L'old fashioned est la forme la plus ancienne du cocktail : un alcool, du sucre, des amers, de l'eau. Tout ce qui s'en écarte est un ajout postérieur. Le remplacement du whisky par une tequila vieillie appartient à la vague des années 2000, quand les bars américains ont commencé à traiter l'agave comme un spiritueux de dégustation et non comme une base à margarita.
La substitution fonctionne pour une raison précise : une tequila añejo passe au minimum un an en fût de chêne, souvent d'anciens fûts de bourbon. Elle en ressort avec de la vanille, du caramel et une trame boisement marquée — exactement le registre sur lequel l'old fashioned est construit. Ce qu'elle apporte en plus, c'est le poivre et la note végétale de l'agave cuit, qui donnent au verre une arête que le bourbon n'a pas.
Le sucrant change aussi : on remplace le sucre de canne par du sirop d'agave, qui vient de la même plante que l'alcool. Ce n'est pas un effet de style, c'est ce qui évite la couture entre le sucre et le spiritueux.
C'est un verre de fin de soirée, qu'on boit lentement en le laissant se diluer. À l'automne, il remplace un digestif : même poids, même lenteur, mais avec une fraîcheur que l'eau-de-vie seule n'a pas.






