Le jus de pomme est probablement le meilleur allongé du whisky pour qui trouve l'eau trop neutre et le soda trop bavard. La pomme apporte du sucre et de l'acidité, deux choses que le fût n'a pas données à l'eau-de-vie, et elle laisse passer les notes de céréale et de bois au lieu de les recouvrir.
La difficulté est de doser. Trop de jus et le whisky disparaît ; trop peu et le verre reste un whisky légèrement fruité, sans intérêt. Le rapport de un pour un et demi, avec un trait de citron pour tendre l'ensemble, est celui qui laisse les deux composants audibles.
Le sirop d'érable n'est pas là pour sucrer — le jus s'en charge — mais pour poser un pont entre le fruit et le bois. Ses notes brûlées prolongent l'élevage du whisky et évitent la cassure entre l'alcool et le jus. Un cl suffit, deux et le verre devient collant.
On sert ce verre en fin d'après-midi d'automne, ou après un plat de gibier, là où un whisky sec paraîtrait trop abrupt.







