Sirop de sucre cuit pâle et brillant dans une petite casserole en cuivre, cuillère qui tire un fil de sucre, bol d'eau glacée avec une boule de sucre, soucoupe de sucre, caramel doré dans une seconde casserole, plan de travail en bois

Base

Sucre cuit et sirops : les stades de cuisson

  • Préparation : 5 min
  • Cuisson : 15 min
  • Faible
  • 500 g de sucre, pour une meringue italienne, un fondant ou une nougatine
  • Moyen
  • Toute l'année
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Ingrédients

500 g de sucre, pour une meringue italienne, un fondant ou une nougatine

Ustensiles

  • UN BOL D'EAU GLACÉE ET UNE CUILLÈRE (L'OUTIL DU PLAT : chaque stade se lit dans l'eau froide, sans thermomètre)
  • une casserole à fond épais, en cuivre au mieux (propre, sans trace de gras, plus haute que large)
  • un pinceau et un verre d'eau froide (les parois lavées dès qu'un cristal se forme)
  • un thermomètre à sucre (pour vérifier, jamais pour remplacer l'eau froide)
  • un tapis en silicone ou un marbre huilé (pour la nougatine et le sucre tiré)
  • des gants fins (le sucre à 150 °C brûle plus fort que l'huile)

L'astuce du chef

Le sucre en poudre. Le sucre blanc raffiné cuit propre et clair ; le sucre roux contient des impuretés qui moussent et colorent avant l'heure. Pour le caramel, l'un ou l'autre ; pour les stades clairs, le blanc.

La casserole propre. Une trace de gras ou un vieux cristal sur la paroi suffit à faire masser le sucre, c'est-à-dire cristalliser d'un bloc en sable blanc. Lavée à l'eau bouillante, essuyée, et rien d'autre.

Le glucose ou le citron. Le sucre cristallise quand ses molécules s'ordonnent ; le glucose, sucre différent, ou l'acide du citron, qui coupe le saccharose en deux sucres, désordonnent le mélange et l'empêchent de masser. Une cuillère à café pour 500 g.

Dissous avant de bouillir. Remué à feu doux jusqu'à ce qu'il n'y ait plus un grain, puis plus jamais : une cuillère dans un sucre qui bout y apporte un cristal, et le cristal fait masser.

Le pinceau mouillé. Les éclaboussures sur la paroi sèchent en cristaux qui retombent dans le sirop ; lavées au pinceau trempé dans l'eau, elles se dissolvent.

La température monte avec l'évaporation. Tant qu'il y a de l'eau, le sucre reste vers 100 °C ; à mesure qu'elle s'évapore, la concentration monte et la température avec elle, lentement d'abord, puis très vite au-delà de 130 °C. Les derniers degrés se gagnent en secondes.

L'eau froide dit vrai. Le thermomètre se trompe s'il touche le fond ou s'il est mal calibré ; la goutte dans l'eau glacée montre exactement ce que le sucre fera en refroidissant : molle, ferme, cassante.

Les bulles disent le stade. Grosses et lentes au sirop, petites et serrées au boulé, la surface qui se calme et jaunit au caramel : avec l'habitude, l'œil suffit.

Le sucre continue de cuire. La casserole retirée du feu garde sa chaleur et le sucre gagne encore 5 °C ; retirée un peu avant le stade, ou trempée dans l'eau froide au stade exact.

Le caramel s'arrête à l'eau. Un filet d'eau ou de crème chaude, hors du feu, bloque la couleur ; froid, le liquide fait bouillir le caramel en projections. La crème chaude, à bout de bras.

La brûlure du sucre. Le sucre à 150 °C colle à la peau et continue de brûler ; les mains sous l'eau froide aussitôt, jamais essuyées. Des gants fins, et pas d'enfant à côté.

Au sucre pur, on répond par l'acide. Un sucre cuit n'a ni acidité ni amertume, seulement du sucre et parfois du caramel ; un vin sucré n'a rien à lui apporter, un vin acide a tout : c'est l'acidité du vin, pas son sucre, qui rend une meringue ou un nougat digestes.

