Le nom renvoie au couronnement de George V, en 1911, et la recette est passée à la postérité par le Savoy Cocktail Book de Harry Craddock, qui en donne plusieurs versions numérotées. Celle qu'on reproduit ici est la première, la plus sobre : deux vins fortifiés à parts égales, à peine relevés.
C'est un verre d'avant-dîner au sens strict. Il ne contient aucun alcool distillé : tout repose sur le xérès et le vermouth, qui titrent l'un et l'autre bien en dessous d'un spiritueux. On peut en boire deux sans compromettre le repas qui suit, ce qu'un Martini ne permet pas.
La saison froide lui va bien. Servi très froid dans une coupette sortie du congélateur, il ouvre l'appétit sur des amandes grillées, un jambon sec, des olives ou une pâte dure affinée. C'est un apéritif de table, pas un verre de fin de soirée.
Un mot sur le xérès, que nous n'avons pas encore en cave : c'est un fino ou une manzanilla qu'il faut ici, secs et salins, jamais un cream ni un pedro ximénez. Ces bouteilles-là s'ouvrent et se boivent vite.





