Le Closing Argument — la plaidoirie finale, celle qu'un avocat prononce avant que le jury ne se retire — appartient à la famille des variations du Last Word. Le nom joue avec celui de son aîné : dernier mot d'un côté, dernière plaidoirie de l'autre. Il apparaît dans les cartes américaines au début des années 2010, porté par la vague du mezcal, sans qu'aucune source ne s'accorde sur un auteur unique.
Sa construction est celle que Phil Ward avait fixée dès 2007 au Death & Co sous le nom de Última Palabra : gin remplacé par mezcal, tout le reste inchangé. Les deux appellations désignent aujourd'hui le même verre et la littérature de bar ne les distingue pas. Nous le disons franchement plutôt que d'inventer une différence qui n'existe pas.
Ce que le nom apporte, en revanche, c'est un usage : servi en petit verre Nick & Nora avec une cerise au fond, il se boit comme un digestif court plutôt que comme un apéritif. La cerise, gorgée du mélange, se mange à la fin — c'est le seul élément de la recette qui ne se boit pas.
À l'arrière-saison, il trouve sa place après un plat riche, en fin de table, quand le vin est fini et qu'on n'a plus envie de sucre. Son amertume herbacée ferme le repas mieux qu'une liqueur seule.





