Le tiki n'a jamais été une affaire de fruits : c'est une affaire d'assemblage de rhums. Colonel Beach's Plantation Punch en est un cas d'école, avec ses trois rhums qui ne jouent pas le même rôle — un brun jamaïcain pour l'esteriness et la longueur, un ambré portoricain pour la rondeur, un ambré de la Barbade pour le liant. Aucun des trois ne suffirait seul, et c'est précisément ce que les bars à rhum des années 1930 ont inventé et que le reste du monde a mis cinquante ans à comprendre.
La recette vient de la maison Don the Beachcomber, où elle est datée des années 1950, et c'est Jeff Berry qui l'a exhumée et publiée — c'est à lui qu'on doit d'avoir encore les proportions. Qui était ce colonel Beach, en revanche, nous ne le savons pas, et nous préférons le dire plutôt que d'inventer une légende de plus.
Deux détails font toute la différence à l'exécution, et ce sont les deux qu'on saute quand on multiplie une recette par dix : les six gouttes de pastis, qui ne se sentent pas mais sans lesquelles le bol s'affaisse au nez, et la ginger beer, qui se verse au dernier moment sous peine de servir un punch éventé.
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L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.








