Le shot étagé a mauvaise réputation, et pas toujours à tort : la plupart de ceux qu'on sert sont trois sirops colorés empilés dont personne ne finit le troisième. Le principe, lui, est bon — c'est de la physique simple, et il tient en une phrase : le plus sucré descend.
Ici, deux couches suffisent. Deux, c'est ce qu'on réussit du premier coup et ce qui reste lisible dans un verre de quatre centimètres de haut ; à trois, la couche du milieu se noie dès qu'on pose le plateau un peu vite.
Le contraste vient des fruits, pas d'un flacon de colorant : le cassis descend presque noir, la liqueur d'orange reste ambrée et translucide au-dessus. En les regardant à contre-jour, on voit la ligne de séparation, ce qui est exactement l'effet cherché.
On les monte au dernier moment sur le plan de travail, et on les porte à plat, sans se presser : c'est le trajet jusqu'à la table qui détruit le plus de shots étagés.







