 31 % de beurre de cacao au moins, ce qui le rend fluide une fois tempéré ; un chocolat pâtissier ordinaire, plus pauvre, reste épais et donne des enrobages lourds. Les pistoles fondent vite et régulièrement.

Pas d'eau. Une goutte d'eau dans du chocolat fondu fait agglomérer le sucre et le cacao en une pâte granuleuse qui ne se rattrape pas. Bol sec, spatules sèches, bain-marie sans vapeur, et pas de couvercle qui condense.

Cinquante degrés. À cette température, tous les cristaux de beurre de cacao ont fondu, y compris les mauvais ; on part de zéro. Au-delà de 55, le chocolat brûle et épaissit.

Vingt-sept degrés. En refroidissant sous agitation, le beurre de cacao forme des cristaux ; à 27 °C, il en forme de toutes sortes, dont les bons, en grand nombre. C'est l'étape qui ensemence.

Trente et un degrés. Remonté à 31 °C, le chocolat garde les cristaux bêta, qui fondent à 34, et perd les mauvais, qui fondent avant ; il ne reste que les bons, et ils vont multiplier au séchage. À 33, il en reste peu ; à 34, plus aucun.

Le marbre. Froid et conducteur, il refroidit vite une couche mince ; le mouvement de la palette empêche le chocolat de figer sur place et disperse les cristaux. Un plan de travail en pierre ou en inox fait aussi bien ; le bois, mal.

L'ensemencement. Les pistoles ajoutées sont déjà tempérées : elles apportent leurs cristaux bêta et refroidissent la masse. C'est la méthode sans marbre, plus lente, plus sûre.

Le test du couteau. Trois minutes : un chocolat tempéré prend vite, brillant, uniforme ; un chocolat non tempéré reste mou, mat, marbré. On ne coule jamais un moule sans avoir fait le test.

La température tenue. Le chocolat refroidit en travaillant ; à 29 °C, il épaissit et les moulages deviennent trop épais. Un coup de sèche-cheveux, ou 5 secondes de bain-marie, en remuant, le remettent à 31.

Le démoulage. Un chocolat bien tempéré se contracte en cristallisant et se détache du moule ; s'il colle, c'est qu'il n'était pas tempéré, ou que le moule était rayé ou humide.

Le blanchiment. Un chocolat tempéré ne blanchit pas ; les traînées grises viennent des mauvais cristaux qui migrent, ou d'un stockage au chaud, ou de l'humidité du réfrigérateur qui fait le sugar bloom. Au sec, à 18 °C.

Le chocolat s'accorde en séquence. Tempéré, il fond à 34 °C, juste dans la bouche : on croque, on laisse fondre, et le vin arrive après, quand il ne reste que le cacao ; bu pendant que le chocolat est solide, le vin paraît métallique. Le vin doit donc avoir de la longueur, pour retrouver le chocolat en fin de bouche.

Préparation pas à pas

  1. 270 g de chocolat fondus au bain-marie ou au micro-ondes, jusqu'à 50 à 55 °C 8 min

    Sans une goutte d'eau.

  2. Deux tiers versés sur le marbre, étalés et ramenés à la palette 4 min

    En couche mince.

  3. Jusqu'à 27 °C, épais et mat ; remis dans le bol avec le reste chaud, mélangé 2 min

    Ou 130 g de pistoles ajoutées en trois fois au chocolat à 50 °C.

  4. Remonté à 31 à 32 °C, quelques secondes au bain-marie, en remuant 1 min

    Jamais au-delà de 33.

  5. Test : une pointe de couteau, prise brillante en 3 min 3 min

    Sinon, on recommence à 50 °C.

  6. Travail à 31 °C, maintenu : moulages coulés, tapés, retournés, raclés 5 min

    Les bulles chassées.

  7. Enrobages à la fourchette, mendiants à la cuillère, décors sur papier guitare 10 min

    Posés sur papier.

  8. 20 min au réfrigérateur ; démoulés d'un coup 20 min

    Ils se rétractent et tombent seuls.

Le conseil du caviste

Du chocolat noir tempéré, brillant et cassant, en moulages, en orangettes, en mendiants et en enrobages de truffes.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne Doux à 9 °C, le doux ambré long en bouche, sur les mendiants et les orangettes.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne Rouge à 15 °C, le rouge mûr et rond, sur une tablette de chocolat noir à 70 %.

Satemwa, thé noir fumé du Malawi à 90 °C, sur les truffes enrobées.

