Flor de Jerez ambré coiffé de mousse dans une coupe de cristal, sur un comptoir de chêne à barre de laiton

Cocktail · Au shaker, secouage à sec puis avec glace

Flor de Jerez : le sour à l'amontillado et à l'abricot

Amontillado, rhum vieux, liqueur d'abricot, citron et blanc d'œuf : créé par Joaquín Simó en 2010, le Flor de Jerez est le cocktail qui a remis le xérès derrière les bars.

  • Préparation : 5 min
  • Verre : Coupe à pied fin, bien froide
  • Glace : Glaçons clairs au shaker, servi sans glace
  • Au shaker, secouage à sec puis avec glace
  • 1 verre
  • Intermédiaire

Ingrédients

1 verre

Les bouteilles de la cave

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Ustensiles

  • shaker
  • passoire à ressort
  • passoire fine
  • presse-agrumes
  • verre doseur (sept ingrédients : c'est la recette du lot où le dosage à l'œil coûte le plus cher)

La méthode

Sept ingrédients, et pourtant aucun ne domine : c'est toute la difficulté. L'ordre de dosage aide — les liquides les moins chers d'abord (citron, sirop), le xérès et le rhum ensuite, le blanc d'œuf en dernier. Si vous vous trompez sur le citron, vous jetez deux centilitres, pas le verre entier.

Secouage à sec obligatoire : tous les ingrédients dans le shaker fermé, sans glace, quinze secondes. C'est là que le blanc s'émulsionne. Puis glace, et quinze secondes de plus.

Les proportions ci-dessus sont celles qui circulent le plus dans la littérature de bar depuis la publication de la recette ; on trouve des versions où le sirop descend à un centilitre. C'est le réglage à faire en premier si le verre vous paraît rond.

La mousse doit être serrée et couvrir toute la surface, sans grosses bulles. Si elle retombe en trente secondes, c'est que le secouage à sec a été trop court. Servez sans garniture : ce verre se présente nu.

Préparation pas à pas

  1. Refroidir la coupe 30 s

    Coupe au congélateur, ou remplie de glaçons et d'eau pendant que vous montez le verre.

  2. Doser dans l'ordre 1 min 30

    Citron pressé, sirop, liqueur d'abricot, rhum, xérès, puis le blanc d'œuf en dernier. Ajoutez le trait d'Angostura si vous le mettez au shaker.

  3. Secouer à sec 15 s

    Shaker fermé, sans glace. Quinze secondes franches : la préparation doit épaissir nettement.

  4. Secouer avec glace 15 s

    Ouvrez, remplissez de glaçons clairs, refermez, quinze secondes de plus jusqu'à ce que le shaker soit givré.

  5. Double filtrage 20 s

    Videz la coupe, filtrez à la passoire à ressort doublée de la passoire fine. Laissez la mousse se poser avant de déposer le trait d'Angostura, si vous l'avez gardé pour la fin.

Le conseil du caviste

C'est la recette qui réconcilie les gens avec le xérès, et c'est aussi celle qui montre le mieux à quoi sert un vin muni d'un élevage oxydatif dans un cocktail : il apporte de la longueur sans apporter de degré. Un sour au whisky tape à quarante ; celui-ci tape à la moitié, et il est plus long en bouche.

Nous n'avons pas d'amontillado en cave, mais un Rivesaltes de vingt ans d'âge est bâti sur le même principe : raisin muté, élevage oxydatif long, notes de noix et d'orange sèche. Il est plus sucré qu'un amontillado — descendez le sirop à un centilitre, voire supprimez-le et goûtez avant de rectifier.

Sur le rhum : ne prenez pas votre plus belle bouteille. Un centimètre et demi dans un verre de sept ingrédients ne se distingue pas, et un rhum de solera bien élevé fait tout le travail attendu — vanille, bois, un peu de fruit sec.

La liqueur d'abricot est le seul ingrédient que nous n'avons ni en stock ni en équivalent honnête. Achetez-la petite : trois quarts de centilitre par verre, une bouteille dure des années.

Dépannage

La mousse retombe tout de suite

Secouage à sec trop court, ou blanc d'œuf trop froid. Quinze secondes sans glace, blanc sorti du réfrigérateur cinq minutes avant.

Le verre est trop rond, presque sucré

Descendez le sirop à un centilitre. Si vous utilisez un vin doux naturel à la place de l'amontillado, supprimez-le complètement et goûtez.

Le rhum écrase le vin

Rhum trop puissant ou surdosé. Un centimètre et demi maximum, et un rhum de mélange plutôt qu'un agricole très marqué.

C'est acide et court

Citron trop généreux. Deux centilitres, pas le jus d'un demi-citron entier, qui peut monter à trois selon le fruit.

Variantes

Au Rivesaltes rancio

Un vin doux naturel de vingt ans d'âge à la place de l'amontillado, sirop supprimé. Le verre gagne en orange confite et en noix, et perd un peu de la salinité jerezana.

Sans œuf

Mêmes dosages, pas de blanc, secouage unique de douze secondes. Plus tranchant, plus court, et parfaitement défendable si vous ne voulez pas d'œuf cru.

À l'armagnac

Un centilitre et demi d'armagnac à la place du rhum : les pruneaux de l'armagnac répondent à l'abricot, et le verre devient franchement du Sud-Ouest.

Version longue

Le même mélange, sans œuf, allongé de six centilitres d'eau gazeuse dans un grand verre sur glaçons. Un apéritif de fête qui se prépare en pichet.

Questions fréquentes

Qui a créé le Flor de Jerez ?

Le barman Joaquín Simó, en 2010, alors qu'il travaillait au Death & Co à New York. C'est l'un des cocktails qui ont ramené le xérès derrière les bars.

Quel xérès pour un Flor de Jerez ?

Un amontillado, c'est-à-dire un xérès qui a commencé sous voile de flor puis s'est oxydé. Il apporte la noisette et la longueur ; un fino serait trop léger face au rhum et à l'abricot.

Peut-on faire un Flor de Jerez sans blanc d'œuf ?

Oui. Gardez les mêmes dosages et secouez douze secondes avec glace. Le verre est plus tranchant et plus court, mais l'équilibre tient.

Par quoi remplacer l'amontillado ?

Par un vin doux naturel à élevage oxydatif long, type Rivesaltes ambré vieux : même mutage, mêmes notes de noix. Il est plus sucré, donc supprimez le sirop et goûtez avant de rectifier.

Le Flor de Jerez a été créé en 2010 par le barman Joaquín Simó, alors au Death & Co à New York. Il est rapidement devenu la recette de référence pour faire découvrir le xérès à des buveurs qui n'en avaient jamais commandé : le vin y est majoritaire, mais il arrive enveloppé d'agrume, de fruit à noyau et de mousse.

Le nom désigne la flor, ce voile de levures qui se développe à la surface du vin dans les botas de Jerez et protège certains xérès de l'oxydation. L'amontillado est justement le style où la flor a fini par mourir, laissant le vin s'oxyder : c'est ce qui lui donne ses notes de noisette, et ce qui explique qu'il tienne tête au rhum vieux.

C'est un sour, donc un verre d'avant-repas ou de début de soirée, mais un sour d'hiver : l'abricot et le rancio le tirent vers les mois froids, là où un whisky sour reste de toutes saisons.

Nous n'avons pas d'amontillado en cave. Le vin qui s'en rapproche le plus chez nous est un vin doux naturel du Roussillon longuement élevé, et le rapprochement n'est pas cosmétique : même mutage, même élevage oxydatif, mêmes notes de noix.

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