Le punch n'est pas un cocktail agrandi : c'est une famille de boissons plus ancienne que le cocktail lui-même, et elle repose sur une règle de proportions que les marins anglais récitaient déjà au XVIIe siècle — un acide, deux sucre, trois fort, quatre faible. Une part de jus de citron, deux de sucre, trois d'alcool, quatre d'eau, de thé ou de jus. Tout le reste n'est que décoration.
C'est aussi la seule façon honnête de servir dix personnes le 31 octobre sans passer la soirée derrière un shaker. Le bol se pose, la louche reste dedans, et chacun se sert. En contrepartie, un punch se rate d'une seule façon : par la dilution.
D'où le détail qui fait tout, et qui n'a rien de décoratif : un seul gros bloc de glace au lieu de glaçons. Un bloc offre beaucoup moins de surface à volume égal, il fond donc bien plus lentement et rafraîchit le bol sans le noyer. Des glaçons, eux, ont disparu en vingt minutes et le punch avec.
Compté large, ce bol tient une soirée entière pour dix convives. Prévoyez de l'eau fraîche à côté : un punch se boit lentement, mais il se boit longtemps.








