Cocktail à la vieille prune dans un verre bas taillé, gros glaçon, large zeste d'orange brûlé et pruneau sur une pique, posé sur une tête de tonneau dans une cave voûtée

Cocktail · Remué au verre, zeste brûlé

Nuit de Toussaint : le cocktail à la vieille prune

Une vieille prune adoucie d'un sirop de pruneau maison, remuée sur un seul gros glaçon et couronnée d'un zeste d'orange brûlé : un verre sombre, sec et fumé, pour la soirée du 1er novembre.

  • Préparation : 5 min
  • Verre : Verre bas taillé (old fashioned), épais de préférence
  • Glace : Un seul gros glaçon taillé, le plus dense possible
  • Remué au verre, zeste brûlé
  • 1 verre
  • Facile

Ingrédients

1 verre

Les bouteilles de la cave

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Ustensiles

  • verre à mélange
  • cuillère de bar
  • petite casserole (pour le sirop de pruneau)
  • passoire fine
  • couteau économe
  • allumette longue (pour brûler le zeste, tenue à distance du verre)

La méthode

Le sirop d'abord, il se prépare à l'avance. Trois pruneaux dénoyautés, 5 cl d'eau et une cuillère à café de sucre roux, à frémissement dix minutes, puis on écrase et on passe au tamis fin. On obtient un sirop épais, brun, qui se garde une semaine au réfrigérateur.

Le cocktail se remue, il ne se secoue jamais. Une eau-de-vie de prune est limpide et le shaker l'aère, la trouble et casse net sa finale. Verre à mélange, glaçons, vingt à vingt-cinq tours de cuillère : c'est là que se fait la dilution, et cette eau de fonte n'est pas une perte, c'est ce qui ouvre le fruit.

On coule ensuite sur un seul gros glaçon, dans un verre épais. Un gros glaçon dense fond lentement : passé dix minutes, le verre a encore sa forme.

Le zeste se brûle en dernier. Tenez-le à plat entre pouce et index, écorce vers le verre, passez l'allumette à quelques centimètres derrière, puis pressez-le d'un coup sec : les huiles traversent la flamme et retombent à la surface. On frotte enfin le bord du verre avec, avant de le poser dedans.

Préparation pas à pas

  1. Faire le sirop de pruneau 12 min

    Faites frémir trois pruneaux dénoyautés avec 5 cl d'eau et une cuillère à café de sucre roux, dix minutes. Écrasez, passez au tamis fin, laissez refroidir.

  2. Assembler au verre à mélange 30 s

    Versez la vieille prune, le sirop de pruneau, le jus de citron et les bitters sur des glaçons.

  3. Remuer 30 s

    Vingt à vingt-cinq tours de cuillère de bar, sans à-coups. Le verre à mélange doit se couvrir de buée à l'extérieur.

  4. Couler sur le gros glaçon 20 s

    Placez le gros glaçon dans le verre bas et coulez le mélange à travers la passoire.

  5. Brûler le zeste 30 s

    Écorce tournée vers le verre, passez une allumette derrière le zeste et pressez-le d'un coup sec. Frottez le bord du verre avec, puis posez-le dessus.

  6. Garnir 10 s

    Ajoutez le pruneau sur une pique en travers du verre et servez immédiatement, tant que le fumé est encore au nez.

Le conseil du caviste

L'erreur habituelle avec une eau-de-vie de prune est de vouloir la couvrir. On lui ajoute un jus, une liqueur, un soda, et il ne reste plus que la brûlure de l'alcool sous un goût qui n'est pas le sien. Elle a besoin du contraire : de l'eau, très peu de sucre, et rien d'autre qui parle fort.

D'où l'importance des vingt-cinq tours de cuillère. Ce n'est pas une figure de style : la dilution est ici un ingrédient à part entière, celui qui fait passer le verre d'un digestif serré à un cocktail qu'on boit lentement. Un verre sous-remué reste fermé et agressif.

