Le thé est un ingrédient de bar ancien et mal exploité. On le traite en général comme une eau colorée, une façon d'allonger sans diluer ; c'est passer à côté de ce qu'il apporte vraiment, qui est du tanin. À ce titre, il se dose comme un vin ou un vermouth, pas comme un jus.
Un thé noir fumé y ajoute une seconde chose : une fumée sèche et boisée, qui vient du séchage des feuilles au-dessus d'un feu de résineux. Elle n'a pas grand-chose à voir avec la fumée tourbée de certains whiskies, et c'est justement pour cela que les deux ne se cumulent pas sans précaution.
Le verre qui en sort est sombre, sec et long, presque sans sucre. Il ne cherche pas l'effet visuel des autres verres de la soirée : c'est celui qu'on sert plus tard, quand les enfants sont couchés et qu'on s'assoit enfin.
Il demande un peu de méthode, d'où son niveau. Tout se joue sur la façon d'infuser le thé : mal infusé, il donne un cocktail astringent qu'aucun dosage ne rattrape ensuite.








