La liqueur d'orange est l'accent le plus sûr qu'on puisse donner à un vin blanc. Elle apporte d'un seul coup les deux choses qui manquent à un blanc pour faire un cocktail : de la longueur, et un peu de sucre pour tenir la dilution. C'est aussi la bouteille que tout le monde a déjà dans son placard, souvent depuis un gâteau ou des crêpes.
Le piège est évident, et c'est celui dans lequel tombent la plupart des recettes qu'on trouve : la liqueur sucre vite. Deux centilitres suffisent à donner la longueur ; trois et le verre bascule du côté du dessert, avec cette rondeur collante qui rend l'apéritif fatigant dès le deuxième verre. Le trait de citron n'est pas facultatif : c'est lui qui tient la liqueur à sa place.
Ce verre se sert court, en coupe, sans allongeur. C'est un choix : allongé d'eau gazeuse, il devient agréable mais banal, et l'orange se dilue en un vague goût de soda. En version courte, elle reste identifiable du premier au dernier nez.
Une remarque de saison : c'est un des rares cocktails au vin blanc qui fonctionne aussi bien en hiver qu'en été. L'orange lui donne un profil de fête qui tient très bien à un apéritif de décembre, servi très froid.








