C'est le moment le plus inconfortable d'un réveillon. On lève les verres, et une personne sur six tient un jus d'orange, un soda, ou rien. Ce n'est pas une question de boisson, c'est une question d'égards : la flûte de celui qui ne boit pas doit avoir le même soin que les autres.
Le problème technique est réel. Un champagne brut apporte trois choses qu'un jus n'a pas : de l'acidité, de l'amertume et une bulle fine et sèche. Un jus de fruit apporte du sucre. Si l'on remplace simplement l'un par l'autre, on obtient une boisson d'enfant dans un verre d'adulte, et tout le monde le voit.
La méthode tient en trois gestes : partir d'un jus vineux et peu sucré plutôt que d'un jus de fruit, lui rendre son acidité avec un agrume ou un verjus, et lui donner de l'amertume avec un tonic ou un amer sans alcool. Le résultat se sert en flûte, se photographie, et se boit sans qu'on ait à expliquer ce que c'est.







