Bouillon dashi maison, liquide limpide et doré pâle dans un bol en céramique sombre, bande d'algue kombu séchée, tas de copeaux de bonite roses et fins, casserole en cuivre et passoire, cuillère en bois à plat, plan de travail en bois

Base

Bouillon dashi : la recette de base japonaise

  • Préparation : 5 min
  • Cuisson : 15 min
  • Repos : 30 min
  • Faible
  • 1 litre
  • Facile
  • Toute l'année
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Ingrédients

1 litre

Ustensiles

  • UNE PASSOIRE FINE ET UN LINGE (L'OUTIL DU PLAT : le dashi filtré sans presser, limpide)
  • une casserole de 2 litres (assez large pour que le kombu soit à plat)
  • un thermomètre (facultatif, le kombu sort à 80 °C)
  • une balance (10 g de kombu, 15 g de bonite, la précision compte)
  • des bocaux ou des bacs à glaçons (le dashi congelé en portions)
  • un linge sec (le kombu essuyé, jamais rincé)

L'astuce du chef

Le kombu. Une algue brune séchée, épaisse et raide, du nord du Japon ; sa poudre blanche en surface est du glutamate cristallisé, la source de l'umami. On l'essuie, on ne la lave jamais.

Le katsuobushi. De la bonite bouillie, fumée, séchée et fermentée jusqu'à devenir un bloc dur comme du bois, rabotée en copeaux roses et translucides ; il apporte l'inosinate, le second umami, et la fumée. Les copeaux se gardent au sec, fermés, et perdent leur parfum en quelques semaines une fois ouverts.

L'eau peu minérale. Le calcium de l'eau dure empêche l'extraction du glutamate ; une eau filtrée ou de source douce donne un dashi plus profond.

L'infusion à froid. Le kombu libère son umami lentement, à basse température ; 30 minutes à froid, ou une nuit au réfrigérateur, extraient plus que 10 minutes de chaleur.

Retiré avant l'ébullition. Au-delà de 80 °C, le kombu libère ses mucilages et ses tanins : le dashi devient visqueux, trouble et amer, avec un goût d'algue bouillie. On le sort quand les petites bulles montent des bords.

Deux minutes de bonite. Hors du feu, dans l'eau à 95 °C, les copeaux donnent tout en deux minutes ; plus longtemps, ou bouillis, ils libèrent un goût de poisson et une amertume. Sans remuer, ils coulent seuls.

Filtré sans presser. Presser les copeaux fait passer les particules et l'amertume ; on laisse égoutter, et ce qui reste va dans le second dashi.

Le premier et le second. L'ichiban dashi, fin et clair, pour les soupes claires et les sauces où le dashi se goûte ; le niban dashi, plus fort et moins pur, pour les plats mijotés où il porte d'autres goûts. Rien ne se jette.

La synergie. Le glutamate du kombu et l'inosinate de la bonite, ensemble, multiplient l'umami par sept ou huit ; c'est mesuré, et c'est pourquoi le dashi est fait de deux ingrédients et pas d'un.

Sans sel. Comme un fond, le dashi ne se sale pas ; le sel vient du miso, de la sauce soja, du plat.

Frais. Un dashi se fait le jour même ou la veille ; ses arômes de fumée et de mer s'évanouissent en trois jours. Congelé, il garde son umami mais perd le parfum.

L'umami cherche l'umami. Un bouillon d'algue et de bonite se boit avec le thé vert japonais, qui est le seul liquide à contenir autant de glutamate ; avec un vin, jamais de tanin, que l'umami rend amer et métallique, mais un blanc simple et sans bois.

Préparation pas à pas

  1. Kombu essuyé, dans 1 litre d'eau froide ; 30 min d'infusion à froid 30 min

    Ou une nuit au réfrigérateur.

  2. Feu moyen, porté lentement vers le frémissement, 10 min 10 min

    Les petites bulles montent des bords.

  3. Kombu retiré juste avant l'ébullition, à 80 °C 1 min

    Jamais bouilli.

  4. Eau portée à ébullition ; feu coupé 2 min

    Hors du feu.

  5. Copeaux de bonite versés d'un coup, sans remuer ; 2 min d'infusion 2 min

    Ils coulent au fond.

  6. Filtré à travers passoire et linge, sans presser 2 min

    Limpide et doré.

  7. Kombu et bonite gardés pour le second dashi, 10 min de frémissement 12 min

    Pour les mijotés.

  8. Soupe miso, nouilles, sauce à tremper, omelette roulée ; ou en bocal

    3 jours au frais.

Le conseil du caviste

Un bouillon dashi maison, kombu et bonite séchée, la base limpide de la soupe miso, des nouilles et des sauces japonaises.