Si vous avez une bouteille entamée depuis longtemps, goûtez-la avant : les eaux-de-vie de fruits se tiennent bien dans le temps mais perdent leur nez dans une bouteille restée au tiers. Dans ce cas, montez le sirop de pruneau à 2 cl pour compenser.

Cette recette accepte très bien la mirabelle ou la poire à la place de la prune. Ce qu'elle refuse, c'est la framboise : trop parfumée, elle entre en conflit avec le pruneau cuit et le verre devient confus.

Dépannage

Le verre brûle en attaque

Sous-remué. Repassez dix tours de cuillère supplémentaires au verre à mélange : la dilution manquante est la seule cause.

Le sirop de pruneau est trop épais et tombe au fond

Il a trop réduit. Rallongez-le d'une cuillère d'eau chaude et remuez avant de doser.

Le zeste ne prend pas feu

Il est trop fin ou l'orange n'est pas assez fraîche. Coupez large et épais, avec un peu de blanc, sur une orange récente.

Le cocktail devient aqueux au bout de cinq minutes

Glaçon trop petit ou trop poreux. Un seul gros cube dense, sorti d'un bac profond, tient un quart d'heure.

Variantes

À la mirabelle

Eau-de-vie de mirabelle et sirop d'abricot sec à la place du pruneau : plus floral, plus clair de robe, et le zeste brûlé ressort davantage.

Version armagnac

Un armagnac remplace la vieille prune à volume égal. Le bois du fût vient s'ajouter au pruneau cuit : verre plus large, plus rond, moins tranchant.

Allongé à l'eau gazeuse

Pour une version longue, coulez la même base dans un verre haut et allongez de 8 cl d'eau gazeuse très froide. Le zeste se brûle alors avant de verser les bulles.

Sans alcool

Sirop de pruneau, jus de citron, une infusion froide de thé noir fumé et beaucoup de glace : on garde le fruit séché et le côté fumé, on perd le tranchant.

Questions fréquentes

Que faire avec une bouteille de vieille prune ?

Autre chose qu'un petit verre debout. Remuée sur glace avec un sirop de fruit séché, un trait de citron et un zeste brûlé, elle donne un cocktail sec de fin de repas.

Comment brûler un zeste d'orange sur un cocktail ?

Coupez le zeste large et épais, tenez-le écorce vers le verre, placez une allumette à quelques centimètres derrière, puis pressez-le d'un coup sec pour projeter les huiles à travers la flamme.

Faut-il secouer ou remuer une eau-de-vie de fruit ?

Remuer. Le shaker aère et trouble un spiritueux limpide, et casse la finale. Le verre à mélange donne la même fraîcheur avec une dilution maîtrisée.

Peut-on préparer ce cocktail de Toussaint à l'avance ?

Le sirop de pruneau se garde une semaine au réfrigérateur et la base peut être mélangée en bouteille au congélateur. Le zeste, lui, ne se brûle qu'au moment de servir.

La Toussaint n'a pas de cocktail. Halloween a pris toute la place bruyante du 31 octobre, et le lendemain, plus calme, plus gris, plus familial, se boit généralement au café ou pas du tout. C'est pourtant là que les eaux-de-vie de fruits ont le plus de sens : on les sort déjà à ce moment de l'année, mais toujours sous forme de petit verre debout, jamais travaillées.

Les mettre en cocktail demande de renoncer à une habitude. Une eau-de-vie de prune est sèche, droite, sans sucre résiduel : elle ne supporte ni le jus de fruit ni les liqueurs qui l'écraseraient. Ce qu'elle accepte, c'est un peu d'eau de fonte, une pointe de sucre et un contrepoint amer — exactement la construction d'un old fashioned.

Le pruneau referme le cercle. Réduit en sirop, il ramène au verre la même prune, mais cuite, concentrée, avec ses notes de caramel et de fruit séché. L'eau-de-vie donne le fruit frais, le sirop le fruit séché, et l'écart entre les deux fait toute la longueur du verre.

Le zeste brûlé par-dessus n'est pas un ornement : les huiles de l'écorce chauffées tombent à la surface et posent une couche fumée qu'on sent avant de boire.

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