Préparation pas à pas

  1. Sucre, eau et glucose dans une casserole propre ; dissous à feu doux en remuant 3 min

    Jusqu'au liquide clair.

  2. Feu vif ; plus jamais de cuillère ; parois lavées au pinceau 2 min

    Un cristal fait masser tout.

  3. 100 °C, le sirop : sucre dissous, pour imbiber 2 min

    Grosses bulles lentes.

  4. 105 °C, le filet : une goutte fait un fil entre deux doigts mouillés 1 min

    Confitures, fruits confits.

  5. 115 à 118 °C, le petit boulé : boule molle dans l'eau froide 2 min

    Meringue italienne, nougat, guimauve.

  6. 125 °C le grand boulé, 135 °C le petit cassé, 145 à 150 °C le grand cassé 3 min

    Boule ferme, puis verre qui casse net.

  7. 160 à 180 °C, le caramel : blond, ambré, brun 2 min

    Arrêté avant qu'il fume.

  8. Casserole trempée 5 s dans l'eau froide au stade voulu ; utilisé aussitôt 1 min

    Il fige en refroidissant.

Le conseil du caviste

Le sucre cuit et ses stades, du sirop au caramel, la base de la meringue italienne, du nougat, du fondant, de la nougatine et des pièces montées.

Tour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux à 7 °C, les bulles et l'acidité, sur la meringue italienne, le nougat et les pièces montées.

Château Les Hauts de Caillevel Les Brumes à 8 °C, le liquoreux à l'acidité vive, sur la nougatine et les desserts au caramel.

Sakhejung, thé vert népalais à 75 °C, sur les fruits déguisés et les confiseries.

Au sucre pur, on répond par l'acide : un sucre cuit n'a ni acidité ni amertume, il n'a que du sucre, et à ce sucre-là le sucre du vin n'apporte rien, il l'additionne ; ce qu'il faut au nougat, à la meringue italienne, au fondant ou à la nougatine, c'est ce qui leur manque, l'acidité, et le vin qui accompagne une confiserie se choisit sur son acidité, jamais sur sa douceur ; un vin doux acide convient, un vin doux mou écœure. C'est l'inverse de la règle des desserts au chocolat, où l'on cherche le sucre ; ici on cherche le contraire. Le Tour du Roy demi-sec, un crémant de Bordeaux dont les bulles et l'acidité nettoient la bouche entre deux bouchées de nougat ou de meringue, est le vin des confiseries et des pièces montées, à 7 °C ; Les Brumes des Hauts de Caillevel, un liquoreux qui garde une acidité vive sous son sucre, sur la nougatine et les desserts au caramel ; et le Sakhejung, un thé vert népalais, sur les fruits déguisés et les bonbons, où le thé fait ce que le vin fait, laver le sucre. La règle du sucre cuit : l'acide, pas le sucre.

À éviter : un vin doux mou et sans acidité, qui additionne le sucre au sucre, et un rouge, quel qu'il soit.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Tour du Roy Demi-Sec Crémant de BordeauxTour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux 9,50 €
Château Les Hauts de Caillevel Les BrumesChâteau Les Hauts de Caillevel Les Brumes 14,50 €
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Dépannage

Le sucre a massé, il est devenu un sable blanc

Un cristal, une cuillère, une paroi sale. On rajoute un peu d'eau, on redissout à feu doux et on recommence sans toucher, avec une cuillère de glucose ou de citron ; un sucre massé deux fois se jette.

Le caramel a brûlé et fume

Trop cuit, au-delà de 185 °C : amer, il ne se rattrape pas. On recommence, en arrêtant à la couleur ambrée, hors du feu, avec la crème chaude prête à côté.

Le caramel est pâle et sans goût

Arrêté trop tôt, à 160 °C. Un caramel prend son goût entre 170 et 180 °C, ambré foncé ; la peur fait les caramels fades.

