Ce verre n'est pas un classique codifié : c'est une composition de la maison, bâtie sur le cadre du Champagne Cocktail, lui bien antérieur. On en a gardé le principe — un alcool ambré et un sucre parfumé sous une colonne de bulles — en remplaçant le morceau de sucre imbibé de bitter par une liqueur d'orange, plus lisible pour des invités qui ne boivent pas de cocktails le reste de l'année.
Le réveillon pose un problème que les autres soirées ne posent pas : tout le monde veut son verre à la même minute. Un cocktail au shaker est ingérable à douze, et une flûte servie dix minutes trop tôt est tiède au moment des vœux. Celui-ci se monte directement dans le verre, et la partie qui prend du temps — la liqueur, l'eau-de-vie, le zeste — se prépare une heure à l'avance sans que rien ne s'abîme.
Sur les bulles, une remarque de caviste : ici, elles sont allongées et aromatisées. Un crémant brut y fait exactement le travail d'un champagne, pour un tiers du prix. Gardez le champagne pour le verre qu'on boit nu, avant ou après.
La couleur, enfin, n'est pas un artifice : elle vient de la liqueur d'orange et de l'armagnac, et elle se voit à contre-jour dans une flûte étroite. C'est la seule raison pour laquelle on garde ici la flûte plutôt que la tulipe.









