Carafe de cristal de rhum arrangé poire-vanille et verre à dégustation sur la table de teck d'une véranda coloniale au crépuscule

Cocktail · Macération en bocal

Rhum arrangé poire-vanille : rhum blanc agricole et six semaines

Trois poires, deux gousses de vanille et un rhum blanc agricole : une macération de six semaines qu'on lance en vingt minutes et qu'on goûte à la cuillère au fil des semaines.

  • Préparation : 20 min
  • Verre : Petit verre à dégustation, à température ambiante
  • Glace : Aucune : la glace fermerait les arômes extraits pendant six semaines
  • Macération en bocal
  • 1 bocal d'environ 1 litre, soit une vingtaine de verres
  • Facile

Ingrédients

1 bocal d'environ 1 litre, soit une vingtaine de verres

Les bouteilles de la cave

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Ustensiles

  • bocal à joint de 1,5 litre (ébouillanté et séché ; le fruit doit être entièrement recouvert)
  • couteau d'office
  • économe
  • passoire fine
  • étamine ou filtre à café (pour le filtrage final)
  • bouteille de conservation

La méthode

La découpe décide de tout. Des quartiers épais, quatre ou six par poire, avec la peau : la peau tient le fruit pendant six semaines et empêche la bouillie. Coupée en dés, la poire se défait en dix jours et le bocal devient irrécupérablement trouble.

Le fruit doit être ENTIÈREMENT immergé. Un quartier qui dépasse s'oxyde à l'air et brunit, puis contamine le goût du reste. Si le rhum ne suffit pas à couvrir, retirez une poire plutôt que d'ajouter de l'eau.

Le sucre s'ajoute à la fin, pas au début. Le sucre ralentit l'extraction en modifiant la densité du milieu, et surtout il masque : sucré dès le premier jour, vous ne saurez jamais ce que la poire a réellement donné.

On secoue doucement le bocal une fois par semaine, sans l'ouvrir. Ouvrir à chaque fois fait entrer de l'air et rien d'autre.

Au bout de six semaines, on filtre à la passoire puis à l'étamine, on retire la vanille, et on met en bouteille. La vanille laissée dedans continuerait à diffuser jusqu'à tout recouvrir.

Préparation pas à pas

  1. Préparer le bocal 5 min

    Ébouillantez le bocal et son joint, séchez-les complètement. Toute trace d'eau dilue la macération et raccourcit sa conservation.

  2. Tailler les poires 8 min

    Lavez les poires, retirez le cœur et coupez-les en quartiers épais SANS les peler. Rangez-les dans le bocal avec le zeste de citron.

  3. Ajouter la vanille 3 min

    Fendez les gousses dans la longueur, grattez les graines au-dessus du bocal et glissez les gousses entières entre les quartiers.

  4. Couvrir de rhum 2 min

    Versez le rhum jusqu'à recouvrir entièrement le fruit. Fermez, secouez une fois, rangez à l'abri de la lumière.

  5. Attendre et remuer 6 semaines

    Secouez doucement une fois par semaine, sans ouvrir. Goûtez à la cuillère à partir de la quatrième semaine.

  6. Filtrer et sucrer 10 min

    Filtrez à la passoire puis à l'étamine, retirez la vanille, ajoutez le sucre par petites doses en goûtant, mettez en bouteille.

Le conseil du caviste

Prenez un rhum blanc agricole plutôt qu'un rhum de mélasse. L'agricole est distillé à partir du jus de canne frais et garde une note végétale, presque herbacée, qui fait contrepoint à la douceur de la poire ; un rhum de mélasse, déjà rond et sucré, s'additionne au fruit et l'ensemble devient plat.

Le degré compte autant que le style : plus le rhum titre haut, mieux il extrait et mieux il se conserve. Relevez le titre sur l'étiquette de votre bouteille avant de vous lancer, c'est la seule donnée qui vous manque vraiment.