La meringue italienne est molle

Sucre pas assez cuit, ou versé trop vite. Au petit boulé, 118 °C, en filet fin sur les blancs déjà mousseux, robot en marche, et fouettée jusqu'à refroidissement complet, 10 minutes.

La nougatine est molle et collante

Caramel pas assez cuit, ou humidité. Le sucre à 170 °C avant les amandes, et la nougatine gardée en boîte hermétique, jamais au réfrigérateur.

Le thermomètre et l'eau froide ne disent pas la même chose

Le thermomètre touche le fond, ou il est décalé. L'eau froide a raison : on lit la goutte, et on vérifie le thermomètre dans l'eau bouillante, qui doit donner 100 °C.

Conservation & préparation anticipée

Le sirop à 100 °C se garde 1 mois au réfrigérateur en bocal fermé, pour imbiber et sucrer.

Le sucre cuit aux stades du boulé et du cassé ne se garde pas : il s'utilise dans la minute, ou il fige dans la casserole ; refondu à feu doux avec un filet d'eau, il redevient un sirop.

La nougatine et le caramel dur se gardent 2 semaines dans une boîte hermétique avec un sachet absorbeur ou du riz, à l'abri de l'humidité, qui les fait couler.

Le caramel liquide arrêté à la crème se garde 3 semaines au réfrigérateur en bocal.

La casserole se nettoie sans gratter : remplie d'eau et portée à ébullition, le sucre se dissout.

Variantes

Le caramel au beurre salé

Notre caramel au beurre salé, le caramel arrêté à la crème et au beurre.

Le nougat blanc maison

Notre nougat blanc maison, le sucre et le miel au grand boulé.

La tarte au citron meringuée

Notre tarte au citron meringuée, pour la meringue italienne.

Le caramel à sec

Sans eau : le sucre versé en pluie fine dans la casserole chaude, fondu par couches en penchant la casserole, jamais remué, jusqu'à la couleur ambrée. Plus rapide, plus parfumé, plus facile à brûler : la méthode des crèmes caramel et des sauces.

Questions fréquentes

Faut-il un thermomètre ?

Non : les stades se lisent dans un bol d'eau glacée, avec une cuillère, comme les confiseurs l'ont fait pendant deux siècles, et l'eau froide dit exactement ce que le sucre fera en refroidissant. Le thermomètre est un confort, utile pour le caramel où les degrés vont vite ; il se vérifie dans l'eau bouillante, à 100 °C.

Pourquoi le sucre cristallise-t-il ?

Parce qu'un sirop concentré est instable, et qu'un cristal, un grain de sucre sur la paroi, une cuillère, une secousse, suffit à déclencher la cristallisation en chaîne : le sucre masse en sable blanc. Une casserole propre, jamais de cuillère après l'ébullition, les parois lavées au pinceau, et une cuillère de glucose ou de jus de citron, qui l'empêchent.

Sucre cuit à l'eau ou à sec ?

À l'eau pour tous les stades clairs, du sirop au grand cassé : l'eau régule la montée en température et permet de lire les stades. À sec pour le caramel seulement : le sucre fond directement, plus vite, avec un goût plus profond, mais sans marge d'erreur. Les débutants font le caramel à l'eau.

À quoi sert chaque stade ?

Le sirop imbibe ; le filet confit les fruits ; le petit boulé fait la meringue italienne, la crème au beurre, le nougat et les guimauves ; le grand boulé fait le fondant et les caramels mous ; le petit cassé, les nougatines tendres ; le grand cassé, les sucettes, le sucre tiré et le caramel clair des pièces montées ; le caramel, les crèmes, les sauces et la nougatine.

Comment ne pas se brûler ?

Un sucre à 150 °C colle et brûle plus fort que l'huile : des gants fins, des manches longues, la crème ou l'eau chaude versées hors du feu à bout de bras, jamais d'enfant à côté, et un bol d'eau froide à portée de main. Une brûlure au sucre se met sous l'eau froide 15 minutes, sans essuyer.

Quel vin servir avec ?

