Le French 75 est un cocktail de Paris : il naît au Harry's New York Bar pendant la Première Guerre mondiale, et son nom vient du canon de 75 millimètres de l'artillerie française — l'idée étant que le verre frappe aussi fort. La formule d'origine repose sur le gin.
Le French 76 en est la déclinaison à la vodka. La littérature de bar la retient sans lui attribuer d'auteur ni de date précise, et elle s'est imposée pour une raison simple : le gin apporte un genièvre et un bouquet de botaniques qui discutent avec le vin, alors que la vodka ne discute pas. Elle allonge, elle porte le citron, elle disparaît. Ce qui reste au nez, ce sont les bulles et l'agrume.
C'est ce qui en fait un cocktail de table plutôt qu'un cocktail de comptoir. On peut le servir avant des huîtres, un tartare de dorade ou une entrée froide sans que le verre impose son propre discours à l'assiette. Le French 75 au gin, lui, veut qu'on s'occupe de lui.
Une précision de saison : c'est un cocktail d'apéritif d'hiver autant que d'été. Le citron pressé au moment, servi très froid dans une flûte, ouvre l'appétit avant un repas de fête mieux qu'une coupe nature, qui arrive souvent trop lourde après les toasts.








