Le mot agace beaucoup de barmen, et il vaut la peine de savoir pourquoi avant de l'employer.
Mocktail est un mot-valise : « mock », imiter ou singer, et « cocktail ». L'Oxford English Dictionary en relève la première attestation en 1936, dans un quotidien du Wisconsin, le Stevens Point Daily Journal. Le dictionnaire Merriam-Webster remonte, lui, jusqu'en 1916. Ce n'est donc pas un mot des années 2020, contrairement à ce qu'on lit partout.
Là où le bât blesse : « mock » signifie aussi se moquer. Le mot inscrit dans sa construction que la boisson est une imitation, une version dégradée de la vraie. C'est précisément la raison pour laquelle beaucoup de professionnels préfèrent parler de cocktail sans alcool, de boisson zéro, ou simplement du nom de la boisson.
Et le nom d'avant valait mieux. Au dix-neuvième siècle on disait boissons de tempérance. Le manuel qui fonde le métier, le Bar-Tender's Guide de Jerry Thomas publié en 1862, leur consacre une section entière. Le cocktail sans alcool n'est donc pas né avec le Dry January : il est dans le premier livre de bar de l'histoire, à la même table que les autres.
La recette ci-dessous est l'une de ces boissons de tempérance, le Soda Nectar, et elle a une particularité que plus personne n'utilise : elle fabrique ses propres bulles.







