Lever un filet de poisson, dorade royale entière très fraîche sur une planche en bois et un filet levé à la chair nacrée, couteau à filets à plat, pince à arêtes, demi-citron, gros sel, tête et arête dans une poêle en cuivre

Base

Lever un filet de poisson : la technique du poissonnier

  • Préparation : 15 min
  • Cuisson : 20 min
  • Moyen
  • 2 filets et 50 cl de fumet
  • Moyen
  • Toute l'année
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Ingrédients

2 filets et 50 cl de fumet

Ustensiles

  • UN COUTEAU À FILETS, LAME LONGUE, FINE ET SOUPLE DE 18 CM (L'OUTIL DU PLAT : il se courbe sur l'arête et la suit)
  • un écailleur ou le dos d'un couteau (sous l'eau froide, de la queue vers la tête)
  • des ciseaux de cuisine (les nageoires coupées)
  • une pince à arêtes (les arêtes centrales tirées une à une)
  • une grande planche (réservée au poisson, lavée à l'eau bouillante)
  • une passoire fine (le fumet filtré)

L'astuce du chef

La lame souple. Elle se courbe contre l'arête et la suit sans la couper ; une lame rigide saute par-dessus et laisse la moitié de la chair. Longue, pour lever en un ou deux coups ; fine, pour passer sous la peau.

Le poisson très frais. Ferme, il se lève net ; mou, la chair se déchire sous la lame. L'œil bombé, les ouïes rouges, la chair qui reprend sa forme sous le doigt, et aucune odeur autre que la mer.

Écaillé d'abord. Une fois le filet levé, on ne peut plus écailler sans écraser la chair ; et un filet à peau cuit avec ses écailles est immangeable. Sous l'eau froide, de la queue vers la tête, contre le sens des écailles.

La poche de sang. Le long de la colonne, dans la cavité, une veine de sang noir : grattée à l'ongle ou à la cuillère et rincée, sinon le filet et le fumet sont amers.

Couché, pas droit. La lame à plat sur les arêtes, presque parallèle à la planche : elle glisse sur les os et décolle la chair. Droite, elle coupe les arêtes et les laisse dans le filet.

Longs coups. Un ou deux mouvements de toute la lame, de la tête à la queue, et pas des petits coups de scie qui hachent la chair.

La main qui soulève. Le filet soulevé à mesure montre l'arête et guide la lame ; on coupe ce qu'on voit.

Les arêtes ventrales. Elles descendent en éventail de la colonne vers le ventre ; la lame les suit au ras, en descendant, et la fine membrane qui les couvre se retire ensuite d'un coup à plat. Couper au-dessus laisse une bande de chair sur l'arête.

La pince. Aucune coupe ne retire les arêtes centrales, la rangée qui va de la tête au milieu du filet ; on passe le doigt à rebrousse-poil pour les sentir, et on les tire une à une à la pince, dans le sens de la tête, sans déchirer.

La peau tirée, pas coupée. Pour dépouiller, la lame reste presque immobile, couchée contre la peau, et c'est la peau qu'on tire vers soi en zigzag ; la chair se détache propre. Couper vers la peau la perce.

Rien ne se jette. Tête, arête, parures, sans les ouïes ni la poche de sang : le fumet, 20 minutes, qui vaut la sauce. Un poisson entier donne les filets et leur sauce.

La peau est le seul gras. Sur un poisson maigre, dorade, bar, cabillaud, la chair n'a pas de gras ; la peau en a, et cuite croustillante à la poêle elle apporte le seul gras du plat. C'est elle qu'on accorde : peau croustillante, blanc rond ; filet sans peau, poché ou vapeur, blanc vif.

Préparation pas à pas

  1. Écaillée sous l'eau froide, de la queue vers la tête ; vidée, poche de sang grattée ; épongée 5 min

    Avant de lever, jamais après.

  2. Nageoires coupées aux ciseaux ; tête à gauche, dos vers soi 1 min

    Sur la planche sèche.

  3. Incision en diagonale derrière la tête, jusqu'à l'arête 1 min

    De la nuque à la pectorale.

  4. Couteau couché sur la colonne, longs coups de la tête vers la queue ; le filet soulevé à mesure 2 min

    La lame glisse sur l'arête.

  5. Arêtes ventrales suivies au ras ; filet détaché à la queue ; poisson retourné, second filet 3 min

    L'arête reste presque nue.

  6. Parage : membrane ventrale retirée à plat ; arêtes centrales tirées à la pince vers la tête 3 min

    Une dizaine, senties du doigt.

  7. Peau retirée si l'on veut : lame à plat à la queue, peau tirée vers soi, lame immobile 1 min

    En un morceau.

  8. Tête sans ouïes, arête et parures en fumet, 20 min 20 min

    50 cl pour la sauce.

Le conseil du caviste

Deux filets de dorade levés maison, avec ou sans peau, et le fumet tiré de l'arête.