Le chocolat s'accorde en séquence, pas en simultané : un chocolat tempéré fond à 34 °C, la température de la bouche, ce qui veut dire qu'il est solide quand on le croque et liquide trois secondes plus tard, et le vin bu pendant qu'il est encore solide rencontre du sucre et du gras figés qui le rendent métallique ; le vin se boit après, quand le chocolat a fondu et qu'il ne reste que le cacao, et il lui faut de la longueur en bouche pour rejoindre ce cacao en finale, là où l'accord se fait. C'est la règle de tous les chocolats de dégustation : on croque, on attend, on boit ; et le vin qui n'a pas de longueur n'arrive jamais. Le Magie d'Automne doux de Moulin Caresse, un côtes de bergerac doux ambré, long, aux notes de fruit sec et d'orange confite, sur les mendiants et les orangettes, à 9 °C ; le Magie d'Automne rouge, un bergerac rouge mûr, rond et sans dureté, à 15 °C, sur une tablette de chocolat noir à 70 %, l'accord des amateurs de rouge sur le cacao ; et le Satemwa, un thé noir fumé dont la longueur fumée rejoint la truffe. La règle du chocolat : la longueur du vin fait l'accord.

À éviter : un vin bu la bouche pleine de chocolat solide, qui paraît métallique, et un vin court, blanc sec ou rosé, qui n'arrive jamais jusqu'au cacao.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

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Dépannage

Le chocolat est mat, mou et strié de gris

Pas tempéré, ou remonté au-dessus de 33 °C. On refond tout à 50 °C et on recommence ; le thermomètre au centre du bol, en remuant, et jamais au-delà de 32.

Il a figé en pâte granuleuse

Une goutte d'eau ou de vapeur. Cela ne se rattrape pas pour le tempérage ; le chocolat sert à une sauce ou à un gâteau, avec de la crème chaude.

Il ne se démoule pas

Pas tempéré, ou moule rayé, humide ou trop chaud. Le test du couteau avant de couler ; les moules propres, secs, à température ambiante ; 20 minutes au réfrigérateur puis un coup sec sur le plan de travail.

Il est trop épais pour enrober

Trop refroidi, ou chocolat pâtissier au lieu de couverture. Remonté à 31 °C au sèche-cheveux en remuant ; et un chocolat de couverture, plus riche en beurre de cacao.

Les moulages ont des bulles

Moule pas tapé. Le moule rempli, tapé fort dix fois sur le plan de travail, retourné, tapé encore, puis raclé.

Le chocolat a blanchi après une semaine

Gardé au chaud ou au réfrigérateur. À 16 à 18 °C, au sec, en boîte fermée ; blanchi, il reste bon et se retempère.

Conservation & préparation anticipée

Le chocolat tempéré, en moulages, mendiants ou tablettes, se garde 3 mois à 16 à 18 °C, au sec, à l'abri de la lumière et des odeurs, dans une boîte fermée ; jamais au réfrigérateur, dont l'humidité le fait blanchir.

Les enrobages de truffes ou de ganaches se gardent 2 semaines au frais, dans une boîte, sortis 30 minutes avant de servir.

Le chocolat restant dans le bol se coule sur un papier, se laisse durcir, se casse et se retempère la fois suivante, sans limite.

Un chocolat blanchi reste bon à manger et à cuisiner ; il ne retrouve son brillant qu'en étant retempéré.

Les moules en polycarbonate se lavent à l'eau chaude sans éponge abrasive et se sèchent au chiffon doux ; une rayure fait coller le chocolat.

Variantes

Les truffes au chocolat

Nos truffes au chocolat, à enrober de chocolat tempéré.

La mousse au chocolat

Notre mousse au chocolat, où le chocolat fond sans tempérage.

La tarte au chocolat

Notre tarte au chocolat, pour les décors en copeaux tempérés.

Les mendiants

Des palets de chocolat tempéré de 4 cm coulés à la cuillère sur un papier, et sur chacun, avant qu'il prenne, une amande, une noisette, une pistache et un raisin sec, les quatre ordres : le premier travail de chocolatier, et le cadeau de Noël qui ne rate pas.

Questions fréquentes

Pourquoi tempérer le chocolat ?

Parce que le beurre de cacao cristallise sous six formes, et qu'une seule donne un chocolat brillant, cassant, qui fond dans la bouche et non dans la main, qui se démoule seul et ne blanchit pas. Fondu simplement et laissé refroidir, le chocolat cristallise n'importe comment : mat, mou, gris. Pour un gâteau ou une mousse, on ne tempère pas ; pour un moulage, un enrobage ou un décor, toujours.

Quelles températures ?

