Le cocktail au café a une qualité que peu de verres partagent : il produit lui-même sa propre surface. Secoué assez fort, un espresso fraîchement tiré remonte une mousse claire et dense qui tient plusieurs minutes. C'est un support, et il ne demande qu'à être dessiné dessus.
D'où la toile d'araignée. Le geste vient du latte art et se transpose sans difficulté : quelques gouttes de crème déposées en cercles concentriques, puis tirées du centre vers le bord à la pointe d'un couteau. Six traits suffisent, et l'irrégularité des rayons fait plus vrai qu'un dessin symétrique.
C'est un verre de fin de soirée, à servir après le repas plutôt qu'à l'apéritif. Il remplace le café et le digestif d'un coup, ce qui explique qu'on en boive rarement deux.
Un mot sur le matériel : la coupette doit passer un quart d'heure au congélateur avant d'être remplie. C'est la seule vraie contrainte de la recette, et celle qu'on oublie le plus souvent.