Sakhejung, thé vert népalais à 75 °C, le thé vert doux, sur la soupe miso et les bouillons de nouilles.

Kagoshima, thé vert kuki hojicha à 80 °C, le thé vert torréfié, sur les plats mijotés au dashi et le nabe.

Château La Verrière Bordeaux Blanc Sec à 10 °C, le blanc sec net et sans bois, sur les tempuras et l'omelette roulée au dashi.

L'umami cherche l'umami : un dashi est un concentré de glutamate, et le glutamate a deux effets sur ce qu'on boit, il rend amer et métallique tout ce qui a du tanin ou du bois, et il se marie avec ce qui en contient aussi ; or le seul liquide de la cave qui en contienne autant est le thé vert, dont les feuilles sont riches en glutamate et en théanine, ce qui fait du thé vert japonais le dashi de la boisson, et l'accord des soupes et des bouillons japonais. Avec un vin, la règle est négative : ni tanin, ni bois, ni sucre, un blanc sec simple, net, jeune, qui se tait et laisse le bouillon parler. Le Sakhejung, un thé vert népalais doux, sans amertume, sur la soupe miso et les bouillons de nouilles, à 75 °C, dans une tasse à côté du bol ; le Kagoshima, un thé vert japonais torréfié aux notes de noisette et de fumée, qui répond à la fumée de la bonite, sur les plats mijotés au dashi et la fondue japonaise ; et pour ceux qui veulent du vin, la Verrière, un bordeaux blanc sec net et sans bois, sur les tempuras trempées dans le dashi et l'omelette roulée. La règle de l'umami : le thé vert d'abord, et le vin le plus simple ensuite.

À éviter : tout rouge, que l'umami rend métallique, et un blanc boisé, dont le bois devient amer sur le dashi.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

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Dépannage

Le dashi est visqueux et amer

Le kombu a bouilli. Retiré quand les petites bulles montent des bords, à 80 °C, jamais à l'ébullition ; un dashi visqueux ne se rattrape pas.

Il a un goût de poisson

La bonite a infusé trop longtemps ou a bouilli. Deux minutes hors du feu, pas plus, et filtré aussitôt.

Il est fade

Trop peu de kombu ou de bonite, ou eau trop calcaire, ou pas d'infusion à froid. Dix grammes et quinze grammes par litre, pesés ; une eau filtrée ; 30 minutes à froid avant de chauffer.

Il est trouble

Copeaux pressés au filtrage, ou dashi bouilli avec la bonite dedans. Filtré sans presser, à travers un linge.

Le katsuobushi n'a pas d'odeur

Sachet ouvert depuis trop longtemps. Un sachet frais, fermé hermétiquement après ouverture, gardé au réfrigérateur.

La soupe miso a un goût brûlé

Le miso a bouilli. Délayé dans un peu de dashi chaud, ajouté hors du feu, jamais rebouilli.

Conservation & préparation anticipée

Le dashi se garde 3 jours au réfrigérateur en bocal fermé ; ses arômes de fumée s'évanouissent vite, il est meilleur le jour même.

Il se congèle 1 mois, en bocaux ou en bacs à glaçons, pour les sauces et les omelettes ; il garde l'umami et perd un peu de parfum.

Le kombu sec se garde 1 an au sec, fermé ; le katsuobushi, 1 mois une fois le sachet ouvert, fermé hermétiquement, au réfrigérateur au mieux.

Le kombu utilisé, après le second dashi, se coupe en lanières et se mijote 20 minutes dans de la sauce soja et du mirin : le tsukudani, un condiment pour le riz.

La bonite utilisée, séchée à la poêle avec du soja et du sésame, fait le furikake, à saupoudrer sur le riz.

Variantes

Le bouillon de volaille maison

Notre bouillon de volaille maison, la base française, en quatre heures.

Les udon en bouillon

Nos udon en bouillon, le premier usage du dashi.

Le fumet de poisson

Notre fumet de poisson, l'autre bouillon de la mer, à la française.

Le dashi végétarien

Dix grammes de kombu et 4 shiitakés séchés dans 1 litre d'eau froide, une nuit au réfrigérateur, chauffés doucement et retirés à 80 °C : un dashi sans poisson, profond et boisé, pour la soupe miso et les légumes mijotés.

Questions fréquentes

Où trouver le kombu et le katsuobushi ?

Dans les épiceries japonaises et asiatiques, et en ligne : le kombu en bandes séchées, à garder un an, et le katsuobushi en sachets de copeaux, à consommer dans le mois. Le kombu de Hokkaido, épais et large, donne le meilleur dashi ; les copeaux de bonite fins et roses, pas les gros copeaux bruns, faits pour le second dashi.

