Trois questions reviennent sur ce mois de janvier, et aucune n'a de réponse claire en français : d'où vient l'idée, pourquoi on lit parfois qu'elle serait interdite en France, et comment ça s'appelle vraiment.
L'origine est modeste. En janvier 2011, une Anglaise, Emily Robinson, arrête de boire un mois pour préparer son premier semi-marathon. Elle dort mieux, elle perd du poids, elle se sent plus en forme. Elle rejoint l'association Alcohol Change UK en 2012 et raconte l'expérience autour d'elle. En 2013, l'association en fait une campagne officielle : 4 000 participants la première année. En 2025, ils sont plus de 200 000.
Vient ensuite la confusion française. Non, le Dry January n'est pas interdit en France. Deux choses se sont superposées. D'abord, « Dry January » est une marque déposée par Alcohol Change UK, ce qui explique qu'on emploie chez nous un autre intitulé. Ensuite, quand des associations de santé lancent le Défi de Janvier en janvier 2020, la campagne ne reçoit pas le soutien de l'État. Santé publique France s'engage malgré tout à en conduire l'évaluation, qu'elle publie ensuite. Pas d'interdiction, donc : une campagne associative sans parrainage public.
Et puis il y a la question qu'on nous pose au comptoir, la seule sur laquelle un caviste a quelque chose à dire : qu'est-ce qu'on sert pendant ce mois-là. Pas un jus d'orange. Ce qui manque quand on retire l'alcool, ce n'est pas le degré, c'est l'amertume et la longueur. La recette ci-dessous est celle que je sers, et elle tient sur deux bouteilles.