Chocolat noir : fondu à 50 à 55 °C, refroidi à 27, remonté à 31 à 32. Chocolat au lait : 45, 26, 29. Chocolat blanc : 45, 25, 28. Les degrés comptent : deux de trop à la remontée, et il faut recommencer.

Peut-on tempérer sans marbre ?

Oui, par ensemencement : deux tiers du chocolat fondus à 50 °C, le tiers restant en pistoles ajouté en trois fois et remué jusqu'à ce que la masse descende à 27 °C, puis remontée à 31. Plus lent, plus sûr, et c'est la méthode qu'on conseille pour commencer.

Quel chocolat ?

Un chocolat de couverture, à 31 % de beurre de cacao au moins, noir à 60 à 70 %, en pistoles : il est fait pour cela, fluide et régulier. Le chocolat pâtissier des supermarchés se tempère aussi mais reste épais. Jamais de chocolat contenant d'autres graisses que le beurre de cacao, qui ne se tempère pas.

Comment savoir si c'est réussi ?

Le test du couteau : une pointe trempée dans le chocolat et posée à température ambiante doit être prise, dure et brillante, en 3 minutes. Et au démoulage : un chocolat tempéré se contracte et tombe seul du moule, brillant, avec un claquement net quand on le casse.

Quel vin servir avec ?

Un vin long : un doux ambré de Bergerac à 9 °C sur les mendiants et les orangettes, un rouge mûr et rond à 15 °C sur une tablette de noir à 70 %, bus après que le chocolat a fondu en bouche, jamais pendant. C'est un accord de séquence : on croque, on attend, on boit. Un thé noir fumé sur les truffes.

Le beurre de cacao peut cristalliser sous six formes, et une seule, la cinquième, dite bêta, donne le chocolat qu'on connaît : dur, brillant, cassant, qui fond à 34 °C, la température de la bouche. Les autres fondent plus tôt, sont mates, molles et migrent en surface en traînées grises, le fat bloom. Tempérer, c'est amener le chocolat à ne contenir que des cristaux bêta ; les chocolatiers le font depuis le XIXᵉ siècle sur le marbre, et la méthode n'a pas changé.

Le chocolat : 400 g de chocolat noir de couverture, 60 à 70 % de cacao, riche en beurre de cacao, en pistoles ou haché fin ; jamais de chocolat pâtissier ordinaire, trop pauvre en beurre de cacao, ni de chocolat au lait pour une première fois. Un thermomètre de cuisine, un bol parfaitement sec, un marbre ou un plan de travail froid et propre, deux spatules, une palette coudée et une raclette.

La fonte : les deux tiers du chocolat, 270 g, fondus au bain-marie, le bol posé sur une casserole d'eau frémissante sans la toucher, ou au micro-ondes par tranches de 30 secondes en remuant, jusqu'à 50 à 55 °C, lisse et fluide ; pas une goutte d'eau ni de vapeur dans le bol. Le refroidissement, sur marbre : les deux tiers du chocolat fondu versés sur le marbre, étalés et ramenés sans cesse à la palette et à la raclette, en couche mince, jusqu'à ce qu'il épaississe et atteigne 27 °C, 3 à 5 minutes ; remis dans le bol avec le tiers resté chaud, mélangé.

Le refroidissement, par ensemencement, sans marbre : les 130 g de chocolat restant, en pistoles, ajoutés en trois fois au chocolat fondu à 50 °C et remués jusqu'à ce qu'ils fondent, ce qui fait descendre la masse à 27 °C ; s'il reste des pistoles non fondues, un passage de 5 secondes au bain-marie. La remontée : le chocolat à 27 °C, épais, réchauffé quelques secondes au bain-marie ou au sèche-cheveux, en remuant, jusqu'à 31 à 32 °C, fluide et brillant ; c'est la température de travail, et elle se tient pendant tout le travail, sans jamais dépasser 33.

Le test : une pointe de couteau trempée dans le chocolat et posée sur le plan de travail ; en 3 minutes à température ambiante, le chocolat doit être pris, brillant, sans strie. S'il reste mou et mat, le tempérage est raté et on recommence à 50 °C. Le travail : moulages coulés dans des moules en polycarbonate, tapés pour chasser les bulles, retournés pour vider, raclés, pris 20 minutes au réfrigérateur et démoulés d'un coup ; enrobages de truffes, de fruits secs, d'orangettes, trempés à la fourchette et posés sur un papier ; décors, le chocolat étalé fin sur un papier guitare ou un rhodoïd et découpé avant qu'il durcisse ; mendiants, des palets coulés à la cuillère et garnis de fruits secs. Les températures pour le chocolat au lait : 45, 26, 29 °C ; pour le blanc : 45, 25, 28 °C.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

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