Le Betsy Ross appartient à la famille des cocktails au porto des manuels de bar américains : un vin muté mis à égalité avec une eau-de-vie de vin, relevé d'une cuillère de liqueur d'orange et d'un trait de bitters. C'est une architecture qui a produit une douzaine de recettes voisines, dont le Porto Flip et le Coffee Cocktail.
L'intérêt de celle-ci tient au dialogue entre les deux moitiés. Le porto apporte le fruit noir, le sucre résiduel et une texture ; le cognac apporte le degré, la structure et une chaleur qui empêche le vin de rester pesant. Ni l'un ni l'autre ne domine, et c'est rare dans un cocktail où il y a du vin.
C'est un verre d'après-dîner, servi sans glace dans une coupe froide. Il se boit très bien sur un chocolat noir, un dessert aux fruits rouges ou tout seul, en fin de repas d'hiver.
Nous n'avons pas de porto en cave. Un vin doux naturel du Roussillon longuement élevé vous donnera un Betsy Ross déplacé vers le tawny — moins de fruit frais, plus de noix et d'orange sèche — et l'échange se tient parfaitement.