Pourquoi ne pas faire bouillir le kombu ?

Parce qu'au-delà de 80 °C l'algue libère ses mucilages et ses tanins : le bouillon devient visqueux, trouble et amer, avec un goût d'algue bouillie, et cela ne se rattrape pas. On le retire quand les premières petites bulles montent des bords de la casserole.

Peut-on le faire à l'avance ?

La veille au plus : le dashi perd ses arômes de fumée et de mer en trois jours au réfrigérateur. Il se congèle un mois en bacs à glaçons, pour les sauces et les omelettes, et le kombu peut infuser une nuit à froid pour gagner du temps le lendemain.

Quelle différence avec le dashi en poudre ?

La même qu'entre un fond maison et un cube : le dashi no moto contient du glutamate ajouté, du sel et du sucre, et dépanne une soupe miso de semaine ; le dashi maison a la fumée de la bonite, la finesse du kombu et aucun sel. Vingt minutes de différence.

Qu'est-ce que l'umami ?

Le cinquième goût, après le sucré, le salé, l'acide et l'amer, identifié en 1908 à partir du kombu : celui du glutamate, présent dans les algues, le parmesan, la tomate mûre, le jambon sec, la sauce soja, la bonite séchée. Une profondeur savoureuse, sans sel, qui donne envie d'y revenir. Le dashi en est la forme la plus pure.

Quel vin servir avec ?

D'abord un thé vert : c'est le seul liquide qui contienne autant d'umami que le dashi, et l'accord naturel des soupes et bouillons japonais, un thé vert doux à 75 °C. Avec un vin, un bordeaux blanc sec simple et sans bois sur les tempuras et l'omelette roulée. Jamais un rouge, que l'umami rend métallique.

Le dashi existe depuis le VIIIᵉ siècle au Japon, quand le kombu du Nord et la bonite séchée du Sud se sont rencontrés à Kyoto ; c'est en l'étudiant qu'un chimiste japonais a isolé en 1908 le glutamate et nommé l'umami, le cinquième goût. Le kombu apporte le glutamate, la bonite l'inosinate, et les deux ensemble ont un effet multiplicateur que ni l'un ni l'autre n'a seul : c'est la seule raison pour laquelle le dashi se fait à deux ingrédients, et pas à un.

Les ingrédients : 1 litre d'eau, filtrée ou de source, peu minérale ; 10 g de kombu séché, une bande de 10 sur 10 cm, dont on ne lave pas la poudre blanche en surface, qui est du glutamate cristallisé, seulement essuyée d'un linge sec s'il y a du sable ; 15 g de katsuobushi, les copeaux de bonite séchée, fermentée et fumée, en sachet dans les épiceries japonaises, deux grosses poignées.

Le premier dashi, l'ichiban dashi : le kombu dans l'eau froide, 30 minutes d'infusion à froid, ou une nuit au réfrigérateur ; la casserole sur feu moyen, portée lentement vers le frémissement, 10 minutes ; quand de petites bulles montent des bords, juste avant l'ébullition, à 80 °C, le kombu est retiré. L'eau portée à ébullition, le feu coupé, les copeaux de bonite versés d'un coup, sans remuer ; ils infusent 2 minutes et coulent au fond ; le dashi filtré à travers une passoire fine tapissée d'un linge ou d'un papier, sans presser les copeaux. Un litre de dashi clair, doré, qui sent la mer et la fumée.

Le second dashi, le niban dashi : le kombu et la bonite déjà utilisés, remis dans 1 litre d'eau, portés à ébullition, frémis 10 minutes, avec une poignée de bonite fraîche à la fin, filtrés ; plus corsé, moins fin, pour les plats mijotés, les légumes, le riz. Les usages : la soupe miso, 2 cuillères de miso délayées dans 50 cl de dashi chaud, jamais bouilli, avec du tofu et des algues ; le bouillon de nouilles, dashi, sauce soja et mirin, 8 pour 1 pour 1 ; la sauce à tremper des tempuras et des soba, dashi, soja et mirin, 4 pour 1 pour 1 ; l'omelette roulée, 3 cuillères de dashi dans 4 œufs ; le chawanmushi, le flan salé ; les légumes mijotés ; et le bouillon du nabe, la fondue japonaise.

Les variantes : le dashi de kombu seul, végétarien, le kombu infusé une nuit à froid, plus doux ; le dashi aux shiitakés séchés, 4 champignons infusés une nuit avec le kombu, végétarien et profond ; le dashi aux sardines séchées, le niboshi, plus fort, pour les ramens ; et le dashi en poudre du commerce, le dashi no moto, qui dépanne, comme un cube de bouillon, et qui ne vaut pas celui-ci.

Avant de partir

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