Cocktail à l'orange sanguine en verre de cristal taillé, tranche de sanguine et gros glaçon, sur le zinc d'un bistrot parisien un soir d'hiver

Cocktail · Au shaker, filtré sur glace fraîche

Cocktail à l'orange sanguine : gin, agrume et un gros glaçon

Du jus d'orange sanguine pressé à la minute, un gin au genièvre lisible et un trait de citron : un verre court dont la couleur change d'un fruit à l'autre, et qu'on ne cherche surtout pas à corriger.

  • Préparation : 5 min
  • Verre : Verre bas épais (tumbler)
  • Glace : Cubes pleins au shaker, filtré sur un gros glaçon neuf
  • Au shaker, filtré sur glace fraîche
  • 1 verre
  • Facile

Ingrédients

1 verre

Les bouteilles de la cave

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Ustensiles

  • shaker
  • presse-agrumes
  • passoire à cocktail
  • verre bas épais
  • verre doseur

La méthode

Deux points seulement, mais ils font toute la différence.

Le premier : pressez au dernier moment. Les anthocyanes qui donnent sa couleur à la sanguine s'oxydent vite ; un jus pressé le matin est brunâtre le soir, et il a perdu en franchise. C'est le seul ingrédient de la recette qui ne se prépare pas d'avance.

Le second : goûtez avant de sucrer. La sanguine est nettement moins acide qu'une orange blonde et sa teneur en sucre varie d'un fruit à l'autre. Le centilitre de sirop est un point de départ, pas une règle — sur des fruits mûrs, la moitié suffit.

Secouez court, dix secondes sur de gros cubes : on cherche à refroidir et à lier, pas à diluer. Puis filtrez sur un glaçon neuf dans le verre de service. Les cubes du shaker sont déjà fissurés et fondraient trois fois plus vite.

La demi-tranche se glisse entre le glaçon et la paroi, pas sur le bord : elle continue à parfumer le verre au lieu de servir de décoration.

Préparation pas à pas

  1. Presser les fruits 2 min

    Pressez les oranges sanguines et le citron juste avant de monter le verre. Gardez une demi-tranche épaisse pour la garniture.

  2. Goûter le jus 30 s

    Goûtez le jus seul. C'est lui qui décide de la dose de sirop : sur des fruits mûrs, 0,5 cl suffit.

  3. Secouer 10 s

    Réunissez gin, jus, citron et sirop dans le shaker rempli de gros cubes. Dix secondes de secousse, pas plus.

  4. Filtrer sur glace neuve 30 s

    Placez un gros glaçon neuf dans le verre bas et filtrez le mélange par-dessus à la passoire à cocktail.

  5. Garnir 30 s

    Glissez la demi-tranche de sanguine entre le glaçon et la paroi du verre. Servez sans remuer.

Le conseil du caviste

La question qu'on me pose à chaque fois : pourquoi mon verre n'est-il pas aussi rouge que sur la photo ? Parce que la couleur d'une sanguine dépend du froid qu'elle a reçu pendant sa maturation, et que deux fruits du même cageot n'ont pas vécu la même nuit. Un jus rose pâle n'est ni raté ni moins bon.

Ce qu'il ne faut surtout pas faire, c'est rattraper la teinte à la grenadine ou au sirop de fruits rouges. On gagne deux tons de rouge et on perd l'équilibre : le verre devient sucré, l'amertume de l'écorce disparaît, et il ne reste qu'un jus coloré. Si vous voulez de la couleur, achetez vos sanguines tard dans la saison, quand les nuits ont été froides longtemps.

Dernière remarque sur le gin : évitez ceux qui annoncent déjà l'agrume en tête. Ils font doublon avec le jus et le verre devient monocorde. Un gin sur le genièvre, la racine et le poivre donne un contrepoint et empêche le fruit de tourner au jus d'orange alcoolisé.

Dépannage

Le verre est pâle, pas rouge

C'est le fruit, pas la recette : la couleur dépend du froid reçu pendant la maturation. Ne corrigez jamais à la grenadine, le verre y perdrait son équilibre.

Le cocktail est plat, sans tension

Le citron manque. La sanguine est peu acide : sans 1,5 cl de citron, le verre reste mou même bien dosé en gin.

Le jus a bruni

Il a été pressé trop tôt. Les pigments s'oxydent en quelques heures : pressez au moment de monter le verre.

Le verre se dilue en deux minutes

Vous avez servi sur la glace du shaker, déjà fissurée. Filtrez toujours sur un glaçon neuf.

Variantes

Allongé au tonic

Le même mélange dans un verre haut, allongé de 8 cl de tonic : plus long, moins alcoolisé, et l'amertume de la quinine remplace le rôle du citron.

Avec une liqueur d'orange

1 cl de liqueur d'orange à la place du sirop : le sucre arrive avec de l'écorce amère, ce qui donne plus de relief qu'un sucre neutre.

Sans alcool

Jus de sanguine, citron, sirop et un spiritueux distillé sans alcool aux botaniques de genièvre : la structure du verre tient sans la chaleur de l'alcool.

Version romarin

Une branche de romarin frappée dans la paume et glissée dans le verre : le résineux prolonge le genièvre et donne un verre plus hivernal.

Questions fréquentes

Quelle est la saison de l'orange sanguine ?

C'est un agrume d'hiver : les premiers fruits arrivent en fin d'automne et la saison se prolonge jusqu'au printemps. Sa chair rouge se forme quand les nuits deviennent froides.

Pourquoi mon jus d'orange sanguine n'est-il pas rouge ?

Parce que la pigmentation dépend du nombre de nuits froides que le fruit a vécues. Deux oranges du même cageot peuvent donner l'une un jus rosé, l'autre un jus grenat, sans différence de qualité.

Quel gin pour un cocktail à l'orange sanguine ?

Un gin droit, sur le genièvre, la racine et le poivre. Les gins déjà très agrumes font doublon avec le jus et rendent le verre monocorde.

Peut-on utiliser du jus d'orange sanguine en bouteille ?

On peut, mais le résultat est plus terne : les pigments et l'acidité s'oxydent vite. Si c'est votre seule option, augmentez légèrement le citron pour retrouver de la tension.

La sanguine n'est pas une orange colorée artificiellement ni un croisement récent : sa chair rouge vient d'anthocyanes, les mêmes pigments que dans la mûre ou le cassis, qui ne se développent que lorsque les nuits deviennent froides. C'est une orange d'hiver, dont les premiers fruits arrivent en fin d'automne et qui tient jusqu'au printemps.

Cette origine climatique explique ce qui déroute quand on la travaille : deux fruits du même cageot ne donnent pas le même jus. L'un sort orange à peine rosé, l'autre presque grenat. Ce n'est pas un défaut de qualité, c'est le nombre de nuits froides que chaque fruit a vues sur l'arbre.

Le gin est ici un cadre plutôt qu'une vedette. Le genièvre et l'agrume partagent des notes terpéniques, ce qui fait qu'ils se superposent au lieu de se disputer le verre — à condition de rester sur un gin droit, où le genièvre reste audible sous le fruit.

On sert ce verre court, sur un seul gros glaçon, à l'apéritif. Il est franc, acidulé, peu sucré : il ouvre l'appétit au lieu de le fermer, ce qui n'est pas le cas de la plupart des cocktails à base de jus de fruit.

Avant de partir

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