Château Tour de Biot Blanc Sec à 10 °C, le blanc vif et net, sur le filet sans peau, poché ou vapeur.

Domaine de Mayat Chardonnay à 11 °C, le blanc rond, sur le filet cuit côté peau, croustillant, à la poêle.

Tour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux à 7 °C, les bulles, sur le filet cru en carpaccio ou en ceviche.

Sur un poisson maigre, la peau est le seul gras, et c'est elle qu'on accorde : la chair d'une dorade, d'un bar ou d'un cabillaud n'a presque pas de matière grasse, et c'est la peau, cuite croustillante à la poêle dans un peu d'huile, qui apporte au plat son seul gras et ses seules notes grillées ; le même filet, avec ou sans sa peau, ne se boit donc pas pareil, le filet sans peau, poché ou à la vapeur, est pur et maigre et veut un blanc vif, le filet à la peau croustillante veut un blanc rond qui a de quoi répondre au gras. La décision se prend au moment de lever le filet : on garde la peau ou non, et le vin suit. Le Tour de Biot blanc sec, net et vif, est le vin du filet sans peau, poché dans son fumet ou cuit à la vapeur, à 10 °C, où il fait ce que fait le citron ; le chardonnay de Mayat, plus rond, sur le filet poêlé côté peau, croustillant, servi peau dessus ; et le Tour du Roy brut prestige, sur le filet cru, tranché fin en carpaccio ou mariné en ceviche, où la fraîcheur du poisson veut des bulles. La règle des filets : la peau ou pas, le vin change.

À éviter : un rouge, quel qu'il soit, sur un poisson maigre, et un blanc boisé sur un filet poché, qui l'écrase.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Bordeaux Château Tour de Biot BlancBordeaux Château Tour de Biot Blanc 6,20 €
Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €
Tour du Roy Brut Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux 9,50 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Il reste la moitié de la chair sur l'arête

Lame tenue droite, ou lame rigide. Le couteau couché à plat sur les arêtes, en longs coups ; un vrai couteau à filets souple ; et l'arête gratte bien au fumet.

Le filet est plein d'arêtes

Arêtes ventrales coupées au lieu d'être suivies, arêtes centrales pas retirées. La lame au ras des arêtes ventrales en descendant, la membrane retirée à plat, et la pince pour la rangée centrale, sentie du doigt.

La chair s'est déchirée

Poisson pas assez frais, ou petits coups de scie. Un poisson ferme du jour, et un ou deux longs coups de toute la lame.

Le filet a des écailles

Pas écaillé avant de lever. Impossible après : la peau se retire, et le filet se cuit sans peau.

La peau s'est percée en la retirant

Lame qui avance vers la peau. La lame presque immobile, couchée, et la peau tirée vers soi en zigzag ; la lame ne fait que tenir.

Le fumet est amer ou trouble

Ouïes ou poche de sang laissées, ou fumet bouilli plus de 20 minutes. Les ouïes coupées, le sang gratté et rincé, 20 minutes de frémissement, écumé, filtré.

Conservation & préparation anticipée

Les filets crus se gardent 24 heures au réfrigérateur, sur une assiette, couverts d'un film, dans la partie la plus froide ; levés le jour de l'achat.

Ils se congèlent 3 mois, filmés un à un ; décongelés une nuit au réfrigérateur, jamais à température ambiante.

Le fumet se garde 2 jours au réfrigérateur et 3 mois congelé, en bacs à glaçons pour les sauces.

La peau retirée, séchée et frite 2 minutes dans l'huile chaude, fait des chips de peau de poisson, salées.

Le poisson entier se garde 2 jours au réfrigérateur, vidé, sur de la glace ; il est meilleur levé et cuit le jour même.

Variantes

Le fumet de poisson

Notre fumet de poisson, pour ce qu'on fait de l'arête.

La dorade au four au citron et aux herbes

Notre dorade au four, le même poisson entier, pour comparer.

Le ceviche de poisson au citron vert

Notre ceviche de poisson, le premier usage d'un filet levé maison.

Le filet poêlé côté peau

Le filet épongé, la peau incisée trois fois, salée, posée dans une poêle chaude avec une cuillère d'huile, pressée 30 secondes à la spatule pour qu'elle ne se rétracte pas, cuite 4 minutes côté peau sans bouger jusqu'à ce que la chair soit opaque aux trois quarts, retournée 30 secondes : la peau craque, la chair est nacrée, et c'est le plat le plus simple qui soit.

Questions fréquentes

Quel couteau ?

Un couteau à filets de sole ou de poisson, à lame longue de 18 à 20 cm, fine, pointue et souple, qui se courbe sous la pression et suit l'arête ; il coûte de vingt à quarante euros et il est le seul outil de la technique. Un couteau de chef, rigide et large, laisse la moitié de la chair sur l'os.

Quel poisson pour apprendre ?