Un vin qui a de l'acidité, jamais un vin mou : un crémant demi-sec à 7 °C sur la meringue italienne, le nougat et les pièces montées, un liquoreux à l'acidité vive sur la nougatine et le caramel. Un sucre cuit n'a que du sucre, et c'est l'acide du vin qui le rend digeste. Un thé vert sur les confiseries.

Les stades du sucre ont été fixés par les confiseurs du XVIIIᵉ siècle, avant le thermomètre, et leurs noms disent le geste : on trempait les doigts dans l'eau froide, puis dans le sucre, puis dans l'eau, et on regardait ce que faisait la goutte, un filet, une boule molle, une boule dure, un morceau qui casse. La méthode est toujours la meilleure : elle marche sans instrument, elle ne ment pas, et elle apprend le sucre.

Le sirop : 500 g de sucre en poudre et 15 cl d'eau dans une casserole à fond épais, en cuivre au mieux, propre et sans trace de gras ; une cuillère à café de glucose ou quelques gouttes de jus de citron, qui empêchent la cristallisation ; le sucre dissous à feu doux en remuant, jusqu'à ce que le liquide soit clair ; puis feu vif, et plus jamais de cuillère. Les parois lavées au pinceau trempé dans l'eau froide dès qu'un cristal s'y forme. Un bol d'eau glacée à côté.

Les stades, à lire dans l'eau froide avec une cuillère : le sirop à 100 °C, le sucre juste dissous, pour imbiber les babas et les génoises et faire les sorbets ; le filet à 105 °C, une goutte entre deux doigts fait un fil, pour les confitures et les fruits confits ; le petit boulé à 115 à 118 °C, la goutte dans l'eau forme une boule molle qui s'aplatit entre les doigts, pour la meringue italienne, la crème au beurre, le nougat et les guimauves ; le grand boulé à 125 °C, une boule ferme qui garde sa forme, pour le fondant et les caramels mous ; le petit cassé à 135 °C, le sucre durcit dans l'eau mais colle aux dents, pour les nougatines tendres ; le grand cassé à 145 à 150 °C, un morceau de verre qui casse net, pour les sucettes, le sucre tiré et soufflé, les fruits déguisés et le caramel clair des croquembouches ; et le caramel, à partir de 160 °C, quand le sucre se colore, blond à 165, ambré à 175, brun à 180, où il faut l'arrêter avec de l'eau ou de la crème avant 190, où il brûle.

L'arrêt : au stade voulu, la casserole trempée 5 secondes dans le bol d'eau froide par le fond, ce qui stoppe la cuisson, puis utilisée aussitôt, parce qu'un sucre cuit fige en refroidissant. Pour le caramel, un filet d'eau ou de crème chaude versé hors du feu, en se protégeant des projections. La casserole se nettoie en la remplissant d'eau et en la faisant bouillir.

Les usages : le sirop à 30 °Baumé des pâtissiers, moitié sucre moitié eau en poids, pour tout imbiber ; la meringue italienne, 250 g de sucre au petit boulé versés en filet sur 4 blancs mousseux et fouettés jusqu'à refroidissement, la plus stable des meringues ; le fondant, du grand boulé travaillé à la spatule sur le marbre jusqu'à blanchir, le glaçage des éclairs ; la nougatine, du caramel blond mêlé d'amandes hachées, étalée et coupée chaude ; le caramel à sec, sans eau, le sucre versé en pluie dans la casserole chaude et fondu par couches, plus vite, plus risqué, pour les crèmes caramel et les sauces ; et le sucre tiré, du grand cassé coloré, tiré et plié en rubans sur le marbre huilé, l'art des pièces montées.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Tour du Roy Demi-Sec Crémant de BordeauxTour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux 9,50 €
Château Les Hauts de Caillevel Les BrumesChâteau Les Hauts de Caillevel Les Brumes 14,50 €
Sakhejung - Thé vert népalais, Ilam Grands JardinsSakhejung - Thé vert népalais, Ilam Grands Jardins 29,90 €

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