L'Alfonso porte le nom d'Alphonse XIII, roi d'Espagne, qui passa la fin de sa vie en exil et fréquenta les bars des grands hôtels européens. Le verre appartient à la famille du Champagne Cocktail — sucre, amer, bulles — dont il se distingue par l'ajout d'un quinquina.
Ce quinquina change tout. Là où le Champagne Cocktail classique reste un verre d'élan, sucré et court, l'Alfonso installe une amère d'écorce et une note d'épice qui tiennent la longueur. C'est ce qui en fait un véritable apéritif : il ouvre l'appétit au lieu de le saturer.
Sa place est en début de repas de fête, avant des amuse-bouche relevés — olives, anchois, une tranche de jambon sec. La quinine s'entend très bien avec le sel et le gras, là où une coupe de champagne nature se fait écraser.
C'est aussi un cocktail qu'on peut monter devant les invités sans matériel : ni shaker, ni passoire, ni glace. Un morceau de sucre, deux traits de bitter, une dose de vin apéritif, la bouteille. Il tient dans le geste plus que dans la recette.