Un poisson rond à chair ferme et à arêtes simples : une dorade royale, un bar de 600 à 800 g, un maquereau, une truite. Les poissons plats, sole, turbot, limande, viennent ensuite, en quatre filets ; le saumon, gros, se lève de la même façon mais demande de la place.

Faut-il retirer la peau ?

Cela dépend de la cuisson : à la poêle, on la garde, écaillée, et on la cuit croustillante, c'est le meilleur du poisson ; pochée, à la vapeur, en papillote ou crue en carpaccio, on la retire. Pour la retirer, la lame à plat entre chair et peau à la queue, et la peau tirée vers soi pendant que la lame reste immobile.

Comment enlever les arêtes du milieu ?

À la pince à arêtes, une à une : le doigt passé sur le filet à rebrousse-poil, de la queue vers la tête, les sent ; on saisit chacune à sa base et on tire dans le sens de la tête, sans déchirer. Une dizaine par filet, dans le tiers avant ; sur un gros poisson, on peut aussi retirer toute la bande en V au couteau.

Pourquoi acheter le poisson entier ?

Parce qu'il est deux fois moins cher au kilo que le filet, qu'on juge sa fraîcheur à l'œil et aux ouïes, ce qu'un filet ne montre pas, et qu'on récupère la tête et l'arête pour un fumet qui vaut la sauce. Une dorade de 800 g à 20 euros le kilo donne deux filets de 180 g et un demi-litre de fumet.

Quel vin servir avec ?

Selon la peau : un bordeaux blanc sec vif à 10 °C sur un filet sans peau, poché ou vapeur, pur et maigre ; un chardonnay rond à 11 °C sur un filet poêlé côté peau, croustillant, dont la peau est le seul gras du plat. Un crémant brut sur le filet cru. Jamais un rouge sur un poisson maigre.

Le poissonnier lève les filets en trente secondes, et il le fait avec un couteau qui n'est pas celui de la cuisine : une lame longue, fine, souple, qui se courbe contre l'arête et la suit ; c'est l'outil qui fait tout, et il coûte vingt euros. Le reste est de la géographie : un poisson rond a une colonne vertébrale au milieu, deux filets de chaque côté, des arêtes qui partent de la colonne vers le ventre et une rangée d'arêtes fines dans le milieu du filet ; un poisson plat en a quatre. On apprend sur la dorade, et le turbot vient après.

La préparation : une dorade royale de 800 g, l'œil bombé et brillant, les ouïes rouges, ferme et sans odeur ; écaillée sous un filet d'eau froide, de la queue vers la tête, avec un écailleur ou le dos d'un couteau, si l'on garde la peau ; vidée par une incision du ventre, de l'anus aux ouïes, les viscères retirés d'un coup, la poche de sang le long de la colonne grattée à l'ongle et rincée ; épongée. Les nageoires dorsales et ventrales coupées aux ciseaux. Sur la planche, la tête à gauche pour un droitier, le dos vers soi.

Le premier filet : une incision en diagonale derrière la tête, de la nuque à la nageoire pectorale, jusqu'à l'arête ; puis le couteau couché à plat sur la colonne, la lame passe de la tête vers la queue en longs coups qui glissent sur les arêtes, la main libre soulevant le filet à mesure pour voir où l'on coupe ; arrivé aux arêtes ventrales, la lame les suit en descendant, au ras, pour ne pas laisser de chair ; le filet détaché à la queue. Le poisson retourné, tête à droite, et le second filet levé de même, cette fois de la queue vers la tête si c'est plus commode. Il reste une arête centrale avec la tête, presque nue, pour le fumet.

Le parage : le filet posé peau dessous ; les arêtes ventrales, la fine membrane de la cavité, retirées d'un coup de lame à plat ; les arêtes centrales, une rangée d'une dizaine d'arêtes fines dans le tiers avant du filet, senties du doigt et tirées une à une à la pince, dans le sens de la tête, sans déchirer ; les bords parés. Pour retirer la peau : le filet peau dessous, queue vers soi, la lame passée entre chair et peau à la queue, tenue à plat, presque couchée, et la peau tirée vers soi d'une main pendant que la lame reste immobile ou avance à peine, en zigzag ; la peau vient en un morceau. Deux filets de 180 g.

Le fumet : la tête sans les ouïes, l'arête et les parures rincées, dans une casserole avec un oignon, un blanc de poireau, un bouquet garni et 10 cl de vin blanc, couvertes d'eau froide, 20 minutes de frémissement, écumées, filtrées ; un demi-litre de fumet pour la sauce des filets. Les poissons : les ronds à chair ferme pour apprendre, dorade, bar, maquereau, truite, saumon, lieu ; les plats, sole, turbot, limande, en quatre filets, deux par face, en incisant d'abord le long de la colonne au milieu ; les petits, sardine et rouget, levés au pouce.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Bordeaux Château Tour de Biot BlancBordeaux Château Tour de Biot Blanc 6,20 €
Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €
Tour du Roy Brut Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux 9,50 €

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