Coronation servi dans une coupette de cristal sur un comptoir de marbre, zeste de citron

Cocktail · Au verre à mélange

Coronation : xérès fino et vermouth, l'apéritif remué

Xérès fino et vermouth sec à parts égales, une pointe de marasquin et deux traits de bitters à l'orange : le Coronation est un apéritif remué à faible degré, servi glacé, qui ouvre le repas au lieu de le compromettre.

  • Préparation : 3 min
  • Verre : Coupette en cristal, passée au congélateur
  • Glace : Glaçons clairs au verre à mélange, servi sans glace
  • Au verre à mélange
  • 1 verre
  • Facile

Ingrédients

1 verre

Les bouteilles de la cave

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Ustensiles

  • verre à mélange
  • cuillère de bar (le manche torsadé guide la cuillère contre la paroi sans brasser)
  • passoire à ressort
  • verre doseur (deux liquides de couleur proche ne se dosent pas à l'œil)

La méthode

Deux vins fortifiés ne se secouent pas. Le shaker les aère et les brouille ; le verre à mélange les refroidit et les dilue sans casser leur texture. Vingt à vingt-cinq secondes de cuillère, pas davantage.

La dilution visée est plus haute que sur un verre remué classique, et c'est voulu : à faible degré, l'eau de fonte n'écrase rien, elle allonge. Remplissez le verre à mélange aux trois quarts de glaçons et remuez jusqu'à ce que la buée couvre toute la paroi.

Le marasquin se dose à la cuillère de bar, jamais au jigger. Sa fonction est de coller le xérès au vermouth, pas de se faire entendre : dès qu'on l'identifie au nez, il y en a trop.

La coupette sort du congélateur. Un cocktail sans alcool fort se réchauffe deux fois plus vite qu'un Martini, et un Coronation tiède n'a plus aucune tension.

Préparation pas à pas

  1. Glacer la coupette 30 s

    Mettez la coupette au congélateur, ou remplissez-la de glaçons et d'eau pendant que vous montez le verre.

  2. Doser au verre à mélange 1 min

    Versez le xérès et le vermouth au verre doseur, ajoutez le marasquin à la cuillère de bar et les deux traits de bitters.

  3. Remuer 25 s

    Remplissez de glaçons clairs et remuez vingt à vingt-cinq secondes, la cuillère le long de la paroi, jusqu'à ce que le verre soit couvert de buée.

  4. Filtrer et servir 20 s

    Videz la coupette, filtrez à la passoire à ressort. Tordez le zeste de citron au-dessus du verre et écartez-le : on ne le laisse pas dedans.

Le conseil du caviste

Un fino n'est pas un spiritueux : c'est un vin, et il s'oxyde comme un vin. Une bouteille ouverte tient trois à quatre jours au réfrigérateur avant de perdre le mordant salin qui fait tout l'intérêt de ce verre.

C'est pour ça qu'on prépare le Coronation en série plutôt qu'à l'unité : quatre coupettes d'un coup entament la bouteille franchement au lieu de la laisser mourir dans la porte du frigo.

Disons les choses clairement : nous n'avons ni xérès ni vermouth en cave, donc nous ne pouvons pas vous vendre un Coronation. Ce que nous pouvons faire, c'est vous éviter une mauvaise bouteille. Quand vous achèterez votre xérès, demandez la bouteille la plus récente du rayon et prenez un fino ou une manzanilla : un cream ou un pedro ximénez transformerait ce verre en dessert. Même règle pour le vermouth sec, qui vit au réfrigérateur une fois ouvert et se boit dans le mois — une bouteille laissée un an sur une étagère est la première cause des Coronation plats.

Si vous voulez malgré tout un apéritif de cette famille ce soir, le chemin le plus honnête passe par un blanc sec très tendu, un Côtes de Gascogne par exemple, servi très froid avec deux traits de bitters à l'orange et un zeste. Ce n'est pas un Coronation et nous ne prétendrons pas le contraire : c'est un verre sec, léger et amer qui occupe le même moment du repas.

Dépannage

Le verre est mou, sans relief

Presque toujours un vermouth trop vieux ou conservé à température ambiante. Ouvrez-en un frais et gardez-le au froid : c'est lui qui porte l'acidité.

On ne sent que la cerise

Trop de marasquin. Redescendez à une demi-cuillère de bar : il doit lier les deux vins, pas signer le verre.

Le cocktail est trop fort en bouche

Pas assez de dilution. Rallongez le remuage de dix secondes ; sur un verre à faible degré, l'eau de fonte est un ingrédient à part entière.

Il tiédit avant la fin

La coupette n'était pas assez froide. Sans alcool fort, ce cocktail n'a aucune inertie : le verre doit sortir du congélateur.

Variantes

À l'amontillado

Un amontillado à la place du fino : la noisette et le rancio prennent le dessus, le verre s'élargit et devient un apéritif d'hiver plutôt qu'un apéritif de printemps.

Coronation No. 2

La deuxième version du Savoy remplace le marasquin par un trait de sirop et ajoute une pointe de vermouth doux. Plus rond, moins tendu.

Vers le Bamboo

Retirez le marasquin, gardez xérès, vermouth sec et bitters : vous tombez sur le Bamboo, le cousin direct et encore plus sec de ce verre.

Apéritif long

Le même dosage versé sur glaçons dans un grand verre à vin, allongé de six centilitres d'eau gazeuse : la version qui tient une heure de conversation.

Questions fréquentes

Quel xérès pour un Coronation ?

Un fino ou une manzanilla, secs et salins. L'amontillado fonctionne aussi et donne un verre plus noisette. Évitez les xérès sucrés, cream ou pedro ximénez : ils détruisent l'équilibre.

Le Coronation est-il un cocktail fort ?

Non. Il ne contient aucun alcool distillé : xérès et vermouth titrent l'un et l'autre bien en dessous d'un spiritueux. C'est un apéritif qu'on peut répéter avant un repas.

Faut-il secouer ou remuer le Coronation ?

Remuer, toujours. Le shaker aère les vins fortifiés et brouille leur texture. Vingt à vingt-cinq secondes au verre à mélange suffisent.

Combien de temps se garde un xérès fino ouvert ?

Trois à quatre jours au réfrigérateur, bouteille rebouchée. Au-delà il perd son mordant salin. C'est un vin, pas un spiritueux : il ne se garde pas des mois.

Le nom renvoie au couronnement de George V, en 1911, et la recette est passée à la postérité par le Savoy Cocktail Book de Harry Craddock, qui en donne plusieurs versions numérotées. Celle qu'on reproduit ici est la première, la plus sobre : deux vins fortifiés à parts égales, à peine relevés.

C'est un verre d'avant-dîner au sens strict. Il ne contient aucun alcool distillé : tout repose sur le xérès et le vermouth, qui titrent l'un et l'autre bien en dessous d'un spiritueux. On peut en boire deux sans compromettre le repas qui suit, ce qu'un Martini ne permet pas.

La saison froide lui va bien. Servi très froid dans une coupette sortie du congélateur, il ouvre l'appétit sur des amandes grillées, un jambon sec, des olives ou une pâte dure affinée. C'est un apéritif de table, pas un verre de fin de soirée.

Un mot sur le xérès, que nous n'avons pas encore en cave : c'est un fino ou une manzanilla qu'il faut ici, secs et salins, jamais un cream ni un pedro ximénez. Ces bouteilles-là s'ouvrent et se boivent vite.

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