N'utilisez pas ici un rhum vieux. Son élevage sous bois occupe exactement la place aromatique que va prendre la vanille, et vous paierez cher un boisage que la gousse vous donne pour trois euros.

Dernière chose : goûtez à la quatrième semaine, puis chaque semaine. Un arrangé se filtre quand il vous plaît, pas quand la recette le dit.

Dépannage

Le bocal est trouble et laiteux

Les poires étaient trop mûres ou coupées trop petit et se sont délitées. Filtrez à l'étamine puis au filtre à café : le goût reste bon, l'aspect se rattrape.

Un quartier a bruni en surface

Il dépassait du niveau de rhum. Retirez-le, et vérifiez à chaque secouage que tout le fruit reste immergé.

On ne sent que la vanille

Les gousses sont restées trop longtemps. Filtrez immédiatement et retirez-les ; ajoutez un ou deux quartiers de poire frais pour rééquilibrer sur deux semaines.

C'est trop sec, sans gourmandise

Ajoutez le sucre par doses de 10 g en goûtant entre chaque. On peut toujours sucrer un arrangé ; on ne peut jamais le désucrer.

Variantes

Poire et fève tonka

Une demi-fève tonka râpée remplace une des deux gousses. Plus amandin, plus poudré ; n'allez pas au-delà d'une demi-fève pour un litre.

Poire et poivre long

Deux poivres longs entiers dans le bocal, retirés au bout de dix jours seulement. Ils apportent une chaleur sèche qui réveille la poire.

Renforcé à l'eau-de-vie

Remplacez 10 cl de rhum par de l'eau-de-vie de poire Williams au moment de la mise en bouteille : le fruit distillé relance le fruit macéré.

En cocktail long

5 cl de l'arrangé filtré, allongés de tonic bien froid sur glace : la quinine coupe le sucre et en fait un apéritif.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il laisser macérer un rhum arrangé à la poire ?

Six semaines minimum, à l'abri de la lumière. La poire donne peu et lentement : avant un mois, le rhum n'a pas encore pris le fruit. Au-delà de trois mois, il continue de s'arrondir.

Quel rhum utiliser pour un rhum arrangé ?

Un rhum blanc agricole, dont la note végétale fait contrepoint au fruit. Évitez les rhums vieux : leur élevage sous bois occupe la place aromatique de la vanille.

Faut-il éplucher les poires pour un rhum arrangé ?

Non. La peau tient les quartiers pendant toute la macération et évite qu'ils ne se délitent en bouillie. Retirez seulement le cœur et les pépins.

Quand ajouter le sucre dans un rhum arrangé ?

À la fin, au moment du filtrage, par petites doses en goûtant. Ajouté au début, il ralentit l'extraction et masque ce que le fruit a réellement donné.

Le rhum arrangé n'est pas un cocktail : c'est une conserve. On ne cherche pas l'équilibre immédiat d'un verre monté au shaker, on confie à l'alcool le soin d'extraire lentement ce que le fruit contient, et on attend. Ce qui se joue pendant six semaines ne se rattrape pas au moment de servir.

La poire est un fruit délicat pour cet exercice. Elle donne peu de jus, s'oxyde vite et se délite si elle est trop mûre. Il faut donc des poires mûres mais encore fermes sous le pouce, et accepter qu'elles finissent blanchies et molles au fond du bocal : c'est le signe que l'extraction a eu lieu, pas un raté.

La vanille, elle, travaille dans l'autre sens. Elle diffuse pendant tout le temps de macération et ne s'arrête jamais vraiment ; c'est pour ça qu'on n'en met que deux gousses pour un litre, et qu'on les retire au moment de filtrer. Laissées dedans, elles finissent par couvrir la poire et le rhum ensemble.

Lancée début septembre, cette macération est prête mi-octobre, et bien meilleure en décembre. C'est une recette qu'on commence en pensant à la fin de l'année.

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