Le Schweppes est la bouteille la plus présente dans les placards français, et la moins bien utilisée. On lui applique la recette du gin tonic de bar, un tiers de gin pour deux tiers de tonic, et on obtient un verre franchement sucré qu'on finit par allonger d'eau.
La raison est mesurable. Un tonic industriel contient autour de huit grammes de sucre pour cent millilitres, soit à peu près autant qu'un soda au cola. Les tonics artisanaux descendent souvent entre quatre et six grammes, avec davantage de quinine. À dose égale, le verre n'a donc pas le même équilibre du tout.
La correction tient en deux gestes. D'abord, allonger un peu moins : un tiers d'alcool pour un tiers et demi de tonic plutôt que deux tiers. Ensuite, remonter l'acidité, avec un vrai jus de citron et non un quartier posé sur le bord. Ces deux gestes suffisent à rendre buvable ce qui ne l'était pas, sans rien acheter.
Et si vous voulez comprendre d'où vient la différence, faites le même verre avec un tonic moins sucré : c'est l'amertume de quinine qui remonte, et le verre s'allonge tout seul.







