Closing Argument en coupe de cristal sur un comptoir d'ardoise noire dans un bar à vins moderne, robe vert pâle, cerise au fond et rondelle de citron vert

Cocktail · Au shaker, double filtrage

Closing Argument : mezcal, Chartreuse verte et marasquin

Quatre volumes égaux, une cerise au fond du verre : le riff au mezcal du Last Word, tel qu'il se sert dans les bars depuis le début des années 2010.

  • Préparation : 3 min
  • Verre : Verre Nick & Nora glacé, ou petite coupette
  • Glace : Cubes pleins au shaker, servi sans glace dans le verre
  • Au shaker, double filtrage
  • 1 verre
  • Facile

Ingrédients

1 verre

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette — en stock.

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Ustensiles

  • shaker
  • passoire à cocktail
  • passoire fine
  • verre doseur gradué
  • couteau d'office (pour la rondelle de citron vert)

La méthode

La recette est à parts égales : 2,25 cl de chacun des quatre ingrédients. C'est la version que donne la littérature de bar de façon constante, quelle que soit la source, et il n'y a pas lieu de la retoucher.

Une seule liberté est admise et elle se justifie : si votre mezcal est très fumé, montez-le à 3 cl et descendez le marasquin à 1,5 cl. Vous ne déséquilibrez pas le verre, vous compensez une matière première plus forte que la moyenne. Faites-le après avoir goûté la version à parts égales, jamais avant.

La cerise se dépose au fond du verre AVANT de verser, pas après. Jetée sur un verre plein, elle fait déborder et vient troubler la surface.

Shaker douze à quinze secondes sur de gros cubes, puis double filtrage. Le verre se sert sans glace : tout éclat resté dans la coupe continuerait de fondre et diluerait le verre entre la première et la dernière gorgée.

Préparation pas à pas

  1. Glacer le verre et préparer la garniture 10 min

    Placez le verre Nick & Nora au congélateur. Coupez une rondelle fine de citron vert au couteau et déposez une cerise au marasquin au fond du verre.

  2. Presser et doser 1 min

    Pressez le citron vert. Mesurez au verre gradué 2,25 cl de mezcal, de Chartreuse verte, de marasquin et de jus, et versez le tout dans le shaker.

  3. Shaker 15 s

    Ajoutez de gros cubes pleins et secouez douze à quinze secondes. La paroi doit givrer ; au-delà, vous ne refroidissez plus, vous diluez.

  4. Double filtrage 20 s

    Versez à travers la passoire à cocktail et la passoire fine, doucement, pour ne pas déplacer la cerise posée au fond.

  5. Garnir et servir 10 s

    Fendez la rondelle de citron vert et posez-la sur le bord. Servez immédiatement, le verre encore givré.

Le conseil du caviste

Le point de bascule de ce verre, ce n'est pas le mezcal, c'est le marasquin. Beaucoup de bouteilles vendues sous ce nom sont des sirops de cerise colorés : elles apportent du sucre et rien d'autre, et le cocktail s'affaisse en deux gorgées. Une vraie liqueur de marasque est sèche, presque amère, avec ce goût de noyau et d'amande qui rappelle le kirsch. C'est elle qui fait la jonction entre la fumée de l'agave et l'amertume de la Chartreuse.

Même remarque pour la cerise du fond : une cerise confite fluorescente n'a rien à faire ici. Prenez une cerise au marasquin sombre, dense, qui a gardé sa chair.

Et puisqu'il faut ouvrir quatre bouteilles pour un seul verre : montez-en deux. Ce cocktail se partage mieux qu'il ne se boit seul, et le second se prépare pendant que le premier finit de givrer.

Dépannage

Le verre est douceâtre, sans nerf

Marasquin trop sucré ou citron vert insuffisant. Repressez un demi-citron vert et ajoutez 0,5 cl de jus : l'acidité est ce qui tient les quatre ingrédients ensemble.

La fumée du mezcal domine tout

Descendez le mezcal à 2 cl et laissez les trois autres à 2,25 cl. Certains espadín de four à bois sont nettement plus fumés que la moyenne.

La cerise remonte et flotte en surface

Elle a été ajoutée après le versement. Déposez-la au fond du verre vide, avant de verser, et versez lentement.

Le cocktail est plat, presque tiède

Verre non glacé. Un Nick & Nora se remplit à ras bord d'un liquide servi sans glace : s'il n'a pas passé dix minutes au congélateur, il réchauffe le verre en une minute.

Variantes

Golden Argument

Chartreuse jaune à la place de la verte. Moins de puissance herbacée, davantage de miel et d'épices douces : la version à servir à quelqu'un qui trouve la verte trop médicinale.

Base partagée

1,25 cl de mezcal et 1 cl de tequila reposado à la place des 2,25 cl de mezcal : la fumée recule d'un pas et le poivre de l'agave cuit prend le relais.

Version longue

Le même mélange versé sur glace dans un verre haut et allongé de 6 cl d'eau pétillante. Moins concentré, plus long à boire, utile en début de soirée.

Sans le marasquin

À défaut de marasquin, 1,5 cl de sirop de sucre et deux traits d'eau-de-vie de fruit à noyau approchent la même texture. Ce n'est plus la recette, mais le verre tient debout.

Questions fréquentes

Closing Argument et Última Palabra, est-ce le même cocktail ?

Oui, dans les faits. Les deux noms désignent le même assemblage à parts égales de mezcal, Chartreuse verte, marasquin et citron vert. Última Palabra est le nom donné par Phil Ward au Death & Co en 2007 ; Closing Argument s'est imposé ailleurs au début des années 2010.

Peut-on faire un Closing Argument sans Chartreuse ?

Pas vraiment. Aucune autre liqueur ne reproduit ce mélange de plantes, d'amertume et de degré. Une liqueur herbacée de montagne s'en approche, mais le verre obtenu porte alors un autre nom.

Quel verre pour servir un Closing Argument ?

Un Nick & Nora ou une petite coupette de 12 à 15 cl, placés au congélateur. Le volume total avoisine 11 cl après dilution : dans un grand verre, il paraît chiche et se réchauffe vite.

Faut-il mettre la cerise avant ou après ?

Avant. On la dépose au fond du verre vide, puis on verse doucement par-dessus. Ajoutée ensuite, elle fait déborder et trouble la surface.

Le Closing Argument — la plaidoirie finale, celle qu'un avocat prononce avant que le jury ne se retire — appartient à la famille des variations du Last Word. Le nom joue avec celui de son aîné : dernier mot d'un côté, dernière plaidoirie de l'autre. Il apparaît dans les cartes américaines au début des années 2010, porté par la vague du mezcal, sans qu'aucune source ne s'accorde sur un auteur unique.

Sa construction est celle que Phil Ward avait fixée dès 2007 au Death & Co sous le nom de Última Palabra : gin remplacé par mezcal, tout le reste inchangé. Les deux appellations désignent aujourd'hui le même verre et la littérature de bar ne les distingue pas. Nous le disons franchement plutôt que d'inventer une différence qui n'existe pas.

Ce que le nom apporte, en revanche, c'est un usage : servi en petit verre Nick & Nora avec une cerise au fond, il se boit comme un digestif court plutôt que comme un apéritif. La cerise, gorgée du mélange, se mange à la fin — c'est le seul élément de la recette qui ne se boit pas.

À l'arrière-saison, il trouve sa place après un plat riche, en fin de table, quand le vin est fini et qu'on n'a plus envie de sucre. Son amertume herbacée ferme le repas mieux qu'une liqueur seule.

Avant de partir

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