La sangria d'été se boit très froide, allongée, souvent avec de la glace dans le pichet ; celle d'automne n'a rien à voir. Les fruits de septembre et d'octobre — pomme, poire, raisin — sont plus denses et moins juteux que les pêches et les agrumes, et le vin rouge qu'on ouvre à cette saison a davantage de matière. Le résultat doit être concentré, pas rafraîchissant.
C'est pourquoi la glace ne va pas dans la carafe. Un glaçon qui fond dans un litre de sangria pendant une soirée la dilue de dix à quinze pour cent, ce qui, sur une base déjà sucrée, laisse un liquide plat et aqueux. On refroidit la carafe elle-même au réfrigérateur, et on sert entre douze et quatorze degrés.
Le repos d'une nuit n'est pas une commodité d'organisation, c'est la recette. Il faut environ douze heures pour que les fruits rendent leurs sucres et leurs arômes au vin et, en retour, s'imprègnent de lui. Servie dans l'heure, une sangria n'est qu'un vin rouge avec des morceaux de pomme dedans.
Elle se sert à l'apéritif ou sur un plat de gibier, dans des verres à pied plutôt que dans des verres à punch. À six verres par bouteille, c'est une base de réception économique qu'on peut doubler sans effort.








